dimanche 25 décembre 2011

soyons fous, privatisons l'éducation

Privatiser l'éducation nationale
L'éducation nationale, en France, représente un poste de dépense budgétaire très important pour l 'État. Il peut être restreint de diverses façons, mais imposer aux collectivités locales de financer l'éducation (qui ne serait plus nationale, mais régionale) revient à jouer au bonneteau, puisqu'il s'agira de dépense publique. Or la dépense publique est à la peine ces dernières années. Une solution serait la privatisation de l'éducation, ou plutôt de l'instruction encore publique.

1- L'enseignement supérieur.
1-1. Les écoles.
Écoles d'ingénieurs, de gestion,... et grandes écoles se livrent à une concurrence acharnée pour recruter les meilleurs potentiels et créer un « cercle vertueux » : le recrutement sélectif et une formation exigeante débouchent sur des emplois bien rémunérés et sur la satisfaction des entreprises clientes, lesquelles viennent prospecter leurs futurs ingénieurs, lesquels mettent à leur tour en avant leur école d'origine, etc.
Ce cercle vertueux existe pour certaines écoles, mais elle sont encore subventionnées.

La première mesure à prendre pour les écoles serait d'arrêter de les subventionner. Dans un premier temps en bloquant les subventions à niveau constant, dans un second temps en les supprimant progressivement. Familles et entreprises prendraient le relais du coût de la formation (avec un droit de regard sur celle-ci). Quitte à accorder de véritables bourses sous condition de revenu des parents, et avec obligation de réussir le cursus ou avec un pré-contrat d'embauche et d'engagement à travailler l'équivalent du cursus pour les bourses accordées par les entreprises ou groupements d'entreprises.
 
1-2. Les Universités.
 Si elles coûtent moins cher par étudiant formé que les « écoles », les universités  suscitent    la méfiance de nombre d'embaucheurs. Surtout en France, où un cursus atypique est suspect. Ajoutons à cela que la prétention de l'Université à former à la recherche est suspecte. D'abord la recherche en elle-même est l'objet de suspicion : en entreprise, quelle fonction un chercheur peut-il avoir ?
La loi sur l'autonomie des universités contraint celles-ci à une gestion plus rigoureuse des financements publics mais permet également la participation du secteur privé à leur financement. Il est souhaitable que les entreprises sollicitées aient leur mot à dire quant à la professionnalisation des études universitaires : soit en fin de cursus, soit pour les cursus courts (type licence). Les filières « libres » resteront bien évidemment, mais l'étudiant qui choisit l'histoire de l'art, devra construire lui-même son projet professionnel.
La recherche restera une mission pour les universités, mais en mutualisant leurs moyens pour atteindre une taille critique, par bassins régionaux ou de plus grande taille. Une agence gouvernementale veillera à ce que la recherche « fondamentale » se développe et soit valorisée.

2- L'enseignement secondaire.
2-1. Faut-il privatiser les collèges ?
En France, les collèges « couvrent » l'obligation scolaire légale (jusqu'à seize ans), vus les redoublements fréquents. Il existe déjà des collèges privés, de deux types : totalement privés et privés sous contrat. Les établissements privés sous contrat (primaires, collèges et lycées) ont un fonctionnement proche des établissements publics : mêmes programmes, enseignants rémunérés par l'Etat, … Il conviendra de leur rendre leur liberté, progressivement, en cessant le recrutement de quasi-fonctionnaires au profit de contrats renouvelables de trois, six ou neuf ans (comme pour les baux agricoles).
Dès lors, il n'y aura plus que deux secteurs (dans un premier temps) : le secteur privé et le secteur public. Le secteur privé s'autofinancera et ne saurait être subventionné par la puissance publique (collectivités locales ou état) à plus de 10%. Le secteur public sera financé par les collectivités locales principalement. Les contrats des collèges publics seront donc revus lors des élections régionales. Les régions pourront choisir de privatiser les collèges publics ou d'inclure dans le secteur public les collèges dont elles auront gardé la propriété foncière ou qu'elles auront bâtis.
Il est à prévoir qu'à moyen terme le privé, s'il est plus efficient, concernera la plupart des collèges.


L'obligation de résultats sera jugée par les examens et diplômes nationaux obtenus en fin de cycle. Ces diplômes resteront de la responsabilité de l'Etat, dont c'est une prérogative régalienne.

2.2- Les Lycées.
Les lycées n'ont pas vocation à rester dans le secteur public, sauf pour quelques filières intégrées dont l'état peut avoir besoin : l'on reviendrait à l'esprit qui présida à la fondation des lycées par Napoléon : fournir à l'Etat les personnels qualifiés dont il a besoin (avec un prolongement par des écoles spécifiques).

L'état organise et garantit les diplômes délivrés à l'issue du lycée. Toutefois, ce nouveau baccalauréat ne donnera pas un accès automatique aux écoles ou aux universités, qui organiseront elles-mêmes leur recrutement (dans les règles évidentes d'équité, etc.).

Il va de soi que l'apprentissage sera développé au maximum pour ceux qui ne veulent ou peuvent suivre d'études en lycée. Les systèmes de validation des acquis et la formation tout au long de la vie seront développés pour que formation initiale et continu(é)e puissent avoir la même valeur sur le marché du travail.

Bilan (provisoire)
L'Etat peut se désengager de l'instruction, la laissant au secteur privé. Il convient néanmoins qu'il garde la mainmise sur les diplômes, leur garantissant une validité la plus large possible.

vendredi 16 décembre 2011

Consortium 6 (fiction)

CONSORTIUM - communiqué 6

Dans notre dernier communiqué, le Consortium relevait le danger des dérivés représentant 7 fois la richesse produite. Cette préoccupation commence à émerger, mais notre chiffrage paraît optimiste : le Dr. Unger dans la Chronique Agora propose un chiffrage à 11 fois.

Or ces dérivés, dans leur ensemble, ne présentent pas de contrepartie tangible, ni en monnaie, ni en matière, ni en actions ou obligations. Par exemple, un warrant sur une action, émis par une banque et vendu "sur le marché", repose sur le pari que l'action atteindra un cours donné.  Si l'action atteint le cours prévu avant l'échéance du warrant, l'on peut gagner de l'agent. Sinon, à l'échéance, le warrant ne vaut rien. Sur quoi de tangible repose le warrant ? Sur l'action, disent les brochure d'information. Par exemple, mille warrants reposent sur une action, qui ne vous sera jamais "livrée".  Parce que le banque émettrice du warrant n'est pas obligée de posséder en propre toutes les actions qui représentent le "sous-jacent" du warrant qu'elle émet, et vend. Et notre dernier communiqué rappelait que tout multiple de zéro est invariablement zéro.

Quand cette pyramide de Ponzi que représentent les dérivés s'effondrera, c'est tout le système financier qu'elle entraînera. 
Quand cela aura-t-il lieu ? Pour le moment, le système est entraîné par sa course, et les dérivés continuent de croître. Mais en 2012 ou 2013, si l'économie "réelle" bascule en récession, la crise financière sera pire qu'en 2008, qui ressemblera alors à un "amuse-bouche" : banques et états seront en faillite, la monnaie fiduciaire n'aura plus beaucoup de valeur. Une guerre d'ampleur pourrait bien évidemment servir de contrefeu à une purge en coulisses. Mais laquelle ? L'Iran n'est pas un si grand enjeu. Une guerre impliquant le Chine permettrait une bonne purge, et ensuite la mise au pas des financiers, et des populations (mais c'est un autre problème). Une fois tout détruit, tout reste à reconstruire !

