dimanche 2 septembre 2012

à lire

Lu ce matin un excellent article de Lordon, sur le site du Monde Diplomatique.
blog.mondediplo.net/2012-08-24/Conspirationnisme-la-paille-et-la-poutre

samedi 1 septembre 2012

le doute

En Europe le doute gagne les populations.
D’abord sur l’intérêt même de la construction européenne qui paraît de plus en plus opaque. Qui décide de quoi ? Qui puis-je interpeler en tant que citoyen ? Qui est responsable ou comptable de quoi ? L’opacité la plus totale s’exerce entre les citoyens européens et les institutions européennes. Certes les médias nous montrent quelques têtes comme Draghi, mais également Merkel, Rompuy, parfois Barroso, etc. qui n’ont ni des fonctions équivalentes ni des capacités de décision comparables.
Qu’est-il advenu du projet d’une Europe “modèle de civilisation” ? D’une Europe sociale et solidaire ? D’une Europe de la connaissance et du progrès ?
Au lieu de ces utopies qui n’ont servi qu’à vendre aux peuples une “constitution” inepte qui les asservit, l’on entend plus parler que de problèmes bancaires. Tout ce qui avait été acquis comme droits sociaux disparait. Les populations sont pressurisées pour sauver la grande finance internationale, pour “renflouer” les banques et les états qui leur avaient tendu la main.
Qui plus est, les merdias relaient un discours de culpabilisation contre les peuples : vous avez vécu au-dessus de vos moyens, vous ne réglez pas l’impôt, vous ne travaillez pas assez, votre productivité est lamentable, vous êtes trop payés, …
Alors votre comédie des sommets pour sauver l’euro, pour sauver une Europe qui n’est plus la nôtre, pour sauver surtout les banques, nous n’en avons plus rien à faire.
Quand nos “élites” européennes comprendront le fossé qui s’est creusé avec les peuples, il sera trop tard pour proposer des améliorations : le rejet sera trop fort.
Certes la guerre de classe entre les populations et les “élites” peut durer une dizaine d’années, mais plus elle durcira, plus les “élites” seront visées physiquement. Car les “corps intermédiaires” seront de moins en moins légitimes.
Prenez garde.

lundi 20 août 2012

La géopolitique revient en avant-scène


La géopolitique entendue au sens restrictif comme l’examen des relations internationales, entre états ou groupes d’états, fondée sur les rapports de force et leur judiciarisation (traités, …) revient sur le devant de la scène (mais l’avait-elle quittée).

Ce sont les préparatifs de guerre entre Israël et l’Iran qui remettent la géopolitique à la une de l’actualité en Europe.
Mais il ne s’agit plus de raisonner en termes d’antagonismes entre états. Il faut compter avec d’autres intérêts à préserver ou à accroitre, souvent “privés”. Et où les populations n’ont pas voix au chapitre, hormis pour se faire manipuler, tuer, spolier, etc. C’est toujours à leur détriment. 
La difficulté principale pour aborder les questions de géopolitique vient de ce que les données sont souvent complexes (loin de la simplification médiatique), et peu transparentes.

Il faut d’abord prendre en compte les données de politique intérieure.

En Israël se développe une contestation sociale qui fragilise le gouvernement issu d’une coalition aussi instable que les précédentes. A l’extérieur, la colonisation de Jérusalem Est et de la Cisjordanie reçoivent un accueil plus défavorable, car les négociations de paix avec la Palestine ne peuvent que s’envenimer. De plus, Israël s’assoit si souvent sur les traités internationaux que cela commence à faire tache. Donc mener une “guerre préventive” contre l’Iran, pour détruire de supposées installations nucléaires militaires présente bien des avantages : ressouder la nation, faire passer (une fois de plus) la question palestinienne en arrière-plan, détruire ou ralentir le potentiel technologique de l’Iran et garder ainsi la domination technologique dans la région (et la suprématie militaire que confère l’arme atomique, difficile d’emploi cependant).

En Iran, le pouvoir a aussi besoin d’une légitimité, contestée après des élections si manifestement truquées qu’elles ont donné lieu à des manifestations durement réprimées. L’Iran est aussi l’objet d’un “containment” de la part des USA, démarré depuis au moins dix ans : ouverture de bases militaires dans les pays proches, et sanctions économiques variées et diverses sous divers motifs.

Si l’on parle beaucoup du projet iranien d’accéder au nucléaire militaire, il s’agit principalement de maintenir la circulation du pétrole dans le détroit d’Ormuz, par où s’achemine plus de 20% du pétrole brut mondial. Et les monarchies du Golfe qui le produisent ont un besoin vital de ce Golfe Persique. Qui plus est, sunnites en majorité, elles ont des difficultés avec leurs minorités chiites, soutenues par l’Iran. Contre exemple : l’on fait moins de bruit sur l’accès à l’arme nucléaire du Pakistan. Mais il est membre de l’OTAN. Il faudra compter avec l’oléoduc que construit la Chine pour s’approvisionner en pétrole iranien par voie terrestre (en traversant le Pakistan). Rien n’est simple, d’autant que les monarchies pétrolières financent des mosquées salafistes hors de leurs pays, en Afrique voire en Europe.  Or ces mosquées, si elles ne sont pas aussi maîtrisables qu’il est souhaité, sont des têtes de pont avancées pour la guerre idéologique et la manipulation des opinions publiques. Il suffit de voir en France et en Europe les campagnes de revendications de “droits” qui enfreignent la laïcité, et auxquelles complaisent des politiques en mal de légitimité.

