dimanche 28 août 2011

le temps qu'il fait

Du temps qu'il fait.


S'il est un sujet de conversation répandu, c'est bien le temps qu'il fait.

Dans nos villes, après les salutations d'usage, si l'on veut engager une conversation anodine, l'on parle très souvent météorologie. Ce genre de considérations n'est pas à prendre au sens littéral, bien entendu. Si votre interlocuteur vous dit qu'il pleut, vous le savez déjà, et il sait que vous le savez : il ne s'agit donc pas de partager une information ou de la transmettre. C'est plutôt une façon minimaliste de partager une expérience commune et immédiate (en ce sens qu'elle n'a pas besoin d'une quelconque médiation, d'un quelconque « filtre » culturel ou autre). Après ce partage, la conversation peut s'orienter vers des poncifs (en rhétorique : lieux communs, clichés), qui vont inaugurer la possibilité d'un échange.
« C'est normal pour la saison » ou « ce n'est pas normal pour la saison ». Le premier poncif semble fermer l'échange, ou le contraindre à un mode polémique (avec objection, etc.), la fermeture étant le cas le plus répandu, car polémiquer dans les interactions de bon voisinage est s'interdire celles-ci sur le long terme. En effet la polémique suppose un rapport de forces, un gagnant et un perdant, alors que le bon voisinage suppose une égalité (factice). Le second poncif est plus ouvert, car il invite à s'exprimer. Enfin, façon de parler, car le recours à d'autres poncifs est là encore bien balisé, soit sur le mode de l'expérience vécue (l'été 76 et sa sécheresse), soit sur le mode « il n'y a plus de saison », avec la variante récente du réchauffement climatique (en cours d'intégration dans les poncifs). L'on peut ensuite, mais c'est beaucoup plus rare, partager des expériences vécues comme celles de tel été exceptionnel, de tel hiver particulièrement rigoureux, etc. Ce partage d'expériences et de références communes ouvre la voie à un approfondissement de la communication de bon voisinage, sur d'autres sujets « consensuels » : la cherté de la vie, la difficulté d'élever les enfants, etc., toutes petites étapes qui peuvent mener à approfondir les relations jusqu'à l'amitié.

Il est donc facile de fustiger les échanges quotidiens sur le temps qu'il fait (la météo), mais c'est commettre un contresens sur leur fonction sociale.

Mais deviser du temps qu'il fait reste anecdotique. C'est prévoir ou prédire le temps qu'il fera qui importe. Or les changements sociologiques, ou plus modestement sociétaux, se mesurent aux références et aux façons de faire de la prévision météorologique. Curieusement la dialectique entre science constituée et tradition est en œuvre dans ce domaine, où la science « constituée », institutionnalisée, a gagné sa bataille contre une tradition empirique sans référent central.

Pour ce qui est de la tradition empirique, ayant à faire les foins en montagne, un vieil éleveur et agriculteur (de 84 ans), nous disait de ne faucher que jusqu'à midi quand telle montagne était ennuagée le matin avant neuf heures. Et en effet nous avions droit à un orage vers 16 heures. Si elle était dégagée le matin au-delà de dix heures, la journée était sèche jusqu'au soir. Même si elle s'ennuageait l'après-midi. Habitant les lieux depuis sa naissance, et observant les corrélations, il avait une « science » - au sens de connaissance – de la météorologie locale prédictive à plus de 80%. Ses observations s'étendaient à la période de la lunaison, et bien au-delà : ses décisions de plantations potagères étaient copiés dans la vallée avec succès. Au-delà de l'empirisme individuel, il existait tout un corpus oral transmis de génération en génération sous la forme de dictons, comme Noël au balcon, Pâques au tison. Bien entendu, ces dictons n'étaient pas toujours vérifiés (sic) et se contredisaient souvent entre eux. Mais est-on plus rigoureux quand on modélise des séries statistiques ?


Certes au XXe siècle surtout (mais le mouvement avait commencé au siècle précédent), la météorologie est devenue une science fondée sur des relevés précis, traités par des modèles mathématiques de plus en plus complexes... mais avec une capacité limitée à délivrer des prévisions fiables au-delà de dix jours (au moins pour le grand public)... et qui sont souvent réévaluées. Le plus étonnant (enfin, soyons faussement naïf) c'est qu'à la télévision, les prévisions météorologiques ont leur propre journal, autonome. Et depuis quelques années, il est diffusé en deux fois : avant le JT, en version brève, après le JT, en version plus longue. Avec un encadrement publicitaire dupliqué, évidemment. Sans compter que la météo est souvent l'un des sujets du JT. Car il est essentiel d'informer le citoyen de ce qu'il sait déjà (il en fait l'expérience) : il fait chaud, il neige, il pleut, il ne pleut pas, etc. En fait le mécanisme est plus pervers, en deux temps. Comme nous vous parlons de ce que vous vivez, nous sommes proches de votre quotidien, et de vous ; dans un premier temps. Dans un second temps : si nous vous parlons de votre vécu météorologique avec véracité, les autres informations sont aussi véridiques.


