dimanche 23 octobre 2011

crise de l'europe

Au niveau d'un modeste citoyen français comme je le suis (avec plusieurs millions d'autres), la crise européenne relève d'une mauvaise série télévisuelle. Qui de plus écrase d'autres informations, comme celles sur les mouvements sociaux (par exemple).

Alors que peut-on comprendre, concrètement ? Que la Grèce est endettée auprès des "marchés". Et que lesdits marchés sont des banques privées, notamment françaises. Que l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, la France, sont à des degrés divers, dans le cas de la Grèce : une dette d'état difficile à rembourser... aux marchés, c'est-à-dire aux banques (voire aux assurances-vie). Aussi est-il demandé aux états de réduire leurs dépenses pour rembourser leurs dettes. 
Je sais que je simplifie, mais ne déforme pas trop la réalité que les médias nous servent.

Mais pourquoi les états doivent-ils passer par l'emprunt aux marchés pour financer des projets d'avenir? Si la France de de Gaulle avait dû en passer par les marchés, je n'ose imaginer l'état de délabrement où se trouverait notre pays. Je croyais naïvement qu'une des attributions régalienne des états était de pouvoir "battre monnaie". Comme ce pouvoir a été abandonné aux marchés en 1973, sous la présidence de Pompidou (ministre des finances : Valéry Giscard d'Estaing), et en l'occurrence aux banques et autres institutions financières, alors la guignolade est complète. Les gouvernements et les parlements décident d'impôts et de taxes qui servent à rembourser des dettes aux marchés. Voilà au moins quarante ans que cela dure en France : les intérêts de la dette d'Etat représentent un budget de plus en plus conséquent, prélevé sur les impôt et taxes perçus par l'Etat. La solution du pire : que les "marchés" et les banques qui les incarnent se servent eux-mêmes au lieu de laisser croire qu'il y a un choix à faire. Non ? Il vaut mieux laisser l'état se charger de la collecte !

On nous dit que l'euro est menacé, de quoi ? de disparaître ? L'euro n'est qu'un avatar du deutschmark, monnaie forte d'une économie extravertie (exportatrice et excédentaire). Les pays de l'Union Européenne qui n'ont pas adopté l'euro comme monnaie s'en sortent pour l'instant mieux que la moyenne de ceux qui l'ont comme monnaie. En tout cas, le consommateur français ne voit pas en quoi l'euro serait un avantage : le prix de la baguette de pain est passé de un franc en 1999 à un euro en 2011, soit 6,56 francs (cette multiplication par 6,5 n'est qu'un petit exemple, ne parlons pas des légumes, ni d'autres aliments). Qui voudra défendre l'euro parmi les citoyens ? Et quels arguments aurait-on ? Il n'a pas préservé l'emploi : l'un des prétextes aux délocalisations est le coût comparatf de la main d'oeuvre exprimé en euros. Il n'a pas empêché l'érosion continue du pouvoir d'achat, ni l'inflation des prix (malgré les statistiques gouvernementales) : il a fallu une dizaine d'années pour que les "officiels" reconnaissent  que les prix avaient augmenté. Rappelons-nous Jospin et son concept du "sentiment d'inflation" : le peuple ressentait de l'inflation qui n'existait pas !
Non, vraiment, qui pourrait défendre l'existence de l'euro tel qu'il existe ? Certes cette monnaie n'est sûrement pas responsable à elle seule de tout ce dont on l'accuse. Mais elle reste la représentation la plus tangible, même dans nos poches, de l'Europe. 
Et comment s'enthousiasmer pour celle-ci, dont le fonctionnement est si opaque et si lointain pour la plupart des citoyens ? 