Alors, s’il éclate un conflit ouvert entre Israël et l’Iran, au motif qu’Israël se sentirait menacé par l’Iran et devrait mener contre celui-ci une “guerre préventive” – notion importée des USA pour le pire des relations internationales – le Moyen-Orient changerait d’équilibre, sans que la question palestinienne soit résolue. Dans l’hypothèse d’un effondrement du régime iranien, les majors pétrolières pourraient revenir dans ce pays, en plus de l’Irak, en contrant les projets chinois d’approvisionnement hors de leurs circuits. Mais la Chine et la Russie peuvent-elles laisser écraser l’Iran ? Quant à la menace nucléaire “islamiste”, elle est plus réelle au Pakistan… frontalier de l’Iran.

La sphère financière tirerait également profit d'un tel conflit : par le hausse du prix du baril de pétrole, par les retombées sur le secteur de l'armement et de ses technologies, par l'effort financier qui sera imposé aux populations, etc. L'avertissement à la Chine risque de ne pas donner les résultats escomptés : la stratégie à long terme de "containment" à son égard pourrait crisper un pouvoir politique de plus en plus contesté, et que le nationalisme anti-occidental pourrait relégitimer.

Si Israël veut agresser l'Iran, la boîte de Pandore n'est pas prête de se fermer. Puisse l'Europe ne pas s'impliquer dans un conflit où elle aura tout à perdre.

dimanche 19 août 2012

perspectives d’automne 2012 (2)


Hormis le crise européenne (qui n’est pas seulement monétaire), les tensions augmentent, même si les médias n’en rendent pas vraiment compte.
La question palestinienne est actuellement couverte par l’antagonisme entre l’Iran et Israël. Deux états à tendance théocratique… Israël a explicitement menacé par la voix de ses dirigeants de détruire les sites nucléaires iraniens potentiellement aptes à la production de bombes nucléaires. Cependant, cette agression supposerait le soutien de l’OTAN, déjà empêtrée  en Afghanistan et en Irak. Il est probable que l’Europe serait mise à contribution, moyennant une soumission plus étroite à l’OTAN.
Mais le problème palestinien ne sera pas réglé pour autant, Israël s’étant assis sur les résolutions de l’ONU.
L’Europe risque ainsi d’être impliquée dans un conflit mal engagé, qui soutiendrait Israël au détriment de l’Iran, et des chiites. Et il se dit que le conflit aura lieu avant novembre…
Les disputes territoriales autour de la Chine ne sont pas à prendre à la légère. 
La Chine revendique régulièrement des territoires (surtout des îles) contre le Japon, le Vietnam, les Philippînes, voire l’Indonésie. Ces revendications territoriales entraînent une instabilité certaine. La Chine, avec ces revendications territoriales teste les lignes de défense de l’ASEAN et de l’OTAN. La mise en cause de celles-ci est un danger.
L'Amérique du Sud, dans sa volonté d'émancipation par rapport à son grand voisin du nord, suit des politiques contradictoires entre intégration commerciale (MERCOSUR) et méfiance envers le Brésil, ce géant. Les inégalités sociales restent criantes et peuvent générer de l'instabilité en contexte de crise. D'autre part, qui remplacera Chavez ?
Enfin, l'Afrique, où les tensions sont avivées par la concurrence pour exploiter les matières premières.

Sans oublier la cyberguerre, déjà entamée sous forme d'escarmouches et de "test" des défenses des états et grandes entreprises (bancaires notamment, mais aussi électriques).

samedi 18 août 2012

perspectives d’automne 2012


De Lyon, sous la canicule.
En cette période caniculaire, prévue pour durer au moins une semaine, la ville de Lyon est assoupie (nombre de commerces ne rouvriront que le 21 ou le 28 août).
Dans cette léthargie, la névrose ordinaire pousse à se demander ce que sera la rentrée, à le supputer, et à élaborer les scénarios dont il faudrait se prémunir.

La crise financière de la zone euro n’est pas près de finir.
Mais c’est surtout une crise du projet d’union européenne qui n’en finit pas, parce que ce projet a été tellement dévoyé qu’il ne peut mener à rien. “On” a fait de l’union européenne une zone de libre-échange sans coordonner ni la fiscalité, ni les droits sociaux, ni… Presque rien n’est coordonné : ainsi les européens se retrouvent en position de concurrence entre eux, et avec le reste du monde. Que ce soient les entreprises, même multinationales, ou les travailleurs.
Le traité de Lisbonne (constitution européenne), lorsqu’il a été soumis à référendum aux Pays-Bas et en France, a été refusé par les électeurs, non pas pour des raisons de souverainisme, mais parce qu’il ne proposait pas de projet “de civilisation”, pas de projet exaltant, mais une simple transposition du libéralisme de l’époque comme table de la loi. Les électeurs ont été floués par leurs parlements, et ce traité a été ratifié.
La crise financière, partie des Etats-Unis (subprimes) qui a contaminé l’ensemble des grandes banques, puis les états auxquels elles ont refilé le mistigri, a trouvé en Europe une expression particulière puisque les états européens doivent emprunter auprès des marchés (situation unique au monde), cette obligation étant constitutionnelle ! Pour rembourser leurs créanciers, les états vendent les biens publics et imposent les populations : ils se font complices d’une spoliation massive au profit d’institutions financières qui ont péché dans leur gestion, par incompétence et cupidité.
Et la masse des produits dérivés qui ne reposent sur presque rien devra être purgée. Ce sera sanglant, car elle avoisinerait sept fois le PIB mondial.

Sauver l'europe ?

Il faudrait d’abord une harmonisation réelle des conditions de travail et des rémunérations, des prix, des prestations sociales, de la fiscalité, … Et, au lieu de chercher le “moins-disant” de protection sociale, chercher plutôt le mieux-disant. Il faudrait aussi que les prestations sociales, et autres, soient réservées aux citoyens européens, uniquement.
Ce qui impliquera que soit définie la citoyenneté européenne.
Mais ces débats n’auront pas lieu… Ni la classe politique, ni les lobbys, ne souhaitent une consultation des peuples sur ces sujets, consultation d’ailleurs impossible.
Alors l’Europe en tant que projet des peuples et pour les peuples ne pourra se mettre en oeuvre dans le cadre actuel.
Soit les citoyens européens réaliseront un coup de force institutionnel en imposant une constituante, soit le projet européen se dissoudra (ce qui est bien entamé).





mardi 7 août 2012

euro et europe

Depuis de trop nombreux mois l'attention se focalise sur l'euro quand il s'agit de l'Europe.

