dimanche 6 mai 2018

Les temps changent (2)

Le premier volet pouvait sembler nimber d'une douce nostalgie. Il n'en est rien. Je ne regrette pas les temps passés et révolus.

La télévision

Lorsque mon père a acheté une télévision, il en a profité pour se débarrasser du poste de radio à galène pour un poste à piles, plus petit et transportable.
Le poste de télévision était lourd et de grande profondeur (écran à phosphore), en noir et blanc, et il n'y avait qu'une seule chaîne. La publicité (la réclame) y était contingentée et il n'existait pas d'émissions de "divertissement" dont le fonds de commerce consiste à humilier ou à ridiculiser les participants. Les séries, rarement américaines, tendaient à valoriser des héros positifs, parfois de façon caricaturale : thierry la fronde, zorro, belle et sébastien, ...
Il faudra attendre les années Mitterand avec l'explosion de radios libres, et la généralisation de la TV couleur, pour découvrir la TV actuelle sursaturée de publicité, de pseudo reportages, de désinformation, d'émission fondées sur l'humiliation des participants. Bref, une entreprise de décérébration, pour "vendre du temps de cerveau disponible" aux grandes marques.
Il n'est pas normal de payer une redevance pour ce qui n'est plus un service.

Le téléphone

Peu de gens avaient un téléphone fixe chez eux. Il fallait aller au café ou à la poste. Un premier progrès fut le déploiement des cabines publiques, même si elles étaient souvent dégradées. C'était aussi l'époque des volumineux annuaires téléphoniques recensant les abonnés du département, pour les autres départements, il fallait se rendre à la poste ou téléphoner au service des renseignements.
Si l'on voyait quelqu'un marcher seul en parlant, c'était un ivrogne ou un "fada".
Les échanges à distance se faisaient par correspondance : on était moins pressés et la "réactivité" aujourd'hui encensée relevait alors de l'impulsivité. Mais les gens passaient plus de temps à parler entre eux. Et le patois gardait la confidentialité des échanges contre les oreilles "estrangères".

La publicité

Si elle existait déjà, la réclame était moins répandue et agressive. La diffusion télévisée à l'ORTF restait marginale. A la radio, europe 1, qu'écoutait mon père, diffusait des spots criards mais entre les émissions. Quant aux prospectus, , et nous avions le monopole de leur distribution quatre ans durant, il y en avait une à deux fois par semaine, à notre grand regret car cela payait mieux que le journal gratuit d'annonces (dix francs les mille avec le pliage, contre trente à cinquante francs les mille prospectus, sans pliage à faire). Les panneaux d'affichage étaient peu nombreux, et les affiches restaient plusieurs semaines.
C'est avec les années Mitterand que la publicité a explosé au point de devenir une véritable pollution, n'en déplaise au vendeur de rollex Séguéla.

Les hyper et supermarchés

L'ouverture du premier supermarché dans ma ville, au centre mais à l'écart des deux rues commerçantes et de la place du marché, fut un réel succés. On pouvait tout acheter au même endroit, et souvent moins cher. Par contre il fallait payer cash, pas d'ardoise pour les fins de mois difficiles. Mais aussi l'anonymat : pas de remarques désobligeantes de l'épicier ou du crémier, en cas d'ardoise notamment. Bien sûr la tentation de consommer était renforcée : pourquoi ne pas profiter de la promotion du jour sur tel article que l'on n'avait pas prévu d'acheter ? Pourquoi ne pas prendre un lot de trois articles avec une réduction significative ? Comme nous étions une famille nombreuse, il n'y avait pas de gaspillage dans ce cas. Et même les notables se sont mis à fréquenter ce supermarché.
Aujourd'hui se sont ouverts des hypermachés en périphérie de la ville, mais l'auto
mobile s'est généralisée. Il faut dire que les usines ont fermé et qu'il faut désormais une voiture pour aller travailler.
Les commerces de proximité sont l'objet d'un discours favorable depuis quelques années, à l'encontre des grandes surfaces en périphérie des villes. Mais ces commerces présentent nombre d'inconvénients :
  • la difficulté à stationner
  • une perte de temps, même pour les piétons : pour des courses alimentaires, aller à la fromagerie, à la boucherie, à l'épicerie, ... c'est autant de caisses, voire de queues
  • les prix sont souvent plus élevés
  • l'accueil est aléatoire alors que la question ne se pose pas en grande surface 
Quand ces questions seront résolues, les centre ville retrouveront leur vitalité, avec des commerces "utiles" et non des galeries ou des succursales bancaires.