Pour l'instant, nous conseillons à nos membres de rester dans l'ombre. S'ils veulent investir et placer de l'argent : 
  • se retirer du secteur financier, même off-shore (pas totalement, mais au maximum),
  • privilégier le tangible, le réel : mines, terres agricoles, sociétés qui vendent des produits "indispensables", et, avec discernement, fabricants d'armes.
En fait, privilégier ce dont a réellement besoin l'humanité pour (sur)vivre, même et surtout si ces actions baissent. Certes, il n'est pas dans les moeurs du Consortium de donner des conseils de placements. Mais nous accorderons plus de place aux industriels.

Bonnes fêtes de fin d'année



samedi 10 décembre 2011

Consortium (5) fiction

L'Europe cette semaine a tenu un sommet important (comme les précédents, et comme ceux à venir : quand les "responsables" se gobergent aux frais des citoyens, c'est "important"). 

L'important est que les règles budgétaires définies par Mastrich deviennent automatiques et seront sanctionnées les infractions. Les Etats renoncent à leur souveraineté en matière de budget. Il sera plus facile aux financiers de concentrer le tir sur deux ou trois instances européennes que sur celles de 27 pays. Le Consortium ne doute pas qu'après une petite accalmie, les financiers reviendront à la charge. Pour réclamer plus de garanties sur les obligations des états européens, et plus de revenus, et plus d'austérité pour les populations (tant qu'elles ne sont pas complètement essorées, il y a de l'argent à faire).

Mais, et nous l'avons dit dans le précédent billet, les financiers ne sont plus en odeur de sainteté auprès du Consortium. Ils sont menacés sur trois fronts au moins. 
1- La vindicte populaire pourrait se réveiller à leur encontre (mais nous ne voyons pas encore sous quelle forme, en tout cas, annoncer dans une soirée "ouverte" que l'on travaille dans la finance ne suscite plus l'admiration d'il y a trois ans). Et le mensonge prend un peu moins, même si la presse relaie toujours aussi servilement les "faiseurs d'opinion". Par exemple, la petite musique de Marine Le Pen sur la sortie de l'euro et le retour à un état français battant monnaie et n'empruntant pas aux marchés fait son chemin. Si cette idée suscite la condescendance et le mépris de la grande presse, et des "faiseurs d'opinion", elle se répand par capillarité dans la population française, qui est en train de divorcer des "élites" autoproclamées. 
2- Les états pourraient réagir par plus de régulation ou en nationalisant. C'est toutefois peu probable à court terme, dans la mesure où les dirigeants sont bien circonscrits par les financiers, soit directement (les anciens de Goldman Sachs en situattion de responsabilité politique en sont un exemple). Soit indirectement : lobbys, "écoles de pensée", "think tanks" sursaturent la presse et l'espace des idées, de façon à étouffer toute pensée divergente (incompétente ou utopiste, forcément). Les nominations de Papadémos en Grèce et de Monti en Italie ont montré que les financiers peuvent court-circuiter le fonctionnement démocratique des états, mais cette démonstration pourrait bien avoir un effet en retour. Si les états perdent de leur légitimité pour leurs populations, une anarchie rampante pourrait bientôt se développer, de la multiplication des fraudes en tout genre (par absence d'esprit civique) à des mouvements de désobéissance civile.
3- Mais ce qui menace le plus les financiers, c'est eux-mêmes. Depuis la crise de 2008 (suprimes), ils n'ont cessé de pratiquer la fuite en avant. Ils ont provoqué la crise des dettes d'états en se débarrassant sur les états de leurs "actifs" financiers les plus spéculatifs et pourris. Sans pour autant assainir leurs comptes. Ce qui était impossible : on ne peut longtemps faire affaire avec sept fois la richesse mondiale produite. 

Le jour n'est pas si lointain où l'on s'apercevra que l'édifice financier est bâti sur du vent. Voilà pourquoi le Consortium se désengage de sa coopération avec les financiers.
Le sauve-qui-peut consistera alors à investir des actifs tangibles : terres, mines, usines, ... Mais seront-ils disponibles ? Et avec quel argent ? 
Car les états auront à nouveau une carte à jouer. 


samedi 3 décembre 2011

Consortium (4) fiction

Le consortium a développé des moyens d'enrichir ses membres, des financiers en majorité ces vingt dernières années.

D'abord en assurant des rentes financières. Emprunter à une banque centrale pour prêter à un état ou autre collectivité qui peut lever l'impôt fut l'une des meilleures rentes (de 3% annuels à 10%, mais avec des risques de défaut). Cela a commencé aux Etats-Unis, sous Reagan, plus ou moins discrètement, puis sous Clinton, le grand dérégulateur. Goldman Sachs plaçait déjà ses pions dans l'entourage du président. Ce système s'est pratiquement généralisé, sauf à Pékin, et encore... C'était placer les états sous tutelle (comme pour leurs citoyens avec le crédit-revolving).

Ensuite et parallèlement, les financiers ont créé tous types de produits dérivés (ah ! l'invention de l'effet de levier). Certes il existait depuis longtemps des "paris" d'investisseurs. Par exemple sur le blé : l'investisseur achète la récolte à l'avance, à un prix convenu. Si la récolte est moindre ou le prix de vente inférieur au prix convenu, l'investisseur en est pour ses frais. Si au contraire la vente se fait à un prix supérieur au prix convenu, l'investisseur est gagnant (c'est le marché des "futures", en anglais). Il était déjà assez farfelu d'acheter à l'avance (et de vendre aussi) ce qui n'existe pas encore. Mais nos financiers sont des créateurs en mal de reconnaissance. Ils ont créé des fonds dérivés sur les "futures", puis sur les indices boursiers, sur l'évolution des cours des actions, des obligations, des matières premières, etc.  Les dérivés sur dérivés n'ont pas manqué, et les assurances sur dérivés et dérivés de dérivés. Sans compter les paris sur les monnaies (le Forex).

Bref, il se brasse chaque jour sept fois plus d'argent qu'il ne se produit de richesses tangibles. Et c'est comme au casino : la banque gagne toujours, à la fin. Quand elle perd, par imprudence surtout, par incompétence souvent, les états renflouent et les citoyens paient, in fine.

En obligeant les états à se délester de la protection sociale (en la mettant en crise), à privatiser le plus possible, à s'affaiblir volontairement (en diminuant leur périmètre d'activité, les impôts sur les sociétés, sur les hyper riches, etc.), les financiers peuvent encore s'approprier  à bon prix de pans entiers de l'économie qui passe sous "la loi du marché" (des oligopoles, en fait). On spécule déjà sur le CO2, l'eau potable est déjà dans le périmètre marchand, l'énergie l'a rejoint, la santé y passe. 

Mais le consortium a récemment décidé de lâcher les financiers. D'une part ils deviennent trop visibles et remettraient en cause notre invisibilité, premier moteur d'efficience. Ils commencent à être désignés à la vindicte populaire. D'autre part, en menaçant l'existence même des états, les financiers pourraient subir un revers d'ici à 2013 (une fois les exécutifs renouvelés). A moins qu'ils ne parviennent à circonscrire ces exécutifs (comme en Grèce et en Italie). Mais ce sera repousser l'échéance de quelque six ans.