Certes l'euro est la monnaie commune à 17 pays européens. Ce serait aussi la deuxième monnaie de change derrière le dollar des Etats-Unis. Les sources de la crise de l'euro seraient, semble-t-il, et d'après la presse économique et financière, ou généraliste, de plusieurs ordres  (mais les informations destinées au "grand public" ne sont pas fiables).

  • les économies des pays qui composent la zone euro seraient trop différentes : l'Allemagne est exportatrice nette, alors que les pays du sud sont en déficit commercial.
  • l'endettement des divers pays serait inégal et surtout la structure de leur dette serait par trop divergente. Quant aux conditions d'emprunt, elles font la une régulièrement.
  • par rapport à la Chine ou aux USA, surtout, la BCE (Banque Centrale Européenne) aurait les mains liées pour la gestion monétaire (émission de monnaie notamment, possibilités d'accorder des crédits aux états, etc.).
Il faut rappeler que l'approfondissement de ces différences a été sciemment voulu par les instigateurs du traité de Lisbonne, où officiaient une majorité de "néo-libéraux", où les britanniques étaient sur-représentés, commission présidée par le libéral malfaisant Giscard d'Estaing, qui avait une revanche à prendre sur la démocratie, ayant été chassé des responsabilités par le suffrage universel.  Ainsi la BCE n'a pas les prérogatives de la FED américaine, n'a de comptes à rendre à aucune instance politique ni élue. La Commission européenne (non élue), ni le Parlement européen (mal élu), n'ont prise sur la BCE, laquelle n'est pas une banque centrale !
Tout a été fait pour que les banques privées ou autres puissent profiter des failles de l'euro en spéculant contre les états, après leur avoir fait endosser leurs pertes.

Maintenant, il s'agit de tester la résilience des citoyens quand on les essore à force de "plans de rigueur" qui servent le transfert massif de leur argent vers les institutions financières privées (de raison...). On demande aux états de couper dans la dépense publique, en bloquant ou en diminuant les salaires des fonctionnaires et les retraites (facilement repérables, et captifs), de privatiser (ce qui réduit les ressources des états), ... En fait, on demande aux états de se suicider, au nom d'une idéologie qui considère l'état comme l'ennemi, mais au détriment de populations qui avaient plus ou moins patiemment élaboré des systèmes de protection sociale solidaires plus ou moins garantis avec l'aval de la puissance publique. Est en cours depuis 2008 une spoliation inouïe des peuples d'europe (au moins), au profit d'institutions financières avec la complicité de la "classe politique". Les écarts de revenus croissants en  témoignent (pour ce qui est mesuré).

Alors, que l'euro subsiste ou disparaisse, qu'en serait-il pour les citoyens d'europe ?


  1. Quels avantages l'euro a-t-il procurés aux citoyens européens qui l'avaient comme monnaie ? Des prix comparables, mais différents : des vacances en Bavière m'ont été nettement moins chères qu'en France, à prestations comparables (sauf l'accueil, meilleur en Bavière) ! Même expérience à Berlin ou à Vienne... Le casse-tête du change entre monnaies disparaît (mais était-ce un casse-tête ?).Pour les salaires, qu'ils soient libellés en euros ou non, les différences entre pays perdurent, voire s'accroissent -pour ne pas mentionner les écarts de revenus au sein de chaque nation, qui se sont accrus au-delà du concevable. 
  2. Les entreprises et commerces opérant au sein de la zone euro ont bénéficié de la simplification que leur offrait une monnaie unique : pas de change, un marché unifié, ... Mais les cotisations sociales, les taxes et impôts, restent divers.
  3. Quant aux entreprises qui commercent hors zone euro, elles ont pâti de sa surévaluation, dit-on.
Les inconvénients de la monnaie unique pour les citoyens européens seraient à mettre dans la balance, même si la presse économique et financière ne s'en fait pas l'écho.


  1. L'introduction de la monnaie unique a donné lieu à une forte inflation des prix, que les autorités ont niée plus de dix ans : en France, le gouvernement Jospin inventa même le concept de "sentiment d'inflation", forcément fallacieux (alors que la baguette de pain voyait son prix multiplié par six à l'occasion du passage à l'euro - il est vrai que les politiques n'achètent pas eux-mêmes leurs aliments, et que "l'homo economicus" des modèles théoriques est une essence si abstraite qu'il ne mange, ni se chauffe, ni se déplace, etc). Cette flambée des prix, qui se poursuit malgré les falsification statistiques, est commune à toute la zone euro. 
  2. La soumission à des dogmes pseudo libéraux induit la déstructuration des services publics de transport, de santé, de l'énergie, ... au profit de groupes privés qui s'organisent en oligopoles et imposent leurs impératifs de profit au détriment des citoyens (voir la gestion de l'eau en France). 
  3. La mise en concurrence des salariés européens, au lieu de l'unification de leurs conditions par le haut, accentue le chômage de masse et la pression pour le "moins disant" social (sans compter l'immigration ouvertement encouragée).
  4. Enfin, et surtout, les états n'ont plus d'autonomie financière, ou budgétaire.  

Alors, que peut souhaiter le simple citoyen à qui l'on essaye de faire peur avec la disparition de l'euro "monnaie commune" ?

