lundi 30 mai 2011

élites (2)

Dans le billet précédent était posée la question "à quoi reconnaît-on les élites, en France" ?

La première réponse qui vient à l'esprit est la suivante : le viol du principe républicain d'égalité.En effet, les élites ne se sentent pas tenues de respecter la loi commune, alors qu'elles la prononcent pour "les autres", c'est à dire l'ensemble de la population. Cette façon de se penser "au-dessus des lois" est perçue comme une forme d'arrogance pour les victimes, et comme un entre-soi pour les bénéficiaires. 

vendredi 27 mai 2011

élites

Il est une référence fréquente aux élites qui dirigeraient notre pays. Le Trésor de la Langue Française (TLF), dans sa version informatisée (tlfi : atilf.atilf.fr/tlf.htm) donne la définition suivante :
"2. Au plur. avec art. déf. (néol. début XXe s.). Classe minoritaire composée de gens qui, du fait de leur naissance et de leurs mérites, de leur culture et de leur capacité sont reconnus (ou se reconnaissent) comme les plus aptes soit à occuper les premières places de la société à laquelle ils appartiennent, soit à donner le ton à leur milieu. Les élites ouvrières, locales; le poids des élites. Son astuce a été de persuader nos élites que l'anticléricalisme était « primaire » (VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p. 72). Il me fallait donc prendre appui dans le peuple plutôt que dans les « élites » qui, entre lui et moi, tendaient à s'interposer (DE GAULLE, Mém. guerre, 1959, p. 8).
En partic., péj. Milieux restreints d'une société dont les membres s'arrogent le droit de juger des choses de l'esprit, de faire et de défaire les réputations. Son [de Jean Marais] instinct le dresse contre le chœur, le vox populi, le verdict des élites (COCTEAU, Poés. crit. I, 1959, p. 236)."

L'on remarquera qu'il s'agit tout d'abord d'une "classe minoritaire", donc de gens qui s'identifient par leur appartenance à une "classe", c'est-à-dire à un groupe social qui, partageant les mêmes valeurs, se distingue du vulgum pecus, du peuple, ou de la nation dans son ensemble. Certes on a longtemps parlé de "classe ouvrière", mais c'était dans un autre contexte, celui de la "lutte des classes". Rien à voir avec la question des élites.
La suite de la définition met en premier lieu la naissance : les élites seraient donc un avatar de l'aristocratie. Deuxième terme, "leurs mérites" : ceux-ci s'acquièrent par la reconnaissance d'un milieu social souvent restreint, de préférence dominant. Les "mérites", au pluriel, sont rarement concédés aux travailleurs subalternes. Ceux-ci peuvent tout au plus, dans certaines professions, obtenir une médaille du mérite.
Troisième terme, la "culture". Mais ici il s'agit de la culture de la classe dominante : un ensemble complexe de références culturelles (littéraires, artistiques, philosophiques, ...), de "valeurs", de codes sociaux et comportementaux, de façons de s'exprimer, de manières de vivre.
Quatrième terme : la "capacité". Terme exquis. Parce qu'il réfère à la virtualité : être capable de quelque chose n'implique pas un début de réalisation de ladite chose, mais un pari sur une réalisation éventuelle (sauf dans les cours de récréation où "t'es pas cap'" est un défi à relever).
La suite de la définition "sont reconnus (ou se reconnaissent) comme les plus aptes" est presque satirique, avec la parenthèse. Car ces gens ne sont reconnus que par leurs semblables, c'est-à-dire qu'ils se reconnaissent entre eux (voir la parenthèse, prudente).

De façon plus radicale, les élites sont des groupes sociaux minoritaires qui se désignent comme supérieurs, s'autorecrutent, cherchent à se reproduire (à durer), et visent à diriger la conduite des affaires publiques (notamment) en faisant fi principalement du principe républicain d'égalité.