Toutefois le jeu des financiers, immédiatement rentable, repose sur du vent et sur des masses de transactions plus ou moins fictives. Or le Consortium sait bien que tout multiple de zéro est zéro, tôt ou tard.





vendredi 25 novembre 2011

Consortium 3 (fiction)

Quand les financiers ont été majoritaires dans le Consortium, ils ont mis au point des moyens de s'enrichir davantage.

D'abord au niveau des entreprises. L'ancien capitalisme consistait à accompagner la croissance des entreprises, en leur prêtant pour leur développement (on a parlé du capitalisme rhénan comme modèle).  Mais cela immobilisait des fonds importants pour plusieurs années. Il fallait une autre perception des entreprises. Au lieu de produire des biens destinés à des consommateurs, dans un contexte de concurrence régulée par leur situation de monopoles ou d'oligopoles capables d'imposer leurs prix, les financiers les ont transformées en "machines à cash".

Ce fut assez simple, en deux temps.
D'une part les investisseurs se sont mis à réclamer des bénéfices à deux chiffres, de l'ordre de 15% de retour sur leur investissement.
D'autre part ont été inventés les LBO : une structure financière achète une entreprise au moyen d'un emprunt qu'elle rembourse en extrayant de la valeur de l'entreprise achetée. En vendant une partie des actifs, en extrayant de la valeur de ceux qu'elle garde, en restructurant pour une revente avec plus-value.

Ainsi les sociétés industrielles sont-elles devenues des "machines à cash" pour le secteur financier, au lieu qu'il accompagne le développement des sociétés dans lesquelles il investit.
Par exemple, en France, les fonds font la loi chez Carrefour, au point d'entraver l'expansion de cette société par leurs exigences de rentabilité immédiate. 

Ce modèle perdure, mais il est à bout de souffle. Le Consortium a développé d'autres moyens de s'enrichir.

dimanche 20 novembre 2011

consortuim (2) fiction

Dès les années 80 du XXe siècle furent mis en place des "think tanks" pour relayer nos intérêts. Il en existait déjà auparavant aux Etats-Unis (les "Chicago Boys" par exemple). Mais leur nombre et leur influence se sont accrus, au point qu'ils ont pu influencer non seulement les hommes politiques en exercice, mais leur relève. Voire les décideurs et grands entrepreneurs. La différence entre un "think tanke" et un lobby est que ce dernier représente un groupe d'intérêts, principalement. Alors que le "think tank" propose des idées plus générales, en fonction d'une vision plus globale et de plus long terme, sans oublier de proposer des mesures pour le court et le moyen terme.  Aux lobbys l'immédiat, aux think tank le moyen et long termes, d'une façon plus globale.

La dérégulation de la finance fut le premier combat des thinks tanks, et quels qu'ils fussent, ils l'ont appuyée. Les gouvernements Thatcher et Reagan ont promu cette dérégulation, suivis par les autres. Les capitaux pouvaient alors se déplacer à la vitesse de l'informatique en tous points du globe.
Déniaisons à ce propos quelques naïfs. Croyez-vous que le développement et l'extension de l'internet se fit pour les téléchargements d'adolescents avides de musique, de films ou de réseaux sociaux ? La masse des transactions financières écrase tout le streaming.  Et nous n'avons eu que très peu à investir dans le réseau que les états et les particuliers finançaient et financent encore. Ce n'est pas la première ni la dernière fois qu'une technologie "de progrès" nous sert (en la faisant payer à d'autres).

Les think tanks institués comme "réservoirs d'idées" pour les politiques, il était facile qu'ils défendissent à peu près les même idées, dans la mesure où leurs membres avaient reçu la même formation. Ils exercent toujours leur magistère idéologique, mais ils commencent à être trop visibles. Nos impératifs doivent être lus comme des évidences - et non faire l'objet d'un débat public. 

samedi 19 novembre 2011

Consortium (fiction)


Chronique du consortium
Fiction

Le Consortium n' a pas d'existence officielle, ni de structure identifiable. Néanmoins il existe et se renouvelle de façon systémique. Il influence les groupes d'experts et les groupes d'influence :Trilatérale, Bildenberg, Davos, divers Think tank, etc.

Le Consortium vise à accroître et maximiser la richesse de ses membres (actuellement des financiers).

Comme il s'agit de gagner de l'argent en spéculant, il faut trouver de l'argent frais. Les comptes des particuliers sont visés depuis quelques temps. L'épargne est aussi visée. Mais le meilleur hold-up est celui sur la dette des états (car l'impôt la paie).

Le Consortium a commencé à se constituer de façon informelle avec la mondialisation de la finance, préparée par celle de l'économie. Non qu'il n'existât pas auparavant des structures internationales visant à gouverner la finance dans l'ombre, mais elles étaient diverses et multiples, et tendaient à se concurrencer. La principale force du Consortium, c'est qu'il n'existe pas, au sens instutionnel. Il se contente d'agréger des structures existantes, plus ou moins opaques, en influençant leurs actions par les idées et modèles qu'il influence – sans jamais apparaître. Par exemple la comparaison (idiote) entre la dette d'un état et celle d'un ménage est à mettre à notre compte, et vu sa productivité, elle reste un bon « logiciel ».

Sans remonter à Mathusalem, le Consortium a réussi deux coups de maître dans les années 70 du XXe siècle.
L'interdiction pour les états de se financer auprès de leur banque nationale. En France, cela fut érigé par le président Pompidou (banque Rotschild) et par son ministre de l'économie Giscard d'Estaing (qui présida les tavaux préparatoires à la Constitution Eurpéenne, dite Traité de Lisbonne). Ainsi, les états furent obligés de se financer auprès des banques et d'autres investisseurs (tenus secrets), à des taux d'intérêts décidés par ces derniers (les marchés, dit-on pour simplifier).
Le dollar, garanti par l'or de Fort Knox, fut désindexé de cet or par Nixon en 1971. Sa valeur était désormais fixée par la FED, en fonction des besoins de l'économie états-uniène, alors que le dollar était devenu la monnaie principale des échanges internationaux.

mercredi 16 novembre 2011

des arrêts maladie

M. Wauquiez est intervenu à propos des arrêts maladie, comme le rapporte un article du journal Le Monde (version informatique : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/11/16/pour-laurent-wauquiez-etre-paye-quand-on-est-malade-n-est-pas-tres-responsabilisant_1604652_823448.html).

Que le ministre de l'enseignement supérieur se prononce sur le sujet est déjà étonnant : au lieu de s'occuper de son ministère, il agit en propagandiste d'une mesure gouvernementale sur (contre ?) la sécurité sociale, qui relève de la santé et du budget. Est-ce à dire que chaque ministre est omniscient ? Voire interchangeable ? Si chacun d'eux peut disserter de ce qui ne concerne pas le champ d'intervention de son ministère, alors à quoi servent les différents ministres ? A "gérer" les ministères ? L'administration le fait déjà. A "piloter" l'action des ministères ? L'administration le fait, et le parlement est censé indiquer le cap à suivre (il serait d'ailleurs l'émanation de la nation, dit-on). 

Enfin... Voilà un ministre, diplômé d'histoire paraît-il, qui feint d'ignorer pourquoi les arrêts maladie sont indemnisés par la sécurité sociale, qui feint même d'ignorer les fonctions de la sécurité sociale. Le terme "feindre" est préférable à celui "d'ignorer", car cela serait beaucoup grave par les implications : ce serait suspecter ce ministre d'incompétence, et les autorités académiques qui lui ont délivré ses titres de négligence (ou de corruption). Sans parler des documentalistes et de ceux qui écrivent les discours de ce ministre. Ni des journalistes qui en rendent compte, sans faire remarquer que M. Wauquiez sort de son champ de "compétences".
En fait, comme nous nous sommes habitués insidieusement à le vivre, chez "nos" gouvernants, l'incompétence, l'ignorance, l'idéologie pure, le disputent au cynisme le plus rétrograde, avec des techniques de communication (propaganda-staffel) qui promeuvent le mensonge en guise de gestion. Du pur Goebbels.