D'abord, s'il s'agit de renflouer les institutions financières qui ont failli parce qu'elles ont abusé, c'est non.
S'il s'agit de faire des sacrifices pour enrichir la caste des hyper riches, c'est non.
S'il s'agit de détruire les services publics, d'aide sociale ou de solidarité, c'est non.
S'il s'agit de livrer à prix cassés ce que la collectivité a construit et financé, c'est non.

Mais le citoyen européen ne sera ni informé ni consulté !



mardi 17 juillet 2012

enfumage

Enfumage

Ce substantif masculin est de plus employé pour désigner la « communication » gouvernementale, politique ou celle de groupes institutionnels.
Il semble avoir deux acceptions, du reste compatibles :
a) il s'agit d'une action de communication qui vise à couvrir d'un voile de fumée (métaphorique) une situation ou une information que l'on veut soustraire à la vue (à l'opposé de la transparence) ;
b) il s'agit d'une action de communication qui vise à étourdir la conscience de ceux qui la reçoivent (leur faire perdre leur lucidité).

Dans les deux cas, l'emploi de ce substantif traduit surtout la méfiance des citoyens à l'égard du discours politique – principalement. En effet le discours publicitaire n'est pas encore visé, sans doute parce que l'on sait qu'il est faux dans ses promesses.

Il est vrai que les promesses électorales se sont nettement déconsidérées depuis le revirement des socialistes en 1983, reniant le « programme commun » sur lequel ils s'étaient fait élire. Et « les promesses n'engagent que ceux qui les croient », ce dicton cynique, a fait son chemin. Mais je ne saurais affirmer qu'avant 1983 le discours politique et électoral était plus fiable.

Les « communiquants » et les « éléments de langage » qu'ils élaborent, et que déclinent sur les medias (merdias?) hommes politiques voire pseudo journalistes ou experts, relèvent à la fois de la désinformation et du « staffelpropaganda » (modernisé grâce aux procédés publicitaires).

Dernier exemple en date, en France. Il ne faut pas prononcer les mots « rigueur » ou « austérité ». Mais l'on se gargarisera « d'effort juste ». Juste ? Les premières mesures annoncée ont été : le « gel » (en plein juillet-sic) des traitements des fonctionnaires (certes je simplifie), l'augmentation de la C.S.G. (contribution sociale généralisée) et la question reste de savoir si les retraités seront mis à contribution. Mais il va de soi que les classes moyennes et populaires sont préservées : les fonctionnaires n'appartiennent à aucune des deux, ni les retraités. Il se discute aussi d'impôts plus élevés sur les société, qu'évidemment elles ne répercuteront pas dans les coûts de leurs produits ou services, d'autant qu'elles ne disposent pas de fiscalistes payé pour les aider à pratiquer « l'optimisation fiscale » !
Certes, il ne faut pas juger trop hâtivement un gouvernement qui débute (jusqu'à quand débutera-t-il?). Mais le terme « enfumage » est bien là pour traduire une exaspération à voir répétés les mêmes procédés depuis trop longtemps.

Depuis 1973 au moins. Il y a toujours une crise, qui nécessite des sacrifices ou des efforts. Quand il y a des revendications sur les salaires, sur les conditions de travail, … ce n'est jamais le bon moment : faute à la conjoncture, et à la concurrence. Qu'on parle santé ou retraites, et l'on accuse les Français de « vivre au-dessus de leurs moyens » ; « nation d'assistés » est plus injurieux, mais les sarkozystes pratiquaient volontiers l'insulte à l'égard des Français. Les fonctionnaires sont toujours en effectifs pléthoriques (qui les embauche?) et inefficaces (qui les dirige?).

Et ce n'est qu'un petit florilège.

dimanche 15 juillet 2012

Survivalisme financier : le "kit"

La "crise" du système bancaire et financier qui dure depuis 2008 n'en finit pas de pénaliser les populations qui, en Europe pour l'instant, voient leur niveau de vie chuter : baisses de salaires, baisse des prestations sociales (santé et autres), inflation des prix réels, hausse des prélèvements directs et indirects, etc. Pour renflouer le système financier, les populations européennes sont pillées avec la complexité d'instances opaques et non élues, qui appliquent par idéologie des "recettes" obsolètes et inefficaces : prélever de l'argent public pour le système bancaire est un échec au Japon depuis une décennie au moins ; qui en a tiré la leçon ?

Quelles que soient les décisions des instances publiques - colonisées par les représentants des groupes de pressions représentant les intérêts de la sphère bancaire et financière - elles seront au détriment des contribuables, citoyens et épargnants européens. Voir ce qui se passe actuellement en Grèce, en Irlande, en Espagne, en Italie, au Portugal (mais aussi et plus discrètement, en France et en Belgique).

Quelques questions sont à se poser, dans des perspectives temporelles différentes selon vos engagements de crédit par exemple - en sachant qu'aucun économiste ne peut faire une prévision à un an !

1- Evaluez d'abord votre situation professionnelle et sa probable évolution.

Vous êtes fonctionnaire : l'emploi est censé être garanti, mais vous devrez vous attendre à la stagnation voire à la baisse de votre pouvoir d'achat (d'environ 20% sur les trois prochaines années). 

Vous êtes en CDI dans une très grosse entreprise. S'il n'y a pas de "plans sociaux" en vue, vous devriez pouvoir passer entre les gouttes pour trois ans. Mais les restructurations de services, les changements de "management", et autres restructurations internes peuvent affecter votre emploi, et plus...

Vous êtes en CDD ? La précarité vous connaissez, et cela risque de durer...

Si vous êtes chômeur - on dit "en recherche d'emploi", vous n'avez plus de situation professionnelle.

2- Dans l'ensemble des cas tablez au pire sur une baisse des revenus entrants de 20% à 30% sur les trois années à venir, donc taillez déjà dans vos dépenses compressibles.