Or il est fort probable que l'on va nous dire qu'il "faut plus d'Europe" pour résoudre la crise actuelle, et faire "que tout change afin que rien ne change" (Visconti, Le Guépard). Ainsi les peuples seront encore plus dépossédés de leur pouvoir d'influer sur les décisions qui les concernent. Le seul droit qui leur restera sera de payer la caste d'incompétents et d'irresponsables qui les spolient au profit de la grande finance, ou de mendier des prébendes auprès des mêmes, pour survivre au jour le jour, en étant fustigés comme assistés.


dimanche 16 octobre 2011

rythmes scolaires

Comme d'habitude pour l'éducation nationale, le gouvernement en place veut inscrire une réforme "dans le marbre".  Le ministre actuel a lancé une réflexion sur les rythmes scolaires, selon une procédure plutôt opaque. Et ce qui en transparaît dans la presse est encore confus. 
Il s'agirait de modifier la semaine de travail des élèves du primaire, d'abord, et du secondaire ensuite, dans le sens de semaines moins denses, mais plus nombreuses.

 La question du samedi.
J'ai exercé dans un établissement ouvert le samedi matin. Mais les parents d'élèves et l'intendance ont poussé à ce que l'établissement ferme le samedi (à force de votes plus ou moins trafiqués). L'intérêt des parents était de profiter du week-end, et celui de l'intendance d'économiser sur le chauffage. Des élèves, il n'a pas été question.

Les vacances de février.
Elles ont été instaurées sous le mandat de Marcel Anthonioz, député de Divonne-les-Bains, et représentant les intérêts  de l'hôtellerie. Ces vacances devaient assurer la clientèle des stations de ski (ce qui est le cas). Mais de rythme scolaire il n'a point été discuté.

L'on demande à l'école de "garder" les enfants parce que les parents doivent trop souvent travailler pour assurer difficilement la subsistance du foyer. Qu'il est loin le temps où un ouvrier payé au smic pouvait (sans voiture et en location) faire vivre une famille avec deux enfants et une "mère au foyer". Progressivement appauvrie, la société demande au système éducatif plus qu'il ne peut pourvoir, soumis lui aussi à des contraintes budgétaires de plus en plus drastiques.

Il se posera aussi un problème financier.
Les enseignants sont rétribués pour dix mois d'exercice. Si leur service est augmenté, qui paiera ?

 Le problème des rythmes scolaires reste entier : personne ne prend en compte les élèves !

Sauf quelques "experts" qu'exhument la presse écrite et télévisuelle pour qu'ils débitent des chiffres et des statistiques "hors-sol". Or la vie quotidienne a été profondément bouleversée depuis au moins l'an 2000. Chacun le sait et le vit, mais nos (ir)responsables n'en ont cure, tout occupés à maintenir leurs privilèges d'un autre temps, et à faire porter un fardeau de plus en plus lourd à la population.

vendredi 14 octobre 2011

une enseignante s'immole par le feu

Béziers : une enseignante de mathématiques du Lycée jean Moulin de Bézier s'est immolée publiquement par le feu dans la cour de l'établissement..

Bien entendu, la presse relate l'affaire en la brouillant selon les injonctions des "autorités". Elle aurait été dépressive : mais pourquoi s'immoler en public ? Une réunion avec les élèves se serait mal passée : elle avait dix ans d'expérience dans le même établissement, et des réunions, elle a dû en avoir plus que son saoûl. Elle avait des problèmes d'ordre privé, qui surgissent dans la presse locale aiguillonnée par les "autorités" : le déni organisé par les instances académiques ; tout à coup l'on a connaissance de la vie privée, alors que les instances hiérarchiques ignoraient cette "vie privée". Et pourtant elle s'est immolée sur son lieu de travail au lieu de se suicider à domicile.

Il faut savoir que les enseignants sont la profession la plus encline au suicide, devant les policiers.
Ce qui en dit long sur les difficultés de ce métier. Dont on comprend qu'il attire moins de "vocations", tellement il est décrié et ingrat (humainement, socialement, et du point de vue salarial). 
Pourquoi les journalistes s'acharnent-ils à parler des "profs" au lieu de "professeurs" ? Ils sont capables pourtant de mentionner les "policiers" et non les "flics". Reflètent-ils le mépris général pour une profession ou l'entretiennent-ils ? 

Avec la complicité du ministère... Lequel souscrit par son silence ou ses insinuations aux pires mensonges qui soient.

Croyez-vous qu'être systématiquement traîné dans la boue, par tout le monde, pour un salaire médiocre, vaille la peine de s'investir ? quand la "mission" change selon les humeurs des politiques, qui ne font que passer alors qu'il s'agit de transmettre le témoin d'une génération à l'autre ? 