Ce M. le ministre a-t-il vraiment oublié que la maladie, outre ses effets corporels, était une catastrophe financière ? Et que c'est pour se prémunir des effets de la maladie que fut créée la sécurité sociale (après des caisses de solidarité restreintes à des corporations) ? Non. C'est un contresens volontaire, pour dresser les uns contre les autres, pour continuer à détruire les mécanismes de solidarité, en espérant que le secteur privé (les assurances principalement) emportera avec lui les "clients" les plus solvables, les autres étant laissés à la charité publique.

Or ce qui fonde la solidarité, c'est que l'autre (que l'on fustige aujourd'hui) ce sera peut-être nous demain.
Il est vrai que la "grande finance" n' à que faire de la solidarité, des peuples, ... Et le zèle de ses valets lui est garanti.




vendredi 11 novembre 2011

crise de la dette et votre argent

Les actualités sur la crise de la dette en Europe peuvent alarmer les salariés, en général.

Ceux qui naviguent entre deux fois le salaire minimum (le smic) et bien moins que cela (1300€ par mois). Leur appauvrissement est inéluctable dans la mesure où leur travail n'a aucune incidence sur leurs rémunérations, à la différence des professions libérales. Même si l'on leur fixe des objectis (souvent irréalistes) : les atteindre ne donne droit qu'à des primes ponctuelles et sans cesse remises en cause. En bref, "travailler plus pour gagner plus", slogan présidentiel, s'avère concrètement fallacieux. Les heures supplémentaires défiscalisées ont restreint les embauches, mais ont surtout bloqué la hausse des salaires "de base". 
Mais les taxes multiples en augmentation, ainsi que la hausse des prix non pris en compte dans le compte officiel de l'inflation (logement, téléphonie, etc.) contribuent aussi à l'appauvrissement général (sauf pour les "très riches").

Or les "efforts" demandés à la nation (si elle existe encore), se portent sur les salariés pour la plupart. Rentiers et "professions libérales" sont encore épargnés. Et ne parlons pas de la grande finance...

Alors que faire quand les agences de notation, le gouvernement, etc. décrèteront que nous devons sombrer dans la misère (afin qu'ils conservent leurs privilèges et leur train de vie) ? 

Voter pour un autre programme, qui ne soit pas uniquement le maintien de la note de crédit d'agences de notation aux procédés opaques ? Quel projet ! Mais qui porte un autre projet, crédible et applicable, qui se dégage de ces contraintes ?
S'insurger ? Mais comment et contre qui ? Et selon quelles formes d'action ?   Les manifestations contre la réforme des retraites n'ont donné aucun résultat alors qu'elles ont mobilisé des millions de manifestants. Le NON au référendum sur la constitution européenne a été nié par le parlement (une forfaiture). 

Quelles sont les solutions individuelles ?
De bon sens. D'abord se désendetter autant qu'il est possible. Fuir surtout le crédit à la consommation qui frôle l'usure. Se constituer une épargne liquide et mobilisable à tout moment, comme le livret A. Ne pas avoir en banque plus que les 100000€ que les états européens prétendent garantir. Ou laisser le minimum sur son compte et retirer le maximum au guichet (mais cela pose d'autres problèmes). Si vous avez des économies conséquentes pour le long terme (au-delà de cinq ans), pensez à l'or physique pour dix pour cent à un quart : il ne rapportera guère mais gardera sa valeur, surtout en cas d'inflation (qui rongerait la valeur de vos économies). Enfin, restreignez votre consommation en passant vos comptes à la paille de fer (mais je crois que vous le faites déjà). 

Surtout, n'ayez pas honte : Ils vous veulent à leur merci, n'entrez pas dans leur jeu.

mercredi 2 novembre 2011

Du référendum grec

Les Grecs seraient invités à un référendum sur le "plan d'aide" que leur propose l'Europe. 

Le "plan d'aide" en question revient à imposer une dizaine d'années d'austérité aux citoyens grecs : hausse des prélèvements obligatoires (fiscalité et TVA), baisse de toutes les prestations, baisse des salaires (au moins dans le secteur public) et des pensions... En bref, un appauvrissement généralisé des classes populaires et moyennes.  Qui plus est, les finances de ce pays seraient sous tutelle de la "troïka"  (FMI, BCE, UE) tous les trimestres ! Et il se calcule déjà que l'appauvrissement des citoyens grecs dix ans durant ne résoudra pas la question de la dette nationale, qui ne pourra qu'augmenter avec le jeu des intérêts (si vous avez eu affaire au crédit à la consommation, vous comprendrez immédiatement combien les mensualités deviennent douloureuses).

L'indignation concernant ce référendum a quelque chose d'indécent, mais fait tomber les masques aussi. Certains de nos responsables estiment que le peuple n'a pas son mot à dire sur ce qui l'engage pour dix ans et plus ! Belle conception de la démocratie, où oligarques énarques et banksters prétendent représenter le peuple. Mais l'étouffent en même temps. 
Il est vrai qu'en France l'on peut s'asseoir sur un référendum par un tour de passe-passe parlementaire : rappelez-vous que le non à la constitution européenne a fait 55%, mais que le parlement l'a ensuite entérinée, UMP et PS compris. 

Il est bien évident que le premier ministre grec se livre à une manoeuvre politique. Mais l'on doit le créditer de vouloir consulter le peuple sur les sacrifices demandés.

Certes trop tard,
certes sans proposer d'alternative, 
certes sans débats permettant l'émergence de solutions autres que le TINA qui masque les intérêts financiers et l'indigence de la pensée.

Qu'adviendra-t-il ? Je ne sais. Mais le système actuel a fait la preuve qu'il ne peut durer, parce qu'il ruine les gens.


mardi 1 novembre 2011

une rencontre pour rien

La semaine passée, le président de la République Française a expliqué aux Français, sur deux chaînes de télévision les enjeux du sommet européen clos la veille et nuitamment. L'on devait croire la Grèce, l'euro, l'Europe (et même le monde) sauvés de la crise qui les vouait à la faillite.
La dette grecque était diminuée de moitié ; un fonds européen de mille milliards d'euros était institué pour venir au secours des états dont la dette serait attaquées par les marchés et la spéculation ; enfin les banques européennes allaient être recapitalisées, afin d'asseoir leur robustesse.
Et les bourses mondiales d'entamer un "rally" haussier, et les actions bancaires de s'envoler sur les marchés.