Ce qui vous aidera à constituer une réserve liquide "de survie". En effet, sur chaque retrait d'argent liquide en euros, gardez 10% (pour l'instant) comme réserve pour le cas où l'on plafonnerait vos retraits d'espèces. L'idéal serait de disposer de trois mois de liquidités permettant de se dispenser des retraits d'espèces... mais leur stockage est difficile.

Assurez-vous que vos fonds sont garantis en cas de faillite de l'établissement (en sachant qu'il y aura des délais, et des conditions de retrait).

Ayez au moins 10% de vos économies non urgentes en or physique (pièces surtout). 

Enfin, voyez si vous pouvez rapporter un revenu complémentaire, en cas de besoin.

3- En tous les cas, reprenez la maîtrise de vos économies et de vos finances.

 En France, liquidez dès que possible votre assurance-vie. Vous la placerez vous-même en or ou en actions "solides", sans les frais de gestion - et vous resterez maître de vos décisions, sans doubler les frais de gestion. Le faire quand votre livret A sera à son maximum. 

Laisser le moins possible sur son compte courant (exemple : 3 mois de prélèvements).

Avoir une réserve de liquidités en espèces, pour la consommation courante (sans carte bleue, traçable).


samedi 14 juillet 2012

Europe : destruction programmée

L'on a vendu aux citoyens européens le mirage d'une Europe qui portait un projet de civilisation, de bonheur et de prospérité, qui pourrait même entraîner le reste du monde, qui pourrait rééquilibrer la marche du monde alors séparé en deux camps antagonistes.

Mais le ver était dans le fruit... et il n'a cessé de croître.

A l'époque des "fondateurs", il s'agissait déjà de constructions technocratiques sans consultation des peuples, et sur des objectifs limités à l'amélioration et à la coordination de politiques déjà existantes. Les premières coopérations européennes (limitées à quelques états) fonctionnèrent assez bien (CECA notamment). Elles ne concernaient que quelques pays d'europe continentale, et dans quelques domaines. Le premier grand raté fut la PAC (Politique Agricole Commune) qui connut des réussites (les européens sont autosuffisants) et de beaux ratés, depuis l'introduction du Royaume-Uni. 

L'élargissement de l'europe fut aussi une cause de sa décadence. L'introduction du Royaume-Uni, à des conditions d'exception, fut une erreur magistrale. Il était alors (et l'est un peu resté) le porte-avions des USA, qui n'entendaient pas abandonner leur hégémonie sur l'europe occidentale. L'exception britannique ouvrit la porte à d'autres "intégrations" assorties de conditions de plus en plus diverses. Elle modifia aussi la conception même de l'europe : d'une construction technocratique et étatique, l'on passait à un simple marché, sans régulations sérieuses, où chaque européen se trouvait en concurrence avec les autres.

L'idéologie libérale et sa glorification de la concurrence "libre et non faussée" fit le reste, et fut inscrite dans le traité de Lisbonne, qui devait servir de constitution à l'Europe. Rappelons à ce sujet que cette "constitution" a été souvent adoptée en catimini et sans débat, ou que la vox populi a été superbement ignorée. Rappelons aussi que Valéry Giscard d'Estaing, qui présida cette commission, n'avait eu de cesse de liquider l'héritage gaulliste pour imposer un libéralisme débridé et destructeur du rôle de l'état. 

Enfin l'on créa l'euro, monnaie qui devait permettre aux citoyens européens de commercer plus facilement entre eux, et qui devait être un recours face au dollar pour les transactions internationales. Mais c'était oublier que les USA ne renonceraient pas à l'hégémonie du dollar. Et qu'une monnaie commune sans autre vision relevait du néant. Résultat : nous avons une monnaie commune mais les pays qui européens qui ne l'ont pas adoptée se portent parfois mieux. Deuxième résultat : les disparités s'accroissent en Europe, devenue un simple marché (projet britannique). 

Où en est le projet européen ? La dissolution.

Dissolution de la démocratie, qui n'a jamais été le point fort des institutions européennes. Mario Monti, en Italie, n'a pas été élu, et d'autres qui le sont ou le seraient, sont inféodés qui à Goldmans Sachs (GS), qui à une autre institution bancaire, ou à un groupe de pression...

Le parlement européen élu n'a guère de pouvoir.

Les instances financières européennes (opaques) sont colonisées par des mandataires de GS, ou de banques similaires.

Les libéraux avaient déjà vidé tous les traités de leur substance : le seul "modèle" étant la concurrence "libre et non faussée", les peuples européens étaient mis en concurrence avec le sahel, le bengladesh et la birmanie, la chine, voire la corée du nord....

A la crise actuelle dont on nous dit qu'elle est financière, la réponse institutionnelle est, semble-t-il, plus d'intégration européenne, plus de contrôle financier par Bruxelles, et donc moins d'autonomie nationale.

Le problème est que l'on prétend sauver les banques en appauvrissant les populations, ce qui est un hold-up, qui ne résoudra pas la crise financière, mais spoliera les contribuables et appauvrira les travailleurs (et les autres) : la régression sociale et du niveau de vie sont programmées ou en cours. Beau "projet de civilisation" !

Si les révoltes contre cette asphyxie se coordonnent, les robocops anti-émeutes ne suffiront pas, car le basculement dans une guerre civile multiforme n'est pas à exclure.

vendredi 13 juillet 2012

compétitivité, qu'ils disent

La dernière antienne à la mode est "l'amélioration de la compétitivité" des travailleurs (qu'il reste encore) en France et en Europe.  Qu'est ce que la compétitivité ? En se référant au Trésor de la Langue Française (informatisé), l'on découvre qu'il s'agit de l'aptitude d'une personne ou d'un groupe de se mesurer à la concurrence.
Quand le MEDEF ("syndicat" patronal français) emploie cette formule, il veut parler des coûts du travail, comparés (toujours) à d'autres contrées ou les salaires sont moins élevés, ainsi que les "charges", la durée hebdomadaire et annuelle étant plus élevée (l'argument de la productivité ne tardera pas à revenir). Et la mondialisation mettrait en concurrence les travailleurs du monde entier.