Pour en rester au journal météo (à la télévision), malgré les variations entre chaînes télévisuelles, les icônes symboliques restent d'une désespérante puérilité pour représenter le beau temps (un soleil sorti d'un cahier de coloriage de maternelle), la pluie, les orages, ... Pour compenser cette puérilité, des cartes plus techniques sont présentées : celle des fronts froids et chauds, des anticyclones, la plus spectaculaire restant à mon goût celle des impacts de foudre. Toutes sont des artefacts, des artifices. Ainsi, la science météorologique donne-t-elle lieu à un spectacle confiné dans les univers artificiels et clos des studios de télévision : paradoxal, car c'est à l'extérieur que s'exercent les phénomènes météorologiques : il ne pleut que dehors (heureusement). Sans compter les poncifs : le beau temps, c'est le soleil. Or tout agriculteur ou jardinier sait que la pluie est aussi une bénédiction (selon la période), et se prend parfois à souhaiter une semaine pluvieuse, voire une quinzaine ou un mois.


Enfin, les inégalités mondiales sont encore à l'oeuvre. Ce jour et hier, on nous a bassiné avec l'ouragan Irène frappant la côte est des Etats-Unis, mais un typhon frappait au même moment les Philippines, faisant au moins huit morts...

jeudi 18 août 2011

représentation nationale et locale



Dans sa rubrique « Minimares », le Canard Enchaîné du mercredi 17 août 2011, fait état d'une statistique établie par le « Nouvel Obs »(4/8) : la France a le plus grand nombre d'élus au monde (618384 soit un élu pour 104 habitants). Comme quoi la décentralisation a su créer des emplois.

Consternant à l'heure où l'on parle austérité, effort partagé, etc. Car tous ces élus sont « indemnisés » par l'impôt, autrement dit payés par le citoyen-contribuable.

Puisque l'on demande à la police, à la justice, à la santé, à l'éducation, etc. de justifier par des bilans chiffrés – souvent contestables – ce qu'elles coûtent à la nation (et c'est légitime), pourquoi ne pas soumettre aux mêmes règles la « représentation » et ses personnels ? Pourquoi ne pas appliquer la règle du non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite à nos « chers » élus (non remplacement d'un siège sur deux). En revoyant aussi le système de retraite des parlementaire pour l'aligner soit sur celui de la fonction publique, soit sur celui du régime général.

Qu'il y ait en moyenne un élu pour mille habitants, serait déjà pléthorique. Mais cela contribuerait à la diminution de la dépense publique, en la soulageant de la présence indemnisée de 90% des élus.

Qui plus est, les indemnités parlementaires pourraient être indexées sur les émoluments d'un corps de la fonction publique (un professeur agrégé ? Dont ils n'ont pas la compétence?). Indexation réciproque.

Ces quelques pistes ne peuvent être mises en œuvre par ceux qui profitent de ce système de prébendes aux frais du contribuable-citoyen. Alors que faire ?
Se résoudre à l'impuissance en voyant s'empiler les instances ? En voyant les votes locaux niés ? Ou se lancer dans l'activisme en montant des pétitions ?
Je n'ai pas la solution, sinon je l'aurais proposée...
D'autant que je n'ai pas osé poser la question de fond : à quoi servent tous ces élus ? 

dimanche 14 août 2011

un nationaliste n'est pas un extrémiste

Un article de Slate.fr me fait réagir ici, même brièvement, parce que j'y trouve un concentré de la pensée politiquement correcte qui aboutit au déni de la réalité. Et parce que j'ai déjà lu des articles de la même teneur dans d'autres médias.
De quoi s'agit-il dans l'ensemble de ces articles ? De partir du cas de Breivik en Norvège pour s'en prendre à l'ensemble des mouvements qui se proclament nationalistes, et pour leur attribuer une étiquette de mouvements extrémistes. Les idées nationalistes sont en même temps fustigées, car elles favoriseraient des dérives telles que celle de Breivik.