Las... Une semaine plus tard il ne reste rien. On apprend que la dette grecque ne sera pas diminuée de moitié mais de trente pour cent en réalité. Et que l'endettement restant sera de toutes façons rédhibitoire : en somme, et si tout va bien (sic), ce pays en a pour 10 ans d'austérité, de chômage élevé, d'appauvrissement voire de disparition pure et simple de la classe moyenne et des couches populaires. Un sort récemment promis à l'Italie (indépendamment de l'Irlande, du Portugal, de l'Espagne, et bientôt de la France). 
Le fonds de mille milliards n'existe pas, et l'Europe veut solliciter plusieurs pays extérieurs pour l'abonder, dont la Chine ! Les "libéraux" qui ont noyauté l'ensemble des instances et de gouvernements en Europe, après avoir détruit ou privatisé les services publics, veulent maintenant brader l'Europe ! La désindustrialisation ne leur suffit pas, le processus est sans doute trop lent à leur goût. Surtout, le ridicule ne tue pas : annoncer un grand fonds européen quand on n'a pas les moyens de l'abonder relève de l'incompétence la plus crasse ou du mépris le plus complet. 
Quant aux banques à renflouer, la presse nous apprend qu'elles pourront le faire seules en France (au moins). Donc elles ont l'argent pour le faire. D'où vient-il ?


Un psychodrame de plus d'une semaine pour si peu... C'est à faire honte d'être un européen. Et les sirènes qui nous sussurent qu'il faut quitter l'euro, voire l'Europe, commencent à prendre de la voix. 

Et à cette heure il s'agit que les grecs se prononcent par référendum (mais en janvier) pour savoir s'ils approuvent ou non le "plan d'aide" à leur pays. En d'autres termes s'ils approuvent ou non 10 ans au moins de privations et de misère pour que les ploutocrates restent impunis, voire s'engraissent encore. Quelle impudence de donner la parole au peuple dans une démocratie. En France, au moins, cela n'arrivera pas : l'assemblée peut, en catimini, revenir sur les résultat d'un référendum (comme celui sur la constitution européenne). 

dimanche 23 octobre 2011

crise de l'europe

Au niveau d'un modeste citoyen français comme je le suis (avec plusieurs millions d'autres), la crise européenne relève d'une mauvaise série télévisuelle. Qui de plus écrase d'autres informations, comme celles sur les mouvements sociaux (par exemple).

Alors que peut-on comprendre, concrètement ? Que la Grèce est endettée auprès des "marchés". Et que lesdits marchés sont des banques privées, notamment françaises. Que l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, la France, sont à des degrés divers, dans le cas de la Grèce : une dette d'état difficile à rembourser... aux marchés, c'est-à-dire aux banques (voire aux assurances-vie). Aussi est-il demandé aux états de réduire leurs dépenses pour rembourser leurs dettes. 
Je sais que je simplifie, mais ne déforme pas trop la réalité que les médias nous servent.

Mais pourquoi les états doivent-ils passer par l'emprunt aux marchés pour financer des projets d'avenir? Si la France de de Gaulle avait dû en passer par les marchés, je n'ose imaginer l'état de délabrement où se trouverait notre pays. Je croyais naïvement qu'une des attributions régalienne des états était de pouvoir "battre monnaie". Comme ce pouvoir a été abandonné aux marchés en 1973, sous la présidence de Pompidou (ministre des finances : Valéry Giscard d'Estaing), et en l'occurrence aux banques et autres institutions financières, alors la guignolade est complète. Les gouvernements et les parlements décident d'impôts et de taxes qui servent à rembourser des dettes aux marchés. Voilà au moins quarante ans que cela dure en France : les intérêts de la dette d'Etat représentent un budget de plus en plus conséquent, prélevé sur les impôt et taxes perçus par l'Etat. La solution du pire : que les "marchés" et les banques qui les incarnent se servent eux-mêmes au lieu de laisser croire qu'il y a un choix à faire. Non ? Il vaut mieux laisser l'état se charger de la collecte !

On nous dit que l'euro est menacé, de quoi ? de disparaître ? L'euro n'est qu'un avatar du deutschmark, monnaie forte d'une économie extravertie (exportatrice et excédentaire). Les pays de l'Union Européenne qui n'ont pas adopté l'euro comme monnaie s'en sortent pour l'instant mieux que la moyenne de ceux qui l'ont comme monnaie. En tout cas, le consommateur français ne voit pas en quoi l'euro serait un avantage : le prix de la baguette de pain est passé de un franc en 1999 à un euro en 2011, soit 6,56 francs (cette multiplication par 6,5 n'est qu'un petit exemple, ne parlons pas des légumes, ni d'autres aliments). Qui voudra défendre l'euro parmi les citoyens ? Et quels arguments aurait-on ? Il n'a pas préservé l'emploi : l'un des prétextes aux délocalisations est le coût comparatf de la main d'oeuvre exprimé en euros. Il n'a pas empêché l'érosion continue du pouvoir d'achat, ni l'inflation des prix (malgré les statistiques gouvernementales) : il a fallu une dizaine d'années pour que les "officiels" reconnaissent  que les prix avaient augmenté. Rappelons-nous Jospin et son concept du "sentiment d'inflation" : le peuple ressentait de l'inflation qui n'existait pas !
Non, vraiment, qui pourrait défendre l'existence de l'euro tel qu'il existe ? Certes cette monnaie n'est sûrement pas responsable à elle seule de tout ce dont on l'accuse. Mais elle reste la représentation la plus tangible, même dans nos poches, de l'Europe. 
Et comment s'enthousiasmer pour celle-ci, dont le fonctionnement est si opaque et si lointain pour la plupart des citoyens ? 

Or il est fort probable que l'on va nous dire qu'il "faut plus d'Europe" pour résoudre la crise actuelle, et faire "que tout change afin que rien ne change" (Visconti, Le Guépard). Ainsi les peuples seront encore plus dépossédés de leur pouvoir d'influer sur les décisions qui les concernent. Le seul droit qui leur restera sera de payer la caste d'incompétents et d'irresponsables qui les spolient au profit de la grande finance, ou de mendier des prébendes auprès des mêmes, pour survivre au jour le jour, en étant fustigés comme assistés.


dimanche 16 octobre 2011

rythmes scolaires

Comme d'habitude pour l'éducation nationale, le gouvernement en place veut inscrire une réforme "dans le marbre".  Le ministre actuel a lancé une réflexion sur les rythmes scolaires, selon une procédure plutôt opaque. Et ce qui en transparaît dans la presse est encore confus. 
Il s'agirait de modifier la semaine de travail des élèves du primaire, d'abord, et du secondaire ensuite, dans le sens de semaines moins denses, mais plus nombreuses.

 La question du samedi.
J'ai exercé dans un établissement ouvert le samedi matin. Mais les parents d'élèves et l'intendance ont poussé à ce que l'établissement ferme le samedi (à force de votes plus ou moins trafiqués). L'intérêt des parents était de profiter du week-end, et celui de l'intendance d'économiser sur le chauffage. Des élèves, il n'a pas été question.

Les vacances de février.
Elles ont été instaurées sous le mandat de Marcel Anthonioz, député de Divonne-les-Bains, et représentant les intérêts  de l'hôtellerie. Ces vacances devaient assurer la clientèle des stations de ski (ce qui est le cas). Mais de rythme scolaire il n'a point été discuté.

L'on demande à l'école de "garder" les enfants parce que les parents doivent trop souvent travailler pour assurer difficilement la subsistance du foyer. Qu'il est loin le temps où un ouvrier payé au smic pouvait (sans voiture et en location) faire vivre une famille avec deux enfants et une "mère au foyer". Progressivement appauvrie, la société demande au système éducatif plus qu'il ne peut pourvoir, soumis lui aussi à des contraintes budgétaires de plus en plus drastiques.

Il se posera aussi un problème financier.
Les enseignants sont rétribués pour dix mois d'exercice. Si leur service est augmenté, qui paiera ?

 Le problème des rythmes scolaires reste entier : personne ne prend en compte les élèves !