Les professeurs qui restent dans ce métier ont un défaut : celui de croire que l'instruction peut apporter un progrès aux élèves, et à la société. Mais on les décourage, et on les élimine discrètement. Il n'y aura bientôt plus que des "flux" à gérer. Et des "compétences" à évaluer, selon le bon plaisir des instances ministérielles ou académiques.

Qu'est-ce qu'enseigner ?
Transmettre des connaissances d'une génération à une autre.
Mais cet aspect tend, vu la "démocratisation" du savoir, à transmettre la façon de circuler dans les informations et à les structurer. L'élève au "centre" en a été déduit : l'élève construit ses savoirs, MAIS il est évalué sur un "socle de compétences" défini par le ministère. Première double contrainte : vous êtes libre de faire ce qui est obligatoire, et vous serez évalués sur la méthode (ou la procédure) et non sur les résultats (certes difficiles à évaluer).
 Transmettre et impulser des capacités et des "savoir-faire".
Les exercices et les travaux donnés aux élèves visent souvent à leur donner l'occasion de mettre en oeuvre les connaissances acquises, voire à en acquérir de nouvelles, plus concrètes.

Mais cela suppose que les "apprenants" (des lycéens dans mon cas) soient capables d'attention, et soient investis.  Hélas, les "malgré-nous" représentent plus de 30% de l'effectif en lycée.

Concrètement ?
Quand l'on arrive devant une classe de première où deux tiers de l'effectif n'a pas apporté le matériel requis (manuel, ou autre), que faire ? Il n'est pas possible de renvoyer les fautifs en permanence, ni de les sanctionner (le rapport à rédiger prendrait presqu'une demi-heure, et vous serait retourné à charge). Faire un cours de substitution ? mais le programme...
Donc les professeurs renoncent à ces procédures lourdes et aléatoires.
Il ne reste plus que la "gestion individuelle", c'est-à-dire le n'importe quoi.

L'administration ?
Je ne serais pas objectif, ayant eu affaire à un fusillage institutionnel (comme deux collègues). Disons qu'un inspecteur appelé par le directeur de l'établissement  peut établir un rapport négatif si vous êtes en conflit avec le chef d'établissement (je l'ai éprouvé trois fois). Même si les parents et les élèves semblent satisfaits du travail accompli, sanctionné positivement par les résultats au baccalauréat, voire dans l'enseignement supérieur. 
Contester une décision administrative coûte très cher. Alors que faire ? Fonctionnaires nous sommes, mais avec une pratique voisine des professions libérales (sans leurs avantages : un professeur paye son matériel, mais à ses frais, sans dégrèvement).
Il a été proposé que les enseignants soient plus présents dans les établissements. Je ne sais pas si cela aurait évité le geste désespéré de Lise. Mais prenons en compte les contraintes matérielles : il faudrait des bureaux, informatisés, ... La plupart des enseignants travaillent à domicile sans se faire défalquer leurs frais.

Il faudra une consultation institutionnelle.
  • Qu'attendre de l'éducation nationale ?
  • les devoirs parentaux
  • les devoirs des enseignants
  • etc.
La nation , et non la pseudo représentation nationale, devrait pouvoir se prononcer sur ce qu'elle attend du système éducatif, en lui laissant le temps de faire ses preuves. 
Un référendum est urgent, qui pose les questions de fond sur ce que la nation peut attendre de l'éducation nationale, au lieu de réformes incessantes, inappliquées et opaques.
D'ailleurs, les secteurs que l'on ne cesse de réformer vont de mal en pis : les réformes continuelles n'en sont-elles pas la cause ?

jeudi 13 octobre 2011

Dexia : on vous vole

Depuis quelques semaines, les gestionnaires de la banque franco-belge Dexia cherchent des solutions pour éviter sa probable faillite.
Parmi les solutions envisagées et diffusées par voie de presse (pour tester les réactions ?) il s'agirait de :
  • créer une structure de "defaisance" : une entité qui regrouperait les actifs "pourris", et les liquiderait progressivement. L'affaire du Crédit Lyonnais (devenu LCL) a montré que les pertes reviennent au public et in fine au contribuable, pour les pertes, mais il n'a rien été dit des bénéfices (éventuels).
  • Les fonds propres de Dexia seraient renforcés par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et par la Banque Postale (BP).