L'accès au savoir

L'accès au savoir se faisait par l'instruction (l'école, le lycée et l'université) et par les bibliothèques où l'on pouvait consulter des encyclopédies notamment.
Les études classiques, avec le latin, étaient prisées même pour la médecine. C'est à parir des années Giscard que la place des "humanités" se réduisit à leur actuelle marginalité.
Acquérir des connaissances sur un sujet demandait un réel effort de recherche, d'investigation, de synthèse, et de critique. Et connaître son sujet, être érudit, cultivé, était valorisé. Il est vrai que les médias n'étaient pas envahis "d'experts" d'autant plus péremptoires qu'ils sont illégitimes. Se prémunir de diplômes douteux ou faux ne se faisait pas encore.

L'informatique

De l'informatique existait surtout la représentation filmique de grandes armoires où tournaient des bandes magnétiques, ou les machines à fiches perforées. L'informatique était associée par les films à la chose militaire et à l'espionnage. Vint ensuite le PC (personnal computer) monochrome et austère, avec son fonctionneement en lignes de commandes, qu'il fallait apprendre : cela existe encore sous linux.
Pas de nostalgie à avoir pour ces machines chères, lourdes, de capacité limitée : mon premier ordinateur disposait d'une mémoire vive de 64 K avec un disque dur de 10 Mo.



samedi 5 mai 2018

Les temps changent

A plus de 60 ans, je ne prétends pas faire un bilan, mais la chanson de Bob Dylan, “The times are changing”, inspire une perspective beaucoup moins optimiste.

L’emploi n’était pas une préoccupation. On pouvait démissionner et retrouver autre chose en une semaine. Des copains quittaient le collège ou le lycée et trouvaient un emploi, certes peu prestigieux, mais ils avaient de quoi quitter le foyer. Un ouvrier pouvait subvenir aux besoins de deux enfants et d’une femme au foyer, en étant locataire, et parfois propriétaire d’une voiture.

Les conditions de travail étaient dures, mais assumées avec fierté par les métallos, le bâtiment, … et autres, où les ouvriers s’appropriaient la fierté et la qualité de la production réalisée. Certes le patronat était souvent réactionnaire et l’encadrement (la maîtrise) souvent policiers, mais l’engagement collectif des ouvriers conduisait à quelques améliorations conquises de haute lutte sur les salaires et le conditions de travail. Ce qui renforçait la fierté des “sans-grade”, comme on les nomme maintenant, ce qu’on n’aurait pas osé.

Le voisinage était plus important, avec ses avantages et ses inconvénients. Avec ses réseaux informels d’entr’aide et de solidarité, pour la nourriture, les vêtements, voire le chauffage. Mais avec ses rumeurs, malveillances, rivalités, …

Le commerce de proximité prédominait. Le choix de produits était plus limité, et les prix plus élevés. Sans compter les discriminations pour certains clients. Avoir une ardoise chez l’épicier, par exemple, exposait à des remarques sarcastiques devant les autres clients, voire à une limitation arbitraire des achats. L’anonymat des grandes surfaces parut comme un progrès. Et elles apportèrent plus de choix.

Si la liberté individuelle était plus étendue, le contrôle social était plus fort. Ayant chahuté dans le car scolaire, nous nous sommes vus interdire de tranport une semaine durant, avec visite des gendarmes au domicile des parents pour notifier cette interdiction. Les passagers incommodés avaient accepté de ne pas porter plainte. Mais l’on pouvait conduire sans ceinture, fumer, boire, faire du bruit tant que le voisinage le supportait – et il suffisait que des voisins viennent se plaindre pour que l’on aille ailleurs. On ne parlait pas “d’incivilités” parce qu’à vrai dire et rétrospectivement, il n’y en avait pas. Et parce que ce terme masque mal une délinquance “à bas bruit” qui n’existait guère. Les bagarres entre bandes se réglaient entre elles, discrètement, sans impliquer le quartier, et de façon “loyale”. Mais l’enjeu n’était pas le trafic de drogue.