Sauf quelques "experts" qu'exhument la presse écrite et télévisuelle pour qu'ils débitent des chiffres et des statistiques "hors-sol". Or la vie quotidienne a été profondément bouleversée depuis au moins l'an 2000. Chacun le sait et le vit, mais nos (ir)responsables n'en ont cure, tout occupés à maintenir leurs privilèges d'un autre temps, et à faire porter un fardeau de plus en plus lourd à la population.

vendredi 14 octobre 2011

une enseignante s'immole par le feu

Béziers : une enseignante de mathématiques du Lycée jean Moulin de Bézier s'est immolée publiquement par le feu dans la cour de l'établissement..

Bien entendu, la presse relate l'affaire en la brouillant selon les injonctions des "autorités". Elle aurait été dépressive : mais pourquoi s'immoler en public ? Une réunion avec les élèves se serait mal passée : elle avait dix ans d'expérience dans le même établissement, et des réunions, elle a dû en avoir plus que son saoûl. Elle avait des problèmes d'ordre privé, qui surgissent dans la presse locale aiguillonnée par les "autorités" : le déni organisé par les instances académiques ; tout à coup l'on a connaissance de la vie privée, alors que les instances hiérarchiques ignoraient cette "vie privée". Et pourtant elle s'est immolée sur son lieu de travail au lieu de se suicider à domicile.

Il faut savoir que les enseignants sont la profession la plus encline au suicide, devant les policiers.
Ce qui en dit long sur les difficultés de ce métier. Dont on comprend qu'il attire moins de "vocations", tellement il est décrié et ingrat (humainement, socialement, et du point de vue salarial). 
Pourquoi les journalistes s'acharnent-ils à parler des "profs" au lieu de "professeurs" ? Ils sont capables pourtant de mentionner les "policiers" et non les "flics". Reflètent-ils le mépris général pour une profession ou l'entretiennent-ils ? 

Avec la complicité du ministère... Lequel souscrit par son silence ou ses insinuations aux pires mensonges qui soient.

Croyez-vous qu'être systématiquement traîné dans la boue, par tout le monde, pour un salaire médiocre, vaille la peine de s'investir ? quand la "mission" change selon les humeurs des politiques, qui ne font que passer alors qu'il s'agit de transmettre le témoin d'une génération à l'autre ? 

Les professeurs qui restent dans ce métier ont un défaut : celui de croire que l'instruction peut apporter un progrès aux élèves, et à la société. Mais on les décourage, et on les élimine discrètement. Il n'y aura bientôt plus que des "flux" à gérer. Et des "compétences" à évaluer, selon le bon plaisir des instances ministérielles ou académiques.

Qu'est-ce qu'enseigner ?
Transmettre des connaissances d'une génération à une autre.
Mais cet aspect tend, vu la "démocratisation" du savoir, à transmettre la façon de circuler dans les informations et à les structurer. L'élève au "centre" en a été déduit : l'élève construit ses savoirs, MAIS il est évalué sur un "socle de compétences" défini par le ministère. Première double contrainte : vous êtes libre de faire ce qui est obligatoire, et vous serez évalués sur la méthode (ou la procédure) et non sur les résultats (certes difficiles à évaluer).
 Transmettre et impulser des capacités et des "savoir-faire".
Les exercices et les travaux donnés aux élèves visent souvent à leur donner l'occasion de mettre en oeuvre les connaissances acquises, voire à en acquérir de nouvelles, plus concrètes.

Mais cela suppose que les "apprenants" (des lycéens dans mon cas) soient capables d'attention, et soient investis.  Hélas, les "malgré-nous" représentent plus de 30% de l'effectif en lycée.

Concrètement ?
Quand l'on arrive devant une classe de première où deux tiers de l'effectif n'a pas apporté le matériel requis (manuel, ou autre), que faire ? Il n'est pas possible de renvoyer les fautifs en permanence, ni de les sanctionner (le rapport à rédiger prendrait presqu'une demi-heure, et vous serait retourné à charge). Faire un cours de substitution ? mais le programme...
Donc les professeurs renoncent à ces procédures lourdes et aléatoires.
Il ne reste plus que la "gestion individuelle", c'est-à-dire le n'importe quoi.

L'administration ?
Je ne serais pas objectif, ayant eu affaire à un fusillage institutionnel (comme deux collègues). Disons qu'un inspecteur appelé par le directeur de l'établissement  peut établir un rapport négatif si vous êtes en conflit avec le chef d'établissement (je l'ai éprouvé trois fois). Même si les parents et les élèves semblent satisfaits du travail accompli, sanctionné positivement par les résultats au baccalauréat, voire dans l'enseignement supérieur. 
Contester une décision administrative coûte très cher. Alors que faire ? Fonctionnaires nous sommes, mais avec une pratique voisine des professions libérales (sans leurs avantages : un professeur paye son matériel, mais à ses frais, sans dégrèvement).
Il a été proposé que les enseignants soient plus présents dans les établissements. Je ne sais pas si cela aurait évité le geste désespéré de Lise. Mais prenons en compte les contraintes matérielles : il faudrait des bureaux, informatisés, ... La plupart des enseignants travaillent à domicile sans se faire défalquer leurs frais.

Il faudra une consultation institutionnelle.
  • Qu'attendre de l'éducation nationale ?
  • les devoirs parentaux
  • les devoirs des enseignants
  • etc.
La nation , et non la pseudo représentation nationale, devrait pouvoir se prononcer sur ce qu'elle attend du système éducatif, en lui laissant le temps de faire ses preuves. 
Un référendum est urgent, qui pose les questions de fond sur ce que la nation peut attendre de l'éducation nationale, au lieu de réformes incessantes, inappliquées et opaques.
D'ailleurs, les secteurs que l'on ne cesse de réformer vont de mal en pis : les réformes continuelles n'en sont-elles pas la cause ?

jeudi 13 octobre 2011

Dexia : on vous vole

Depuis quelques semaines, les gestionnaires de la banque franco-belge Dexia cherchent des solutions pour éviter sa probable faillite.
Parmi les solutions envisagées et diffusées par voie de presse (pour tester les réactions ?) il s'agirait de :
  • créer une structure de "defaisance" : une entité qui regrouperait les actifs "pourris", et les liquiderait progressivement. L'affaire du Crédit Lyonnais (devenu LCL) a montré que les pertes reviennent au public et in fine au contribuable, pour les pertes, mais il n'a rien été dit des bénéfices (éventuels).
  • Les fonds propres de Dexia seraient renforcés par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et par la Banque Postale (BP).

Et c'est là que réside le scandale le plus flagrant. 

D'une part les fonds des Livrets A, de faibles intérêts, parce que destinés au financements du logement social, seront apportés comme fonds propres de la banque Dexia ou de son avatar. Vous qui essayez de mettre un peu d'argent de côté pour acquérir peut-être un logement, savez-vous que vos économies serviront à garantir les placements hasardeux d'une banque privée ? 
Clients de la Banque Postale (souvent contraints, car c'est encore la banque la moins chère), saviez-vous que votre modeste compte courant risque d'être compté dans les fonds propres d'un banque qui a déjà failli ?
Le scandale est flagrant : les "décisionnaires" et autres experts autoproclamés, vous dépossèdent de vos droits. Mais, pire, ils vous dépossèdent des vos quelques économies.

NB : Le Canard Enchaîné du mercredi 12 octobre comporte en page 4 un article intitulé "Les riches fossoyeurs de la banque Dexia" qui retrace de façon claire et synthétique l'histoire récente de cette banque.












samedi 8 octobre 2011

existe-t-il un complot contre l'euro ?