Il existe une offensive médiatique pour déconsidérer le sentiment national et l'assimiler à des formes extrêmes, voire criminelles. Mais parle-t-on ainsi des supporters qui défilent avec le drapeau algérien (à l'occasion) à Marseille ? Pourquoi ne tolérer les manifestations d'identité que lorsqu'elles tiennent du folklore ?

1 – L'acte criminel d'un tueur en série ne devrait pas être traité comme politique. Sinon, le tueur de l'Ohio qui a opéré peu après Breivik, devrait susciter l 'opprobre sur tous les protestants, et ainsi de suite. Qui plus est, le « manifeste » diffusé sur internet par Breivik est délirant. Faudrait-il pour autant fustiger tout propos « délirant » posté par un internaute ?

2 – L'article ( et ses semblables) vise à déconsidérer les discours nationalistes ou identitaires en les présentant comme criminogènes. Affirmer et revendiquer ses racines serait un pousse-au-crime, si l'on est français, ou européen, mais non si l'on est  extra-européen ! Le « multiculturalisme » ne serait pas critiquable parce que que dénoncé par des manifestations identitaires (certes provocatrices pour une petite partie d'entre elles). Mais si l'on dit que le « multiculturalisme » ne fonctionne pas quand il est imposé, toujours aux mêmes ? Que les quartiers où il est censé se développer sont ou deviennent des ghettos ? Les jeunes filles se voilent ou passent pour des p... sur lesquelles les mâles ont des « droits ».

3- Est-il criminogène de protester quand la cantine scolaire financée sur fonds publics (par les contribuables « qui en ont les moyens »), sert des menus « hallal » pour complaire à une minorité dite « visible ». Est-il criminogène de faire le triste constat que votre fils s'est fait dépouiller en bande à trois reprises en un an, et toujours par le même type d'individus ? Est-il acceptable de devoir renoncer à fréquenter la terrasse d'une brasserie parce que des bronzés en faux lacoste menacent les clients qui ne leur conviennent pas ? Avec des propos racistes...et injurieux. Pour effectuer leurs trafics sans témoins. Est-il acceptable de devoir changer d'itinéraire pour ne pas être importuné par une bande de "jeunes" très typés qui considèrent qu'un trottoir leur appartient, alors qu'ils habitent un autre quartier ? 


4- La presse française a brocardé les Suisses quand ils ont voté pour interdire les minarets (et non les mosquées). Au moins ont-ils pu voter ! Dans nos villes, en France, ce sont toujours les mêmes quartiers qui subissent les désagréments d'une immigration subie et excessive. Mais les habitants n'ont pas à s'exprimer. Mieux, les bien-pensants, à l'abri dans leurs ghettos de riches, conspuent leurs concitoyens moins bien lotis, qui seraient xénophobes, voire racistes. Et ce par voie de presse (quel  courage !). Quant à être fiers de leur appartenance à une nation qui fut grande, ils n'en ont pas le droit, ni la dignité : le savez-vous, ils sont pauvres... enfin plus pauvres que "nous"...

La presse continue à s'aveugler et à ignorer le cri de détresse des plus pauvres de nos citoyens. Les humilier les radicalisera davantage : je vous l'avais bien dit. 
Craignez leur colère, car elle sera terrible, aveugle et violente.

samedi 13 août 2011

Des sondages

Les médias font régulièrement état de sondages et les politiques en utilisent aussi les résultats.

Et de plus en plus souvent, ces « études d'opinion » sont traitées comme de véritables informations par les médias. Avec les abus de langage de l'inculture (ou de la manipulation) journalistique : « trente pour cent des Français pensent que ... », au lieu de « trente pour cent du panel interrogé par l'institut X pense que ... ». À ce propos, il convient de relever une impropriété quant au terme d'institut, employé pour une entreprise privée qui a pour objectif la rentabilité et non la science (Mme Parisot, actuelle présidente du MEDEF, ne pourra dire le contraire).

La critique des sondages porte le plus souvent sur leur prétendue scientificité et sur leur méthodologie. Ces querelles techniciennes, sur l'outil statistique, sur la représentativité de l'échantillon ou du « panel » interrogé, sur les méthodes de « redressement » des résultats bruts, etc... toutes ces querelles occultent les questions de fond, qui pour partie sont les suivantes.
Qui commande des sondages, pourquoi (la cause), pour quoi (le but) ? Pourquoi et pour qui en publier les résultats, rendus « présentables » ?

Si l'on se pose la question des sondages publiés, il convient d'écarter les sondages commandités par des entreprises pour connaître le « positionnement » d'un marque ou d'un produit. Les résultats de ces sondages sont rarement publiés dans la presse généraliste.