Le rapport aux “forces de l’ordre” était moins violent. Certes le “22 v’là les flics” et le “mort aux vaches” reflètent une certaine hostilité envers une force de répression. Mais l’intention de tuer des policiers ou des gendarmes était étrangère à l’époque. Et pourtant les gendarmes mobiles chargeaient sans ménagement, et les gros bras répliquaient durement. Mais il n’y avait guère de blessés en général : les ITT n’existaient pas, ni les délits d”outrage ou de rébellion. A nuancer toutefois, j’ai connu personnellement trois blessés en 1947 et invalidés.

Immigrés. On n’en parlait guère. Pourtant, dans la petite ville industrielle que j’ai fréquentée, Espagnols, Portugais, Italiens, étaient pointés du doigt parfois, mais sans grande acrimonie. Il y avait du travail pour tous. Quant aux marghébins, peu nombreux, ils étaient discrets et souvent des hommes seuls. On les voyait jouer au tiercé en costume à la Charlie Chaplin, et ils ne suscitaient pas d’animosité.

dimanche 22 avril 2018

Propositions pour une réforme des retraites

Si les systèmes de retraites sont en crise, la presse fourmille de diagnotics alarmistes, fournis par des organismes si divers que la confusion est entrenue. De fait, les pensions de retraite constituent une somme d'argent qui attise les convoitises.
A grands traits, il existe deux systèmes de retraite : par répartition et par capitalisation.
Par répartition : les cotisations des actifs paient les pensions des retraités.
Par capitalisation : les actifs se constituent un capital par leurs cotisations, qui leur servira une rente, comme pension.
Ces deux systèmes peuvent être panachés, comme en Suisse, où la notion des trois piliers ajoute une épargne volontaire supplémentaire.

Les deux systèmes sont en danger. Le nombres des actifs diminuant par rapport à celui des retraités, le système par répartition est financièrement étranglé. Le système par capitalisation a été déconsidéré par des fraudes et faillites des fonds de retraites (surtout aux USA et en Grande Bretagne).

Or pour les fonds, il existe un excellent contre-exemple, celui du fonds norvégien qui gère la rente pétrolière au profit de la population. Géré avec discernement et à l'abri des pressions politiques ou spéculatives, il croît régulièrement et amortit les crise de la sphère financière spéculative.

Si l'on veut réellement améliorer le système des retraites en France, il faudrait :
  • qu'un euro cotisé, en pouvoir d'achat, donne un euro de pouvoir d'achat en pension de retraite. Pour 42 ans de cotisations, cela donnerait 42 ans de pension, au prorata de la somme cotisée et abondée par l'employeur. Pour ceux qui vivent au-delà, les droits de ceux décédés plus tôt assureraient le complément. 
  • Surtout, chacun connaîtait à l'avance le montant de sa pension, et pourrait décider d'investir plus dans celle-ci, ou de partir plus tard en retraite, ou de choisir.
  • La responsabilité individuelle serait valorisée, à la condition que ce fonds de retraite soit indépendant des influences politiques et spéculatives. Car une telle masse d'argent attisera les convoitises.
 Pourquoi cela ne se fera pas
  • Nous ne sommes pas en Norvège, où la population peut surveiller l'action et les exactions de politiques
  • l'argent des retraites est préempté par le gouvernement pour son bugdet et par le système bancaire
  • Il n'y a aucune volonté réelle de résoudre la quetion des retraites au profit des populations
Ce qui est probable
  • Cotiser plus pour avoir moins 
  • Cotiser plus longtemps pour avoir moins
  • une faillite organisée des caisses de retraite permettant la confiscation d'actifs au profit d'intitutions financières
  • diminution des pensions de retraites : en Grèce, à 23 reprises. 






vendredi 20 avril 2018

Privatisation de l'état

La sphère financière, après avoir parasité l’agriculture, l’industrie, les services, est en train de s’annexer les états.