En tant que monnaie de 17 pays européens, l'euro est attaqué de l'extérieur de l'Europe, et à l'intérieur de celle-ci.

L'euro a longtemps été surévalué par rapport au dollar, d'abord, et au yuan, et d'autres monnaies. Certes il était vu comme un avatar du deutschmark allemand, monnaie forte et plutôt stable, quand d'autres monnaies dévaluaient régulièrement (le franc français, la lire, le drachme, etc.). Un euro fort, disait-on, devait assurer la stabilité monétaire, terrasser l'inflation (celle des produits importés), assurer l'harmonie des politiques monétaires en Europe (plus de coopération et moins de concurrence "déloyale"), voire devenir une monnaie internationale de référence par rapport au dollar. L'hégémonie du dollar dans l'ensemble des transactions internationales a commencé à être contestée dès les "accords de Bretton-Woods", qui ont décorrélé la valeur du dollar de celle de l'or : la Banque centrale américaine (états-unienne) pouvait dès lors imprimer autant de dollars qu'elle le voulait, sans qu'une contrepartie garantisse leur valeur (et elle ne s'en est pas privé). Mais le "modèle" allemand n'était pas transposable à 17 pays (voire 27), dont la structure économique différait sensiblement. Qui plus est ce "modèle" a été écorné pour la réunification de l'Allemagne, qui fut coûteuse, économiquement, et surtout socialement.
Malheureusement, les idéologues néo-libéraux étaient au pouvoir (ou leurs séides). Ainsi, la BCE ne devait qu'assurer le contrôle de l'inflation... Il n'a pas été mis en place d'institution pouvant émettre de la monnaie : le recours "aux marchés" devait suffire.

Le résultat des ces conceptions idéologiques, d'abord, est catastrophique.

Il n'existe pas de politique économique ou monétaire européenne, quoi qu'en dise la presse financière. La BCE ajoute rustine sur rustine, mais n'est pas un institut d'émission de monnaie : on laisse cela "au marché", bel abandon de souveraineté. Un raccourci : les "marchés" et le FMI demandent aux gouvernements de renflouer les banques. C'est-à-dire de pratiquer à grande échelle un hold-up sur les contribuables ! Sans compter les humiliations punitives et fiscales. Il suffit de suivre l'actualité pour la Grèce quand la troïka débarque. Et le ballet continue avec des injonctions contradictoires : rigueur et austérité, mais investir pour la croissance ! Diminuer les dépenses et les augmenter !
Et les agences de notation (états-uniennes) de dégrader les dettes de certains pays, puis les banques européennes, etc.

Avant cela, la politique de l'euro fort a accéléré la désindustrialisation en Europe, sauf pour certaines firmes. Dans un premier temps les usines sont parties en europe de l'est, puis en Chine, etc. Le taux de chômage officiel varie de 10% de la population active (France) à 20% et plus (Espagne, Grèce). Car l'Europe des néo-libéraux a été la seule à permettre à cette échelle "la concurrence libre et non faussée" qui l'a ruinée. L'Allemagne elle-même, qui a tiré profit de l'euro fort, commence à vaciller. 
La Chine et les USA ont tiré parti de la faiblesse relative de leurs monnaies contre l'euro. Et les reproches que les USA font à la Chine sur le yuan, l'Europe pourrait les leur retourner sur le dollar.

Or tant que l'euro est attaqué, et l'Europe elle-même, le dollar n'a pas de concurrent pour les échanges internationaux, alors que sa valeur dépend uniquement de la politique des USA. Lesquels ne sont pas prêts à abandonner leur hégémonie.

Que les USA ou la Chine, ou d'autres, défendent leurs propres intérêts économiques se comprend. Mais que les "élites" européennes aient sabordé l'économie de 17 à 27 nations, par idéologie et par égoïsme cupide, c'est un cas de haute trahison. Et la BCE sera dirigée par un ancien de Goldman Sachs !









samedi 1 octobre 2011

cette semaine

En suivant distraitemenent les titres de presse politiques cette dernière semaine, il surnage un écoeurement qui le dispute au dégoût.



Certes le Sénat est passé « à gauche », c'est-à-dire que le parti socialiste a obtenu la majorité et la présidence de cette assemblée élue au suffrage indirect, pour la première fois depuis la cinquième république. Qu'est-ce que cela change, concrètement, pour les citoyens français ? Rien. Mais laissons le temps au temps.



Les « affaires » suivent leur cours judiciaire, avec les enquêtes journalistiques, les démentis et accusations de responsables politiques ou d'intermédiaires (je ne savais pas que ce fût une profession). M. Bourgi est remplacé sur le devant de la scène par M. Takieddine, mais toujours pour des financements occultes pour des hommes politiques. J'avais cru que le contribuable finançait les campagnes électorales. Avec l'affaire Woerth nous avons découvert qu'il existait des dons en espèces, puis qu'il existait aussi des micro-partis fondés pour siphonner (collecter) des dons privés, … Sans compter les ventes de colifichets payées en billets de 200 et de 500€. Et le conseil constitutionnel aurait validé des comptes de campagne électorale qu'il savait faux, uniquement pour des raisons politiques ! Et qui paye, in fine, les commissions (et rétro-commissions) sur les ventes d'armes, voire sur d'autres contrats ? D'autant qu'il existe une plus forte suspicion dans l'affaire Karachi, où au moins onze personnes auraient payé de leurs vies des malversations financières dont elles ignoraient tout.



Des sondages indiquent que le président de la république est mal aimé : il ne paraîtrait plus comme candidat légitime à sa propre succession (pour 975 personnes interrogées, excusez du peu). Mais il serait le meilleur candidat pour l'UMP. Devant MM Fillon et Juppé (opportunément mis en valeur dans les médias, comme « recours »). D'autres sondages aussi farfelus tentent de départager les candidats à la primaire du parti socialiste et font l'élection présidentielle de 2012. Les sondages remplacent depuis bien des annés l'information politique, elle-même réduite à de la « communication », en clair, à de la propagande. Il est vrai que les instituts de sondage livrent avec leurs chiffres une analyse pré-mâchée pour rédactions paresseuses ou intellectuellement indigentes. L'analyse des enjeux de telle ou telle loi, le point sur un débat qui engage le pays dans une voie ou une autre, … désertent les rédactions au profit du « paquetage communicationnel ». Que l'on s'étonne ensuite de la désaffection des lecteurs de la presse écrite relève de la pathologie.



Au fait, la presse nationale a-t-elle parlé des difficultés sociales , des « plans sociaux » (euphémisme moderne pour désigner la mise à mort économique) ? Il a fallu que des employés se mettent en grève de la faim pour que la presse nationale daigne leur consacrer un article.



Pendant ce temps, les banksters et les politiques qui leur sont inféodés continuent leur pillage.

vendredi 23 septembre 2011

Des "affaires" de cet automne

La lenteur des procédures judiciaires a cela de cruel qu'elle provoque des téléscopages au pire moment.

Pour cette saison de l'automne 2011 éclosent ou remontent à la surface au moins trois affaires concernant nos politiques : les emplois fictifs de la mairie de Paris sous Jacques Chirac, les mallettes de billets de Bourgi (seraient concernés Jean-Marie Le Pen, Dominique de Villepin), et l'affaire Karachi (sans compter celle des frégates de Taïwan, résolue par une amende aux frais des contribuables).