Et c'est là que réside le scandale le plus flagrant. 

D'une part les fonds des Livrets A, de faibles intérêts, parce que destinés au financements du logement social, seront apportés comme fonds propres de la banque Dexia ou de son avatar. Vous qui essayez de mettre un peu d'argent de côté pour acquérir peut-être un logement, savez-vous que vos économies serviront à garantir les placements hasardeux d'une banque privée ? 
Clients de la Banque Postale (souvent contraints, car c'est encore la banque la moins chère), saviez-vous que votre modeste compte courant risque d'être compté dans les fonds propres d'un banque qui a déjà failli ?
Le scandale est flagrant : les "décisionnaires" et autres experts autoproclamés, vous dépossèdent de vos droits. Mais, pire, ils vous dépossèdent des vos quelques économies.

NB : Le Canard Enchaîné du mercredi 12 octobre comporte en page 4 un article intitulé "Les riches fossoyeurs de la banque Dexia" qui retrace de façon claire et synthétique l'histoire récente de cette banque.












samedi 8 octobre 2011

existe-t-il un complot contre l'euro ?

En tant que monnaie de 17 pays européens, l'euro est attaqué de l'extérieur de l'Europe, et à l'intérieur de celle-ci.

L'euro a longtemps été surévalué par rapport au dollar, d'abord, et au yuan, et d'autres monnaies. Certes il était vu comme un avatar du deutschmark allemand, monnaie forte et plutôt stable, quand d'autres monnaies dévaluaient régulièrement (le franc français, la lire, le drachme, etc.). Un euro fort, disait-on, devait assurer la stabilité monétaire, terrasser l'inflation (celle des produits importés), assurer l'harmonie des politiques monétaires en Europe (plus de coopération et moins de concurrence "déloyale"), voire devenir une monnaie internationale de référence par rapport au dollar. L'hégémonie du dollar dans l'ensemble des transactions internationales a commencé à être contestée dès les "accords de Bretton-Woods", qui ont décorrélé la valeur du dollar de celle de l'or : la Banque centrale américaine (états-unienne) pouvait dès lors imprimer autant de dollars qu'elle le voulait, sans qu'une contrepartie garantisse leur valeur (et elle ne s'en est pas privé). Mais le "modèle" allemand n'était pas transposable à 17 pays (voire 27), dont la structure économique différait sensiblement. Qui plus est ce "modèle" a été écorné pour la réunification de l'Allemagne, qui fut coûteuse, économiquement, et surtout socialement.
Malheureusement, les idéologues néo-libéraux étaient au pouvoir (ou leurs séides). Ainsi, la BCE ne devait qu'assurer le contrôle de l'inflation... Il n'a pas été mis en place d'institution pouvant émettre de la monnaie : le recours "aux marchés" devait suffire.

Le résultat des ces conceptions idéologiques, d'abord, est catastrophique.

Il n'existe pas de politique économique ou monétaire européenne, quoi qu'en dise la presse financière. La BCE ajoute rustine sur rustine, mais n'est pas un institut d'émission de monnaie : on laisse cela "au marché", bel abandon de souveraineté. Un raccourci : les "marchés" et le FMI demandent aux gouvernements de renflouer les banques. C'est-à-dire de pratiquer à grande échelle un hold-up sur les contribuables ! Sans compter les humiliations punitives et fiscales. Il suffit de suivre l'actualité pour la Grèce quand la troïka débarque. Et le ballet continue avec des injonctions contradictoires : rigueur et austérité, mais investir pour la croissance ! Diminuer les dépenses et les augmenter !
Et les agences de notation (états-uniennes) de dégrader les dettes de certains pays, puis les banques européennes, etc.