La dette “publique” assurait déjà une rente léonine au système bancaire privé (uniquement pour de grandes institutions bancaires, trop grosses pour faillir et renflouées par les états).

Les “privatisations” transfèrent des biens financés par les contribuables à des sociétés de droit privé dont l’objectif est la rentabilité. Les populations sont spoliées de ce qu’elles ont financé (sans qu’on le leur demande).

Ainsi, en France, quelle que soit le statut de la société, on peut considérer que sont privés les services suivants:

la distribution d’eau potable
la distribution du courrier et des colis
les autoroutes
la production et la distribution du gaz et de l’électricité
les moyens de chauffage
les transports collectifs, par le biais de “sociétés mixtes”: par exemple, les contribuables paient l’infrastructure d’une ligne de tramway, gérée ensuite par une société mixte dont la rentabilité ne leur revient jamais, contrairement aux pertes
les barrages hydoélectriques sont en vente
Mais il y a pire, c’est la privatisation de la collecte de l’impôt et des PV routiers.

Avec la TVA les sociétés privées collectaient la taxe. Avec la retenue à la source sur les revenus, elles collecteront l’impôt.

La verbalisation du stationnement cédé aux sociétés privées revient à une privatisation de  la collecte de PV. Avec tous les abus et les craintes de corruption possibles.

La France devient officiellement une république bananière où les relations et l’influence primeront sut le droit.

A quand la privatisation de la police ?
Edit "Privatisation

jeudi 19 avril 2018

Dissoudre le peuple

La démocrature permet à une caste minoritaire et illégitime de maintenir quelque apparence de démocratie tout en confisquant le pouvoir au détriment du peuple.
Mais si le pouvoir réel a été transféré à des instances supranationales non élues, et surtout aux instances financières, (notamment par le biais de la prétendue dette), il arrive que le peuple conteste, et adhère à des mouvements "anti-système" ou "populistes" qui lui semblent mieux le défendre.
Lancer l'anathème sur ces mouvements, les déconsidérer, instaurer un ministère de la vérité, susciter des nervis violents et cagoulés pour provoquer des désordres ne suffit plus, ou de façon trop limitée.

Mais la solution finale existe : dissoudre le peuple.
Les moyens utilisés pour cette dissolution sont à l'oeuvre en France depuis la présidence de Giscard d'Estaing (noblesse achetée) qui a liquidé les responsbles et cadres issus de l'immédiat après-guerre et de la Résistance.

Dissolution culturelle

L'histoire commune au peuple français est dans un premier temps remise en question. Renommée "roman national", elle est progressivement réduite à un folklore caricatural. Son enseignement par l'école est méthodiquement déconstruit. Tout ce qui fait référence à une fierté nationale, au don de soi pour la patrie, est soit passé sous silence soit caricaturé et dévalorisé. Au point que l'on puisse, quelles que soient par ailleurs ses qualités personnelles, choisir de faire incarner Jeanne d'Arc par une jeune métisse issue de l'immigration (et bien intégrée). Le "devoir de mémoire" ne s'exerce que de façon politicienne ou punitive, alors que la mémoire réelle, historique, est gommée ou "floutée". Ne parlons pas de la mémoire des conquêtes sociales qui faisait encore partie, avant 1968, du patrimoine culturel ouvrier. Il est vrai que les ouvriers ont été culturellement et socialement laminés : qui parle encore des travailleurs ?

La culture française se dissout au point que le président Macron a déclaré qu'elle n'existait pas. Il est vrai que "l'entertainment" a remplacé depuis longtemps la création audiovisuelle, que la littérature donne lieu à des foires aux livres, que les oeuvres d'art attirent plus de spéculateurs que de véritables amateurs... L'utilitarisme ambiant et le marketing sont incompatibles avec la recherche d'un absolu qui caractérisait les arts plusieurs millénaires durant. La confusion est telle que l'on parle de culture à propos de n'importe quoi : "culture d'entreprise" n'est pas le pire exemple.