Certes, il peut paraître suspect que M. Bourgi soit saisi de remords en période préélectorale alors qu'il aurait convoyé des mallettes d'argent liquide de pays africains à destination de candidats français aux élections présidentielles. Ce "remords" tardif disqualifie d'avance M. Bourgi, d'autant que les transactions secrètes dont il fait état n'ont pas laissé de traces, car secrètes : rien ne peut être prouvé devant la justice.

L'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris semble assez connue de nos concitoyens : Jacques Chirac aurait fait embaucher et rétribuer par la municipalité de purs agents électoraux. Ceci dit sous forme de litote, et sans compter d'autres faits scandaleux : les "frais de bouche" pharaoniques, les voyages et séjours payés en espèces de provenance inconnue, ... Après les douze ans de mandat présidentiel - et l'immunité opportunément accordée - un non-lieu reste hautement probable : il est trop vieux !
Surtout, le système de siphonnage qu'il avait mis au point pour alimenter les caisses de son parti et de ses campagnes électorales commence à dater. Un non-lieu satisfera tout le monde (chez les politiques) : il tourne la page d'un ancien système de corruption et de prévarication (ce qui évite aux anciens complices d'être mis en cause : ils sont trop nombreux) ; il évite d'enquêter sur de nouvelles façons, peu légales, de financer les campagnes électorales. Mais un non-lieu serait aussi entériner ces pratiques, voire les légitimer a posteriori. Et en couvrir d'autres, qui ont succédé. Imagine-t-on qu'un trafiquant quelconque et de substances quelconques, ait sévi au moins dix ans, "sans enrichissement personnel" (mais avec un train de vie presque luxueux), imagine-t-on que ce trafiquant bénéficierait d'un non-lieu ? La délinquance des cols blancs est déjà moins sanctionnée à proportion du dol induit, mais celle des politiques et des responsables ne l'est pratiquement pas : impunité !

L'affaire Karachi ressurgit dans la presse grâce à la ténacité de juges, mais surtout des familles qui ont voulu que justice soit faite (et dont le courage doit être loué : plus de dix ans de bataille).
Pour survoler très vite l'affaire, qu'apprend-on ?
  • Des sous-marins de conception française ont été vendus au Pakistan. Cocorico : la technologie française s'exporte bien (dommage qu'il ne s'agisse que d'armements).
  • Mais il a fallu rétribuer des intermédiaires pour la transaction. Ah bon ? Donc la technologie française qui s'exporte n'est pas si prisée puisqu'elle a besoin de corrompre... Bel exemple !
  • Les commissions n'auraient pas été réglées dans leur totalité, suite à un changement de gouvernement en France (rupture de contrat partiellement occulte). 
  • Furieux, les commissionnaires ou leurs récipiendaires auraient organisé un attentat visant les ingénieurs affectés à la formation des personnels et à la maintenance des sous-marins vendus au Pakistan.
  • Mais l'on suspecte qu'il y aurait eu des "rétro commissions" pour alimenter les caisses de la campagne électorale de M. Balladur, en 1995.
 C'est là que réside le scandale : au moins onze civils français sont morts pour des questions de financement politique auxquels ils étaient parfaitement étrangers. Et que l'on a nié. Sans la ténacité des familles de victimes, l'affaire n'existerait plus : rendons hommage à ces citoyens épris de vérité et de justice.

En effet, si pour paraphraser Shakespeare, dans Hamlet, "il y a quelque chose de pourri au royaume de [France]", les actions citoyennes laissent de l'espoir.
Puissent-elles se développer.




samedi 10 septembre 2011

de la division

Les conflits d'intérêts sont l'essence du débat public, et leur gestion inspire la loi et la jurisprudence.Le politique, au sens noble, devrait orienter les débats vers la plus grande cohésion. Mais trop souvent (et presque toujours) il s'agit de 
"Diviser pour régner, qui provient du latin « Divide et impera ». La phrase correspondante en grec ancien est « Διαίρει καὶ βασίλευε » (Diaírei kaì basíleve).
  • En politique et en sociologie, diviser pour régner est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d'un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer. Cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui implémente la stratégie, et permet de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question." (wikipedia)

La stratégie de la division est systématique dans le discours politique, conservateur de préférence, mais ailleurs aussi.

Ainsi lance-t-on des campagnes de presse où l'on fustige les "bénéficiaires" du RSA, qui à force de cumuls, pourraient gagner presque le SMIC en ne faisant rien. Il s'agit aussi de dresser les contribuables contre ceux qui ont des revenus si faibles qu'ils ne paient pas d'impôt sur leur revenu. Les immigrés contre les "français de souche", les immigrés légaux contre les clandestins, les fonctionnaires contre les autres salariés, etc. Il ne se passe pas un mois sans que l'une ou l'autre catégorie de la population ne soit désignée à la vindicte des autres. Catégories souvent artificielles par ailleurs : les éleveurs n'ont pas grand rapport avec les vignerons ou les céréaliers, ni entre eux selon ce qu'ils élèvent et dans quelle région. 


Ces divisions ont assez souvent une double fonction : dissimuler ceux qui tirent profit du système, et affaiblir ceux qui, s'ils étaient unis, pourraient remettre en question ledit système, voire abolir les privilèges que les "profiteurs" se sont accaparés. Il s'agit donc de diviser ceux qui sont les plus nombreux, afin qu'ils ne prennent pas conscience de leur force. 
Parallèlement, il faut garantir une relative stabilité au système pour qu'il perdure malgré des changements (souvent cosmétiques). Dans le film Le guépard un aristocrate dit en substance : "il faut que tout change afin que rien ne change".


La notion "d'intérêt général" devrait subsumer les divisions entre des intérêts particuliers et catégoriels contradictoires. Mais l'on peut, à bon droit, la suspecter de couvrir les intérêts de la caste dominante. Le plus souvent, l'usage de cette notion participe d'un discours où l'on demande des sacrifices à une partie de la population (la plus nombreuse), que l'on a préalablement culpabilisée. Et ce, au profit d'une minorité qui reste dans l'ombre. Soit l'exemple des autoroutes, en France. L'état a modernisé le réseau routier en construisant des autoroutes, facturées par les entreprises de BTP avec bénéfices (elles ont prospéré au point de devenir internationales pour certaines). Le transport routier a ensuite connu une forte croissance. Enfin, les autoroutes ont été privatisées (à prix cassé), ce qui assure une rente aux sociétés acheteuses. Le contribuable a ainsi financé les bénéfices des sociétés de BTP, de transport routier, des sociétés d'autoroutes, et il lui reste l'insigne privilège, en tant qu'automobiliste, de payer encore la dîme aux péages ! L'intérêt général, en l'occurrence, a servi bien des intérêts particuliers et privés au détriment du contribuable, qui paye encore et toujours.  


Faut-il désespérer de "l'intérêt général" et ne considérer que les intérêts catégoriels ou particuliers ? Faut-il se résoudre à vivre dans une société divisée, celle du chacun pour soi et seul contre tous ? Non, bien évidemment, car ce ne serait plus une société. Et le monde associatif donne chaque jour l'exemple de ces citoyens altruistes qui promeuvent le "vivre ensemble", bénévolement, et qui tissent patiemment les liens sociaux, des solidarités.


Mais leur action est souvent masquée par les discours de division, qui fustigent tour à tour l'une ou l'autre catégorie de la population, pour assouvir la soif de pouvoir des uns ou la cupidité des autres.