Un peu de sémantique ne fera pas de mal, car la presse financière et les groupes de pression ou d'influence tordent le sens des mots, imposent leur novlangue ou leur "staffelpropaganda" pour imposer leur façon de penser comme la seule possible, et comme une évidence.
D'abord, considérer les salaires comme des "coûts" et les cotisations comme des "charges" relève d'une vision comptable à court terme. Les salariés (pardon, les "collaborateurs" - on n'ose dire "collabos") produisent,  et leur travail engendre les profits de l'entreprise, supérieurs à la somme de leur salaires et "charges". Assez supérieurs pour que les actionnaires ou investisseurs, et la direction, soient rétribués, que les impôts soient payés, et qu'il reste pour investir et développer l'affaire. Si les salaires étaient seulement un "coût", il y aurait deux solutions pour éliminer ce "coût".

Soit une automatisation totale, ... mais les machines coûtent cher, à l'achat, et en maintenance ... et l'on ne peut tout automatiser. Quant à adapter la production à de nouveaux besoins avec un parc d'automates non encore amorti ... c'est impossible. 
Soit pratiquer l'esclavage. Mais l'esclave n'est ni formé ni coopératif. De plus il faut quand même lui assurer de quoi survivre (sauf dans les camps de travail nazis). Depuis le XIXe siècle et peut-être avant, le plus simple a été d'acheter la force de travail (et les compétences), en fonction "des prix du marché" (qui se faussent aisément). Au XVIIe siècle les crocheteurs se louaient à l'heure ou à la demi-journée aux mieux offrants, place de Grève. Mais pour des emplois plus qualifiés, il existait déjà des contrats, qui assuraient à l'employeur une prestation durable et au contractant des garanties de rémunération, d'horaires, etc. Le travail à la tâche est resté prédominant jusqu'au XIXe siècle où le salariat s'est répandu peu à peu pour devenir la norme au XXe siècle, avec l'apogée des "trente glorieuses" (pas pour tout le monde, hélas). Puis sont venues les cotisations pour garantir un peu de sécurité aux travailleurs : maladie, chômage, voire retraite (qui est aussi un salaire différé). Si la combativité de nos ancêtres nous vaut encore en Europe occidentale ces systèmes de solidarité, ils ont aussi été dévoyés et détournés de leurs fondements dans la plupart des pays européens. Voir le pillage des systèmes de santé publique par les laboratoires qui fixent partiellement les prix de vente des médicaments, par les "professionnels de santé" dont les honoraires poussent à l'inflation, etc.

Qu'est-il proposé pour rétablir la compétitivité du travailleur français ? Il faudrait d'abord savoir en quoi elle aurait diminué, et pourquoi il faudrait l'augmenter. Mais ces questions ne seront pas traitées, à cause de TINA (There Is No Alternative), c'est-à-dire clairement : "allez vous faire voir ailleurs, on est entre gens sérieux". 
Pour que le "coût salarial" diminue, les organisations patronales proposent 
  • que la part des cotisations patronales soit versée par l'ensemble des contribuables, en France, sous la forme d'une augmentation de l'impôt (CSG ou TVA). 
  • que les "contraintes" du code du travail soient révisées. Les CDI devenant l'exception, les embauches et licenciements se faisant plus souples : un vaste retour au travail à la tâche, en somme.
  • arrêtons là, les 35 heures, les congés payés, et même le contrat de travail sont des freins à l'embauche ; mais les subventions et les aides sans contrepartie, on n'en parle pas : il suffit de se présenter au guichet....
Le discours de quelques instances patronales (trop bien relayé par les médias) est d'une indigence consternante. Et surtout contradictoire.
  • Si les salariés européens doivent voir leur salaire s'aligner sur les bas salaires mondiaux, ils devraient voir aussi leurs dépenses (et donc les prix qu'ils payent) s'aligner sur les plus bas prix.
  • Les prestations de santé et d'éducation (au moins) devraient être chiffrées quand on veut comparer les salaires, sans compter les questions de retraite.
NON
Le discours hystérique de quelques représentants autoproclamés du "patronat" est aussi caricatural que celui qui s'opposait à la fin du travail des enfants de moins de douze ans au XIXe sicle.
Quand aurons-nous une droite moins obtuse, et j'ose l'oxymore, une droite intelligente ?




lundi 9 juillet 2012

canicule et gouvernance

Dans quelques semaines, l'on manquera de fêter le dixième anniversaire de la canicule de 2003 qui se solda par plusieurs dizaines de milliers de morts en France.
C'est bien dommage, car ce fut un exemple rare de "gouvernance", mot dont on commençait à se gargariser avec l'inoubliable premier ministre Raffarin.

Rappelons, de façon très lapidaire, les événements. 

Après un début de juillet "pourri", la dernière semaine de juillet et les deux premières semaines d'août virent d'abattre sur la France une vague de chaleur "caniculaire", en ce sens que les températures élevées de la journée (au dessus de 35°C à l'ombre) n'étaient pas compensées par une baisse des températures nocturnes, qui tendaient à rester au-dessus des 26°C. 
Les personnes âgées en état d'hyperthermie avancée et de déshydratation affluèrent alors dans les services d'urgence des hôpitaux. Lesquels alarmèrent rapidement leur ministère de tutelle, dans un premier temps avec discrétion. Le silence de ce ministère convainquit quelques courageux à informer la presse : pour eux il n'était pas question de laisser mourir en silence... et en masse.

Quelle fut la réponse des "autorités", en l'occurrence du ministre de la santé et du premier ministre : la gouvernance !