La langue elle-même est attaquée. Un peuple, lorqu'il est également nation, partage une langue commune le plus souvent. Or la langue française est menacée dans son existence même. Dans sa transmission par l'école, où les moyens se réduisent, où les maîtres sont de moins en moins formés à son enseignement, où cinquante ans de laxisme ont réduit à néant l'exigence de maîtriser la langue française pour obtenir un diplôme. Les media, vecteur de la diffusion du français, n'ont aucune exigence quant à la qualité de la langue française utilisée, soit par démagogie, soit par incompétence des journalistes. Sans compter la mode du "globish" de nos élites autoproclamées, pour lesquelles la haine du national est la preuve de leur allégeance au mondialisme, qu'ils confondent avec la "modernité". Pour eux, maîtriser la langue de leur pays est ringuard. Parler de "fake news" est plus valorisant que de dire "bobards", "propagande", "rumeurs", ... Outre le globish des "insiders", la pratique du français est, marginalement, remise en cause par des communautés diverses qui usent de leurs propres vocables - mais cela a toujours existé et ne posait pas de problème tant que le français était langue officielle.

Dissolution institutionnelle

La dissolution d'un peuple peut prendre une forme institutionnelle : celle de la disparition de sa souveraineté : un peuple non souverain est-il encore un peuple ?
La démocrature vise à vider de sa substance la démocratie. Mais cela ne suffit pas à la kleptocratie.
En Europe et en France, cette dissolution passe d'abord par la monnaie commune, l'euro. La France n'a plus la maîtrise de sa monnaie, et par conséquent de ses finances.
En bref, la souveraineté nationale n'existe plus. Les symboles à eux seuls ne peuvent donner le sentiment d'une cohésion car le peuple comprend leur insignifiance. Pavoiser expose même aux moqueries en dehors de la coupe du monde de football... Sinon, en France, l'on pavoise lors de meetings politiques, mais est-ce pour manifester l'attachement à la nation alors que le drapeau européen est systématiquement arboré par la présidence ?

Dissolution économique et sociale

La mondialisation implique la disparition des peuples et nations terrirorialisés. Au nom de la libre concurrence les activités économiques productives sont déplacées là où leur coût est le plus faible, social, environnemental, règlementaire... Ce qui touche même les productions de la terre (agricoles). Les montages financiers priment sur la production de biens et services.
L'on comprend alors la guerre incessante menée par la caste contre les acquis sociaux dûs à l'histoire des peuples. La liquidation des principes du Conseil National de la Résistance a été constante et continue depuis le mandat de Giscard. Et l'on ose parler, dans les officines idéolgiques, du "vivre ensemble", dont elles ont contribué à saper les fondements.
Il n'est que de voir ce que sont devenues la sécurité sociale et la santé publique en France.
La mise en faillite systématique des services publics répond à l'agenda de l'AGCS, mais ne vise pas qu'à préparer des privatisations, il s'agit aussi de dissoudre les peuples pour en faire des clients "bankables", voire interchangeables.
Ainsi la continuité territoriale n'existe plus : hors des grandes agglomérations à fort pouvoir d'achat, point de salut. Et dans celles-ci, les zones de relégation maintiennent la pression sur les autres pour une "offre sécuritaire" et par la menace d'un déclassement.
Une société où la précarité du travail annihile les repères, où les systèmes sociaux de solidarité sont détournés ou mis en faillite, est une société faillie.
Travailler pour quoi ? Cotiser pour quoi et qui ? Ces deux questions (et bien d'autres) se posent aux jeunes.

Dissolution démographique : la solution finale

L'immigration massive de populations d'autres continents, donc difficilement intégrables, submerge les sytèmes sociaux d'accueil et de solidarité. Encouragée ou du moins acceptée par le patronat, elle fournit une main-d'oeuvre abondante pour les emplois faiblement qualifiés. Les élites tentent de la faire accepter en pervertissant la tendance à la compassion. Ainsi la bien-pensance entretient-elle la confusion entre lés réfugiés politiques ou fuyant la guerre, et les clandestins acheminés par les filières mafieuses de passeurs, dont les ONG "humanitaires" sont objectivement complices.
La traite d'êtres humains, car il faut nommer ainsi cette immigration sauvage, se fait au détriment des immigrés illégaux et des populations contraintes de les accueillir. Campements sauvages, manque de salubrité, délinquance, protitution, trafics divers, violences,... ne sont qu'une énumération parcellaire des "bienfaits" apportés aux peuples d'Europe, que les médias et les autorités accusent de xénophobie dès lors qu'ils ont l'impudence de se plaindre de ce qu'ils subissent.