Restent les sondages politiques et « sociétaux » qui constituent, selon les périodes, jusqu'à 5% de « l'information » publiée ou mise en ligne.

Qui les commandite ? En termes moins corrects : qui paie la facture initiale (pour la facture finale chacun se reconnaîtra) ? Dans nombre de cas ce sont les médias eux-mêmes, et ils ont l'obligation légale de l'indiquer (exemple : "sondage BVA-l'Express-RTL"). Quand on connaît la pusillanime indépendance des médias français, savoir qui a payé un sondage revient presque à en connaître le résultat et l'interprétation – fournie clés en main par l 'entreprise de sondages – et présentée par les médias comme une « analyse », moyennant quelques retouches de la rédaction. Première tromperie du lecteur final, payant le prix pour de l'information, et non pour des études d'opinion données pour informations. Deuxième tromperie, frôlant l'abus de biens sociaux. Ce qui a fait scandale (enfin veut-on le croire, car cela a été étouffé), c'est que les résultats « interprétés » de certaines enquêtes d'opinion commanditées (payées) par le gouvernement se trouvaient diffusées gratuitement par la presse, mais en tant que sondages effectués pour le compte de celle-ci. Ces sondages étaient in fine aux frais du contribuable, et non du lecteur de tel ou tel journal. Troisième tromperie : les résultats sont le plus souvent conformes aux attentes du « client ».

À retenir, dans un premier temps :
  • les sondages ne sont pas de l'information
  • leur publication vise à influencer « l'opinion publique », en feignant de la refléter
  • selon qui paie, le résultat sera favorable ; mais en fin de compte c'est toujours vous qui paierez
  • quelles que soient les arguties techniques, on ne peut pas refléter l'opinion de soixante millions de Français avec un échantillon de mille personnes interrogées
  • qu'un organe de presse publie beaucoup de sondages est un signe d'indigence journalistique

La dette : il ne fallait pas vivre au-dessus des ses moyens !

A l'occasion de la crise financière qui dure depuis 2008, ressort une ancienne antienne : nous, Français, aurions vécu au-dessus de nos moyens depuis les années 1970. Et de nous dire que chacun de nous aurait une dette personnelle faramineuse (les chiffres donnés par les médias varient trop pour que je les reproduise).

Faux. Celui qui s'endette inconsidérément finit en commission de surendettement, avec un plan d'apurement de ses dettes "restructurées", et des années de remboursement et de surveillance, et autres restrictions financières. Donc les Français, pris individuellement, n'ont pas pu vivre au-dessus de leurs moyens : c'est tout bonnement interdit.

Et collectivement ? Comment les citoyens peuvent-ils s'endetter collectivement ? 
Soit une petite municipalité dont le conseil municipal, lors d'une réunion publique (comme elles doivent l'être), a pris la décision de souscrire un emprunt sur dix ans pour financer d'importants travaux de voirie (installation du tout-à-l'égout et réfection de routes).  Si tout se passe normalement et légalement, les entreprises qui souscrivent à l'appel d'offres ne dépassent pas le devis qu'elles ont présenté, et l'organisme prêteur propose un échéancier clair. La municipalité a auparavant effectué ses calculs sur la base de ses recettes (l'impôt), maintenues ou augmentées dans le cadre de la loi. Il est entendu que les citoyens assistant au conseil municipal sont vigilants, et interpellent leurs élus en cas de désaccord, ce qui oblige à chercher un consensus, à débattre, ... Vision idyllique de la démocratie en oeuvre ? Certes, mais cela existe encore, heureusement.
Mais... même à ce niveau, des dérives existent souvent. Un maire autocrate suivi par un conseil municipal composé en majorité d'obligés peut prendre des décisions contraires à l'intérêt commun, ou dolosives pour ses opposants (du "bon" usage d'un Plan d'Occupation des Sols, d'une modification d'une route, d'une expropriation d'intérêt public, de l'attribution ou de retrait d'une subvention, ...). Si cet autocrate est un peu mégalomane (on dit poliment "avoir une vision pour la commune"), il peut endetter la municipalité au-delà de ses capacités, car il ne manquera pas d'aigrefins prêts à lui complaire avec des offres de crédits complexes mais juteuses (et souvent exotiques). C'est ainsi que certaines municipalités se sont trouvées avec des emprunts indexés sur les cours des devises, sur l'immobilier américain, etc (l'imagination des financiers est sans limites, le croiriez-vous - quand il s'agit de dépouiller son prochain). L'on voit aussi des entreprises abuser sur leurs facturations aux collectivités locales.Les cours des comptes régionales exercent un contrôle a posteriori et ces abus ne devraient pas exister ... quand ces cours ne sont pas débordées, quand les délibérations ont été réellement publiques, quand ... 
Le résultat est que certaines communes se trouvent endettées par manque de transparence démocratique, notamment. Ce sont les contribuables locaux qui paieront la facture, et les élections n'y feront rien : "sortir" une équipe municipale ne vaut pas rupture des contrats qu'elle a soucrits, sauf à engager des procédures plus longues qu'un mandat municipal (voire deux).