Avant cela, la politique de l'euro fort a accéléré la désindustrialisation en Europe, sauf pour certaines firmes. Dans un premier temps les usines sont parties en europe de l'est, puis en Chine, etc. Le taux de chômage officiel varie de 10% de la population active (France) à 20% et plus (Espagne, Grèce). Car l'Europe des néo-libéraux a été la seule à permettre à cette échelle "la concurrence libre et non faussée" qui l'a ruinée. L'Allemagne elle-même, qui a tiré profit de l'euro fort, commence à vaciller. 
La Chine et les USA ont tiré parti de la faiblesse relative de leurs monnaies contre l'euro. Et les reproches que les USA font à la Chine sur le yuan, l'Europe pourrait les leur retourner sur le dollar.

Or tant que l'euro est attaqué, et l'Europe elle-même, le dollar n'a pas de concurrent pour les échanges internationaux, alors que sa valeur dépend uniquement de la politique des USA. Lesquels ne sont pas prêts à abandonner leur hégémonie.

Que les USA ou la Chine, ou d'autres, défendent leurs propres intérêts économiques se comprend. Mais que les "élites" européennes aient sabordé l'économie de 17 à 27 nations, par idéologie et par égoïsme cupide, c'est un cas de haute trahison. Et la BCE sera dirigée par un ancien de Goldman Sachs !









samedi 1 octobre 2011

cette semaine

En suivant distraitemenent les titres de presse politiques cette dernière semaine, il surnage un écoeurement qui le dispute au dégoût.



Certes le Sénat est passé « à gauche », c'est-à-dire que le parti socialiste a obtenu la majorité et la présidence de cette assemblée élue au suffrage indirect, pour la première fois depuis la cinquième république. Qu'est-ce que cela change, concrètement, pour les citoyens français ? Rien. Mais laissons le temps au temps.



Les « affaires » suivent leur cours judiciaire, avec les enquêtes journalistiques, les démentis et accusations de responsables politiques ou d'intermédiaires (je ne savais pas que ce fût une profession). M. Bourgi est remplacé sur le devant de la scène par M. Takieddine, mais toujours pour des financements occultes pour des hommes politiques. J'avais cru que le contribuable finançait les campagnes électorales. Avec l'affaire Woerth nous avons découvert qu'il existait des dons en espèces, puis qu'il existait aussi des micro-partis fondés pour siphonner (collecter) des dons privés, … Sans compter les ventes de colifichets payées en billets de 200 et de 500€. Et le conseil constitutionnel aurait validé des comptes de campagne électorale qu'il savait faux, uniquement pour des raisons politiques ! Et qui paye, in fine, les commissions (et rétro-commissions) sur les ventes d'armes, voire sur d'autres contrats ? D'autant qu'il existe une plus forte suspicion dans l'affaire Karachi, où au moins onze personnes auraient payé de leurs vies des malversations financières dont elles ignoraient tout.



Des sondages indiquent que le président de la république est mal aimé : il ne paraîtrait plus comme candidat légitime à sa propre succession (pour 975 personnes interrogées, excusez du peu). Mais il serait le meilleur candidat pour l'UMP. Devant MM Fillon et Juppé (opportunément mis en valeur dans les médias, comme « recours »). D'autres sondages aussi farfelus tentent de départager les candidats à la primaire du parti socialiste et font l'élection présidentielle de 2012. Les sondages remplacent depuis bien des annés l'information politique, elle-même réduite à de la « communication », en clair, à de la propagande. Il est vrai que les instituts de sondage livrent avec leurs chiffres une analyse pré-mâchée pour rédactions paresseuses ou intellectuellement indigentes. L'analyse des enjeux de telle ou telle loi, le point sur un débat qui engage le pays dans une voie ou une autre, … désertent les rédactions au profit du « paquetage communicationnel ». Que l'on s'étonne ensuite de la désaffection des lecteurs de la presse écrite relève de la pathologie.



Au fait, la presse nationale a-t-elle parlé des difficultés sociales , des « plans sociaux » (euphémisme moderne pour désigner la mise à mort économique) ? Il a fallu que des employés se mettent en grève de la faim pour que la presse nationale daigne leur consacrer un article.



Pendant ce temps, les banksters et les politiques qui leur sont inféodés continuent leur pillage.