A plus long terme, des "boîtes à idées" envisagent une véritable ethnocide, avec le remplacement à terme des européens.

Le peuple dissous, gouverner et garder le pouvoir devrait être plus facile, quoique...

mardi 17 avril 2018

avis sur les frappes françaises en Syrie

Mon point de vue sur les frappes de l'aviation française en Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril est éminement subjectif, mais je le crois partagé et partageable. Même si nous ne disposons pas d'informations fiables.

Le motif de l'intervention

L'armée syrienne aurait conduit une attaque chimique dans la Ghouta, dont elle avait reconquis 90%. Du point de vue logique, ce genre d'attaque était absurde puisque la victoire était assurée en quelques jours voire semaines. Une attaque chimique n'avait plus d'intérêt militaire.
Les images de cette attaque chimique  ont fait le tour du monde mais ne sont pas probantes au point que la russie a pu parler de montage, contre lequel elle avait déjà mis en garde. Ces images ont pour source notamment les "casques blancs" dont l'action à Alep était plus que contestable parce qu'ils couvraient les djihadistes ou étaient manipulés par eux.
Ce qui manque ce sont des preuves.
L'OAIC devait arriver à Damas pour mener une enquête le 14 avril.
Les frappes aériennes ont eu lieu juste avant comme pour dissimuler des preuves.

Elles ne résolvent rien. L'arsenal de production d'armes chimiques aurait été démantelé sous surveillance internationale.

L'intervention

Le tir d'une centaine de missiles sur un centre de recherches à Damas et sur deux sites de stockage dans le centre de la Syrie aurait été une réussite.
Selon les communiqués victorieux de la "coalition" (trois états en fait), agissant sans mandat de l'ONU, la destruction ciblée de l'arsenal chimique de Damas aurait été une réussite totale.
Mais comment faire exploser un site de stockage d'armes chimiques sans que celles-ci ne se répandent dans l'atmosphère? Sans victimes ?
Sauf à supposer que ces lieux aient été vides et les populations évacuées, car prévenues à l'avance. A titre personnel j'ai bien ri de l'hypothèse d'internautes évoquant le bombardement d'un site de production de liquide vaisselle.
Sur la centaine de missiles tirés, la DCA syrienne prétend en avoir intercepté et détruit environ 70. Sans démenti. Certes en temps de guerre, les communiqués des deux parties ne brillent pas par leur fiabilité. Car c'est bien une action de guerre qui a été menée contre la Syrie.

Qui a décidé de l'intervention, de quel droit, et sur quelles preuves ?
Le président Macron a déclaré détenir des preuves de l'utilisation d'armes chimiques par l'armée syrienne dans la Ghouta, mais il semble bien en peine de les divulguer. Son ministre Le Drian prétend qu'elle se fondent sur l'examen de videos et de témoignages émanant des réseaux sociaux. Voilà où en seraient les services de renseignement militaires !

En bref

Suite à une attaque à l'arme chimique présumée de l'armée syrienne, comme à Alep, trois pays mènent un bombardement en Syrie, qui vise à affaiblir le gouvernement légitime et crédibilse les jihadistes, opportunément renommés "rebelles".

La Syrie est loin pour les Français, et l'Orient est "compliqué". Mais si des banlieues radicalisées s'arment dans une insurrection mortelle ? Damas semblera-t-elle aussi étrangère ?

dimanche 15 avril 2018

Démocrature

La démocratie est "le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple" selon la constitution française de 1958. Certes la formule était bien antérieure comme l'indique Wikipedia ('démocratie').
Mais comment confisquer le pouvoir sur le peuple et surtout le garder dans la durée ? Sur plusieurs générations ?

Contraindre le peuple et l'empêcher d'exercer sa liberté et sa souveraineté, de prendre les décisions qui l'avantagent et concernent sa vie présente et future s'est fait par divers moyens dans les "démocraties" (en excluant donc les "régimes autoritaires") au point qu'elles ont muté en démocratures. Les apprences restent sauves, mais vidées de leur substance.