Dans un premier temps le ministre de la santé fit une belle intervention télévisée depuis son lieu de vacances, en tenue de vacancier, où il nia tout problème : c'était de l'agitation politique et les urgentistes qui s'étaient adressés aux médias avaient des visées politiques personnelles...  Un ministre de la santé qui assimile un problème de santé publique à une manoeuvre politicienne peut-il être considéré comme compétent en matière de santé ? Non, diriez-vous. Mais pas en France. Il sera recyclé à la direction de la Croix Rouge ...

L'opinion commençant à gronder, malgré les vacances, la deuxième phase se mit rapidement en place. En trois temps.
Le premier ministre monta en ligne. 
a) Il s'agit d'abord de déconsidérer publiquement ceux qui avaient donné l'alerte (en prolongeant le propos du ministre de la santé).
b) Très vite, l'on accusa les familles d'avoir délaissé leurs anciens : au lieu de profiter des congés payés, ils auraient dû rester assister leurs anciens (pour lesquels ils croyaient qu'en finançant leur maisons de retraite, elle pourvoiraient à leur santé). Quand le pouvoir s'est rendu compte qu'il ne s'agissait pas d'ancêtres abandonnés mais souvent de personnes qui avaient choisi de vivre seules et autonomes, les foudres de la propagande se sont déchaînées sur le manque de solidarité du voisinage

c) Alors est arrivée la sanction : le rétablissement de la corvée, joliment nommée "journée de solidarité", par le premier ministre Raffarin. 
Il était dû (et cela existe toujours) un jour de travail de tous les salariés (et eux seuls) pour abonder un fonds destiné à une meilleure prise en charge de nos anciens.

C'est un bon modèle de "gouvernance" que nous avons vu.
  • Si un problème grave se révèle, l'on sanctionne d'abord ceux qui le signalent. En effet, tant que le problème n'est pas publié, il n'existe pas. 
  • Si le problème parvient à la connaissance publique, l'on commence par déconsidérer ceux qui l'ont fait connaître (diffamation publique).
  • On cherche ensuite des "coupables" ou des "boucs-émissaires" à l'aide d'une manoeuvre de propagande (pardon, "d'éléments de langage").
Habituellement, la procédure s'arrête là. Mais Raffarin a réussi à "transformer l'essai" : chaque salarié (et seulement les salariés) doit une journée gratuite de travail (la corvée, en somme), et sans clairement et publiquement savoir ce qu'elle devient. L'incompétence gouvernementale est payée par tous, sauf par ceux qui l'ont exercée.

De l'impéritie d'un gouvernement pour la "gestion" de la canicule de 2003, que reste-t-il ?
  • le ministre incompétent a été recasé à la direction de la croix-rouge française 
  • le premier ministre Raffarin sévit toujours
  • l'urgentiste Pelloux a acquis en notoriété (et c'est tant mieux), mais reste visé
  • tous les français salariés (et eux seuls) sont soumis à une journée de corvée, sans que clairement soit diffusé ce qu'elle rapporte et à qui.
Or ce rétablissement de la corvée est le plus dangereux des coups de canifs successifs au contrat de travail et au contrat social : il reste encore 364 jours corvéables ... Libéraux et Raffariens, encore un effort : il reste plus de trois cents journées corvéables pour compenser votre impéritie.


mardi 3 juillet 2012

Consortium (18)

Le Consortium ne s'est pas formellement réuni depuis le précédent communiqué, la prochaine réunion est prévue pour la mi-septembre, à Djakarta ou Singapour.

Mais nous étions quelques-uns à Berlin vendredi dernier, à l'occasion du sommet européen qui a une fois de plus sauvé l'euroland. 

Que nos associés se rassurent, rien de nouveau sous le soleil : le dollar US ne sera pas détrôné. 

En effet, il a principalement été décidé de soutenir les banques par un fonds européen (je traduis à la hache ce qu'emberlificotent les communiqués). 
D'où viendra l'argent de ce  fonds (MES) ? Des états et du marché, les états restant les garants des sommes levées sur les marchés (et donc empruntés aux banques in fine). Ce tour de bonneteau se reportera finalement sur les contribuables européens, au prix d'une réduction de le dette des états -et des prestations sociales (c'était une trop grande masse d'argent pour ne pas en profiter).
Joli "coup" institutionnel, l'intégration financière sera renforcée : les budgets nationaux passent sous tutelle européenne de leur conception à leur exécution (et avec des sanctions). Les citoyens européens n'auront plus leur mot à dire, mais il leur restera les questions sociétales : oui ou non au mariage gay, à l'adoption par les couples homosexuels, et autres fadaises.
L'Europe est-elle sauvée pour autant ? Cela dépend. Si l'on parle de l'euro comme monnaie commune et de la dette des états (qui vient de celle des banques), il sûr qu'un répit a été gagné. La question reste de savoir de combien de mois. Il faut guetter trois échéances : 
  • septembre-octobre 2012 : les "plans d'ajustement structurel" donneront leur pleine mesure en termes de chômage, de baisse de la consommation, et de baisse du PIB ;
  • novembre 2012 et le résultat des élections présidentielles aux USA : ce qui aura été contenu avant l'élection risque de lâcher brutalement ;
  • janvier-février 2013, quand les réformes européennes commenceront à entrer en oeuvre, et l'on aura droit à d'autres sommets "de la dernière chance", parce que les réels problèmes n'ont pas été abordés.
Il est fort probable que les USA reviennent en première ligne sous l'oeil des marchés, et l'on verra que les problèmes financiers de l'europe relèvent de l'anecdote. Toutefois le grand public, voire une grande partie des initiés qui paient à prix d'or de l'information, personne ne sera mis au courant de la situation économique réelle des USA. Sauf déflagration en novembre, juste avant ou juste après les élections. Mais il est plus probable que, comme d'habitude, même les quelques alarmes soient infiniment minorées par rapport à la réalité, et que l'on continue à "faire comme si" l'on maîtrisait la situation, alors qu'elle a déjà échappé à tout contrôle (les produits dérivés gérés par les cinq plus grandes banques d'affaires US représentent 7 fois le PNB planétaire : comment pourraient-elles le rembourser ,).