Qui sont les élites en France, de nos jours ? et à quoi les reconnaître, en républicain ? (prochain épisode)

dimanche 22 mai 2011

la question du "modèle"

Régulièrement, la question du "modèle" sature ce qui semble être une réflexion sur la société.
Malheureusement les effets de mode donnent des "modèles" successivement exposés, mais tronqués, une vision partielle (et partiale) dont le but ultime est de nier qu'il existe un "modèle français" et surtout de pointer ses lacunes, que ce soit dans le discours économique ou social. Par exemple, la presse a beaucoup évoqué le "modèle danois", sous l'angle de la "flexisécurité". L'on imprimait à l'époque que le travailleur danois pouvait être licencié plus facilement qu'en France, mais que l'agence pour retrouver un emploi était plus efficace, associant activement employeurs et syndicats de travailleurs.
Que reste-t-il de ce "modèle" dans les discours des responsables ? Le Medef a retenu la "flexibilité" pour le salarié. Et c'est la collectivité qui devra assumer la "sécurité", sans que les entreprises payent ! En somme, l'état et l'UNEDIC (ou un autre organisme) assumeront la formation des salariés en manque d'emploi du fait de la flexibilité.

Le plus grand problème à résoudre est celui de l'emploi. Et les "modèles" tels qu'appliqués ne sont que des rustines. 

Le plus souvent, les "modèles" cités le sont en dépit de leur contexte. Ce qui permet soit d'en retenir l'aspect qui arrange tel ou tel (en général le Medef, plus écouté que les syndicats), soit d'indiquer que le modèle est inapplicable en France (surtout s'il comporte une avancée sociale par rapport à la situation des travailleurs).  


Surtout, la référence à des "modèles" étrangers permet d'éviter de poser les questions nécessaires en France, et de chercher des solutions qui risqueraient de froisser (les pouvoirs établis, les lobbys, ...).
Certes, l'on parle du "modèle français" quand il s'agit de faire avaliser une "réforme" perdant-perdant comme celle des retraites : cotiser plus pour avoir moins, avec en affichage "sauver les retraites par répartition" (c'étaient les "éléments de langage" distillés par la présidence de la république, dûment concoctés par des agences dites de communication).


Il est pourtant légitime de s'inspirer de ce qui fonctionne mieux à l'étranger que chez nous. A condition de contextualiser. Et donc de chercher à l'adapter à notre contexte. Au lieu de quoi des gens fort diplômés subissent ou veulent nous faire subir l'attraction pour des "modèles". A suivre évidemment, et aveuglément. Et sans tenir compte de l'histoire de notre pays. 
En fait, et c'est pitoyable pour nos élites auto-proclamées, la référence aux modèles étrangers n'a donné que la dégradation des systèmes de protection sociale français élaborés dans les conflits mais intégrés in fine. Or il s'agit, dans les références aux "modèles", de s'aligner sur le "moins disant" social - en prenant des précautions rhétoriques que n'a pas suivi M. Dassaut en invitant ses ouvriers à suivre l'exemple chinois, et notamment dormir dans l'atelier.


Alors soyons radical et suivons le "modèle" du moins-disant social (qui reste implicite dans les discours actuels). 
Soit un travailleur à bas coût salarial, payé à l'heure, cotisant lui-même pour sa santé ou / et sa retraite, sans contrat durable (il faut de la flexibilité), et rémunéré en fonction des conditions de la concurrence. Cela ne vous rappelle rien ?

samedi 21 mai 2011

haro sur les pauvres

haro sur les pauvres


S'il est une constante dans le discours "de droite" c'est la dénonciation des pauvres. L'argumentaire (si tant est que ce soit un argumentaire) est globalement le suivant.

  1. La protection sociale coûte trop cher.
  2. Les prestations sociales dissuadent de chercher un emploi. Et ces prestations reviennent à assister leurs bénéficiaires, qui perdent toute volonté de s'insérer (par le travail).
  3. Il faut exiger des contreparties à ces prestations.
  4. Les fraudes sont trop nombreuses.
  5. Ces prestations reviennent à assister leurs bénéficiaires, qui perdent toute volonté de s'insérer (par le travail).


lundi 16 mai 2011

L'affaire DSK

Une petite hypothèse...
DSK avait loué une suite alors qu'il dispose d'un appartement à New York. Et s'il avait voulu réaliser un fantasme ? un scénario où une femme de ménage est "forcée" (alors que c'est une "travailleuse du sexe", dûment tarifée) ? Il suffirait que l'on ait eu vent de la transaction, pour manipuler : on ordonne à la vraie femme de ménage de faire la chambre de DSK, qui croit avoir affaire à son scénario pervers. Les deux auraient été manipulés.
Et pourquoi pas ?

Mais qui en profite ?