dimanche 25 décembre 2011

soyons fous, privatisons l'éducation

Privatiser l'éducation nationale
L'éducation nationale, en France, représente un poste de dépense budgétaire très important pour l 'État. Il peut être restreint de diverses façons, mais imposer aux collectivités locales de financer l'éducation (qui ne serait plus nationale, mais régionale) revient à jouer au bonneteau, puisqu'il s'agira de dépense publique. Or la dépense publique est à la peine ces dernières années. Une solution serait la privatisation de l'éducation, ou plutôt de l'instruction encore publique.

1- L'enseignement supérieur.
1-1. Les écoles.
Écoles d'ingénieurs, de gestion,... et grandes écoles se livrent à une concurrence acharnée pour recruter les meilleurs potentiels et créer un « cercle vertueux » : le recrutement sélectif et une formation exigeante débouchent sur des emplois bien rémunérés et sur la satisfaction des entreprises clientes, lesquelles viennent prospecter leurs futurs ingénieurs, lesquels mettent à leur tour en avant leur école d'origine, etc.
Ce cercle vertueux existe pour certaines écoles, mais elle sont encore subventionnées.

La première mesure à prendre pour les écoles serait d'arrêter de les subventionner. Dans un premier temps en bloquant les subventions à niveau constant, dans un second temps en les supprimant progressivement. Familles et entreprises prendraient le relais du coût de la formation (avec un droit de regard sur celle-ci). Quitte à accorder de véritables bourses sous condition de revenu des parents, et avec obligation de réussir le cursus ou avec un pré-contrat d'embauche et d'engagement à travailler l'équivalent du cursus pour les bourses accordées par les entreprises ou groupements d'entreprises.
 
1-2. Les Universités.
 Si elles coûtent moins cher par étudiant formé que les « écoles », les universités  suscitent    la méfiance de nombre d'embaucheurs. Surtout en France, où un cursus atypique est suspect. Ajoutons à cela que la prétention de l'Université à former à la recherche est suspecte. D'abord la recherche en elle-même est l'objet de suspicion : en entreprise, quelle fonction un chercheur peut-il avoir ?
La loi sur l'autonomie des universités contraint celles-ci à une gestion plus rigoureuse des financements publics mais permet également la participation du secteur privé à leur financement. Il est souhaitable que les entreprises sollicitées aient leur mot à dire quant à la professionnalisation des études universitaires : soit en fin de cursus, soit pour les cursus courts (type licence). Les filières « libres » resteront bien évidemment, mais l'étudiant qui choisit l'histoire de l'art, devra construire lui-même son projet professionnel.
La recherche restera une mission pour les universités, mais en mutualisant leurs moyens pour atteindre une taille critique, par bassins régionaux ou de plus grande taille. Une agence gouvernementale veillera à ce que la recherche « fondamentale » se développe et soit valorisée.

2- L'enseignement secondaire.
2-1. Faut-il privatiser les collèges ?
En France, les collèges « couvrent » l'obligation scolaire légale (jusqu'à seize ans), vus les redoublements fréquents. Il existe déjà des collèges privés, de deux types : totalement privés et privés sous contrat. Les établissements privés sous contrat (primaires, collèges et lycées) ont un fonctionnement proche des établissements publics : mêmes programmes, enseignants rémunérés par l'Etat, … Il conviendra de leur rendre leur liberté, progressivement, en cessant le recrutement de quasi-fonctionnaires au profit de contrats renouvelables de trois, six ou neuf ans (comme pour les baux agricoles).
Dès lors, il n'y aura plus que deux secteurs (dans un premier temps) : le secteur privé et le secteur public. Le secteur privé s'autofinancera et ne saurait être subventionné par la puissance publique (collectivités locales ou état) à plus de 10%. Le secteur public sera financé par les collectivités locales principalement. Les contrats des collèges publics seront donc revus lors des élections régionales. Les régions pourront choisir de privatiser les collèges publics ou d'inclure dans le secteur public les collèges dont elles auront gardé la propriété foncière ou qu'elles auront bâtis.
Il est à prévoir qu'à moyen terme le privé, s'il est plus efficient, concernera la plupart des collèges.


L'obligation de résultats sera jugée par les examens et diplômes nationaux obtenus en fin de cycle. Ces diplômes resteront de la responsabilité de l'Etat, dont c'est une prérogative régalienne.

2.2- Les Lycées.
Les lycées n'ont pas vocation à rester dans le secteur public, sauf pour quelques filières intégrées dont l'état peut avoir besoin : l'on reviendrait à l'esprit qui présida à la fondation des lycées par Napoléon : fournir à l'Etat les personnels qualifiés dont il a besoin (avec un prolongement par des écoles spécifiques).

L'état organise et garantit les diplômes délivrés à l'issue du lycée. Toutefois, ce nouveau baccalauréat ne donnera pas un accès automatique aux écoles ou aux universités, qui organiseront elles-mêmes leur recrutement (dans les règles évidentes d'équité, etc.).

Il va de soi que l'apprentissage sera développé au maximum pour ceux qui ne veulent ou peuvent suivre d'études en lycée. Les systèmes de validation des acquis et la formation tout au long de la vie seront développés pour que formation initiale et continu(é)e puissent avoir la même valeur sur le marché du travail.

Bilan (provisoire)
L'Etat peut se désengager de l'instruction, la laissant au secteur privé. Il convient néanmoins qu'il garde la mainmise sur les diplômes, leur garantissant une validité la plus large possible.

1 commentaire:

  1. Mais je me rends compte que la privatisation est déjà bien initiée. Même s'il lui manque encore une masse critique dans le secondaire (le supérieur est en cours de privatisation, et le sera de plus en plus : l'irréversibilité sera atteinte dans trois ans au plus).

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