La liberté de mouvement est maintenue, mais encadrée par des considérations sécuritaires et réglementaires, aidées par les technologies récentes. Voyez tous les contrôles pour aller aux USA en avion. La fiche à remplir dans les hôtels... Tout cela pour "assurer la sécurité", au nom de laquelle la police peut fouiller de plus en plus sans résultats probants sur la sécurité publique, bien au contraire. Sans compter le pistage numérique des déplacements (officieux pour l'instant).

Les instances "représentatives " se sont multipliées, soit-disant pour favoriser l'expression du souhait des populations et leur participation aux décisions. Mais leur noyautage par les groupes d'intérêt, leur cacophonie organisée, et le mépris des décionnaires finaux décourageraient les plus démocrates (sans compter les pressions et menaces). Le site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure, l'affaire du barrage de Sivens, l'aéroport de Notre-Dame de Landes, sont des exemples médiatisés de la façon dont on a sciemment brouillé et embrouillé la décision populaire.

Les simulacres de discussions d'instances nationales, voire régionales, avec des "partenaires" à la représentativité contestable font partie de la comédie démocratique. Récemment le cynisme de cette pratique a une incidence sémantique : le mot "négociation" est remplacé par celui de "concertation". En clair, dans la négociation des points de vue différents se confrontent jusqu'à un compromis ou une rupture. Dans la concertation il n'est présenté qu'un seul point de vue, qu'une seule paritition pour le "concert" final où chacun joue ce qui lui a été dévolu.
A d'autres niveaux fleurissent des "associations" (parfois subventionnées) qui préemptent la représentation des populations concernées par un problème, prétendent agir en leur nom et influer sur les décisions.
A de plus hauts niveaux interviennent les ONG internationales dont les finacements et les objectifs sont souvent opaques et douteux. Voir l'Open society de Soros et son implication dans les opérations de "regime change". Voir Greepeace agissant contre les plates formes pétrolières russes en Arctique et ignorant celles d'Exxon  dans le golfe du Mexique. Leur dénonciation des centrales nucléaires françaises est peu crédible : rien aux USA ni au Japon, ni même en Ukraine où subsistent des réacteurs type Tchernobyl.
 La sursaturation de la représentation des intérêts du peuple aboutit à son annulation pure et simple.

Le procédé de la sursaturation est à l'oeuvre dans le droit. Car la LOI assure la cohésion des démocraties : l'égalité en droit est un principe essentiel. Or gouverner sur le peuple, voire à son détriment, est illégitime. Comment faire ?
L'inflation législative est un moyen efficace : nul n'est censé ignorer la loi, mais nul ne peut plus la connaître, même les spécialistes s'y perdent. Le citoyen ne peut plus connaître la loi mais reste exposé aux sanctions : retour de l'arbitraire.
S'il revient aux juges dans leurs décisions, de dire le droit, ils ne sont pas indépendants, bien qu'irresponsables de leurs erreurs. Ainsi les décions iniques pour des cas similaires sont-elles légion, au point que la moralité de la fable de La Fontaine (Les animaus malades de la peste) reste valable :
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir.
Certes il parlait de la Cour et non des cours de justice, mais ... les inégalités de traitement et de sanctions pour des délits comparables imputés à tel ou tel, selon le statut social du justiciable, rempliraient une encyclopédie en quelques années.

Il faudrait ajouter le poids des réglements et décrets divers qui régissent à peu près tout et n'importe quoi, de la courbure des concombres aux diverses tailles des légumes que les législateurs européens promeuvent et imposent pour masquer d'autres décisions comme la privatisation des barrages hydrauliques financés à 100% par les français et volés ! La destruction des systèmes de protection sociale concédés ou arrachés de haute lutte par les peuples est programmée et actée par les gouvernements sous couvert de la commission européenne.

Sur la liberté de pensée et d'expression, noue en traiterons ultérieurement.

La Loi se tourne contre les citoyens au lieu de les protéger.
Voilà un exemple de l'inversion des valeurs historiques de la démocratie mise en oeuvre depuis 1974 en France.

Le stade suivant de la démocrature, déjà entamé, est la dissolution du peuple.