Que l'on songe à d'autres instances : une agglomération, un conseil général ou régional,... Les décisions d'emprunt et d'endettement sont plus opaques. On nous dit que c'est par nécessité : les dossiers d'investissement seraient plus complexes, nécessiteraient plus d'expertise (enfin l'enfumage habituel : le citoyen n'est pas compétent, sauf pour payer). 

Que dire au niveau de l'état, dont les ministères sont incapables de chiffrer précisément leurs effectifs. Il est vrai que les énarques ont découvert le tableur (après tout le monde) et en jouent. Ainsi, en additionnant les heures légales de décharge syndicale, et en divisant la somme par des équivalents de postes à temps complet, l'on peut affirmer qu'il y a tant de fonctionnaires qui sont payés et qui n'exercent pas. Ce qui s'avère totalement faux sur le terrain, où les représentants syndicaux travaillent réellement. Mais l'on oublie judicieusement toutes les instances, comités, ... où sont recasés et mieux, détachés, les "amis". Donc, si l'on veut réduire la dépense publique, il faudrait d'abord la comptabiliser sérieusement, et honnêtement. En n'oubliant pas non plus en quoi cette "dépense" nourrit nombre d'entreprises privées qui surfacturent leurs prestations et produisent de la valeur pour les actionnaires au détriment de la collectivité (pour la distribution de l'eau par exemple).
 
Sans parler de l'influence des "lobbys" - groupes de pression en bon français - qui défendent des intérêts catégoriels auprès du parlement et du gouvernement (quand ils ne placent pas directement leurs affidés au pouvoir). Ceux qui ont le plus de moyens sont les mieux organisés et les plus à même d'influencer les décisions, entre autres d'endettement. Ici, la parole du citoyen n'a plus aucune incidence, mais il payera, en tant que contribuable et en tant que consommateur (TVA). Un exemple brutal : si la France s'endette sur les marchés depuis 1973, qui a été consulté, comme citoyen ? 

Alors, endettés les Français ? Par qui ? Et comment faire payer les responsables ?

jeudi 4 août 2011

votre argent ne vous appartient pas


Si vous touchez un salaire ou d'autres prestations, vous pouvez considérer qu'il s'agit de votre argent. Mais vous n'en voyez guère la couleur.

Premièrement, vous êtes obligé d'avoir un compte bancaire sur lequel sont versés les salaires ou autres prestations financières. Mais ce compte engendre des frais (dits de gestion, par exemple), auxquels vous ne pouvez échapper. Premier cas de racket légal, il va sans dire. Sans compter que ce qui vous est versé a été encaissé plus tôt et a pu « tourner », c'est-à-dire être placé et rapporter des intérêts (dont vous ne bénéficierez pas).

Deuxièmement, au vu de votre relevé bancaire, les fonds dont vous croyez disposer ne sont pas disponibles. Les retraits d'espèces aux distributeurs automatiques (DAB) sont plafonnés et deviennent de plus en plus payants. Les achats par carte sont également plafonnés. Quant aux chèques, leur usage est de plus en plus malaisé. Il ne reste que la solution de se rendre dans son agence pour retirer son argent en espèces, encore faut-il affronter la queue et téléphoner à l'avance. Il est à signaler que la carte de crédit est payante, et les carnets de chèques le sont assez souvent. En bref, il faut payer pour avoir un accès limité à son argent.

Troisièmement, si vous souhaitez épargner un tant soit peu sur un livret A (pour anticiper vos factures par exemple), sachez que votre mise est comptabilisée parmi les fonds propres de la banque. En d'autres termes, la banque se considère comme propriétaire de vos fonds, légalement ! Sans compter que les intérêts servis sur un tel livret sont toujours en retard sur l'inflation réelle – celle que vous subissez, et non celle que calcule le gouvernement.

En somme, depuis au moins les années soixante du siècle dernier, les citoyens ont été silencieusement dépossédés de leur argent, puisqu'ils n'en ont plus le libre usage. Et l'on parle de libéralisme ?