Amis et membres du consortium, vous pourrez sans doute faire de bonnes affaires dans les deux mois qui viennent, par de rapides allers-retours en bourse. Mais soyez prudents à l'automne.
Merci de votre attention.

mardi 26 juin 2012

Conseils de gestion pour les gens ordinaires (3)

La grande aventure patrimoniale est l'acquisition de la résidence principale, après les affres de l'automobile et de l'équipement domestique (meubles et électroménager).

Acheter ou louer ?

Louer
 
Pour un ménage ou une personne seule qui débute dans le monde du travail, la location est souvent la seule possibilité durant les premières années (qui peuvent s'étendre facilement à une décennie). Et il n'est pas très facile de louer en période de crise comme nous la connaissons depuis les années 2000. Les propriétaires-bailleurs demandent des garanties de revenu, des cautions d'une trimestre au moins, etc., conditions financières qu'un débutant dans un emploi aura de la difficulté à remplir, sachant que les débutants sont en majorité en contrat temporaire (CDD) de moins d'un an.

Pour le propriétaire-bailleur (individuel), la location est aussi un souci : que faire en cas d'impayés ? en cas de dégradations ? comment expulser un locataire "à histoires" ? comment récupérer la jouissance de son bien ? Mais l'on n'oubliera pas que le propriétaire-bailleur n'est pas un philanthrope: il espère un revenu, et un retour sur investissement. Curieusement, en France, il est plus intéressant de passer par des agences de location et de gestion que par des particuliers, parfois caractériels et soupçonneux, voire à la limite de la légalité (expérience personnelle).

Si vous arrivez à louer, là où vous travaillez (ou un peu plus loin, parce que c'est trop cher), vous aurez l'occasion de découvrir ce qu'il en coûte réellement de se loger.

  • Selon le bail, le loyer est périodiquement réévalué, à la hausse et jamais à la baisse.
  • Les charges également évoluent toujours à la hausse.
  • L'impôt également : vous triez de plus en plus vos ordures ménagères : vous en paierez l'enlèvement plus cher quand même. A se décourager du civisme environnemental !
  • Et pour tous travaux, même indispensables, vous devrez obtenir l'autorisation du propriétaire-bailleur, voire négocier longuement la répartition des frais... Essayer d'installer une cuisine intégrée dans un logement de 1948.
Si vous êtes parvenu à vous loger le temps d'un bail, et même à passer le cap du renouvellement de bail, parce que votre propriétaire-bailleur n'était pas trop gourmand, et que votre revenu pouvait suivre, vous devriez envisager l'achat immobilier.

Acheter
 Pourquoi ?
Après avoir été locataire quelques années, après vous être implanté dans votre métier et après avoir stabilisé celui-ci au niveau géographique, vous risquez d'envisager l'achat de votre résidence principale, appartement ou maison individuelle.
Dans deux optiques : 
  • l'indépendance : je suis chez moi et je fais ce que je veux,
  • le patrimoine : j'investis, pour mes vieux jours ou pour ma famille.
On refroidira ces deux motivations qui sont illusoires. 
  • Dans une copropriété, la liberté individuelle est des plus limitées, voire inexistante. Idem dans les zones pavillonnaires, où l'on peut interdire de faire un potager...
  • Si vous parvenez à acheter une maison individuelle déjà existante, il existe un maquis de normes à respecter. Par exemple : vous avez la chance de disposer de 1000m2 de terrain et vous pensez élever des poules. Gare à la surface au sol du poulailler, à celle utile pour vos volailles (alors que vous n'en faites pas commerce), etc. Sans compter les litiges avec les voisins qui pourraient se plaindre du chant trop matineux de votre coq...
La valeur patrimoniale d'un bien immobilier est sujette à fluctuations. Si le bien est de bonne qualité, bien situé de façon durable, il peut s'évaluer régulièrement. Mais cela engendre aussi des frais de mise à niveau. Et comment savoir si un bien immobilier est bien situé de façon durable ? Quand un bassin d'emploi entre en déshérence ? Quand une ville se vide de ses emplois ? Quand une région périclite ? 
Et que ce soit en copropriété, en zone pavillonnaire ou en maison "isolée", l'inventivité réglementaire vous amènera à dépenser pour suivre au moins les normes et les mises à niveau. Sans compter que, désormais propriétaire, vous serez mis à contribution pour régler les taxes et impôts divers. 

Si malgré tout vous rêvez d'accéder à la propriété de votre habitation, pour au moins ne plus payer des loyers en pure perte (ce qui est judicieux), vous entrez dans une nouvelle galère (aventure, si vous êtes de tempérament optimiste). 

Il faut au préalable se constituer une épargne qui vous donne des droits à prêt, et constitue aussi un apport personnel quand vous demanderez un prêt pour l'achat du bien immobilier.

Or si l'on paye un loyer élevé, se constituer une épargne logement prend nombre d'années. Il est certes conseillé d'ouvrir un plan d'épargne logement le plus tôt possible, mais il faudra l'alimenter régulièrement, et il a une durée limitée (que l'on peut heureusement prolonger). 
Où l'on découvre l'effet de ciseaux : je vise un bien immobilier de telle valeur, j'épargne au maximum, mais la valeur du bien s'envole, et l'inflation réelle grignote la valeur de mon épargne... 

En supposant cette étape franchie (en combien d'années ?) reste à trouver le bien et la banque qui fera crédit. 
Le crédit à taux fixe, dans la monnaie que vous gagnez, est le seul à souscrire. Avec un remboursement du capital dès la première année. Fuyez comme la peste tous les autres montages qui semblent avantageux à première vue, et qui vous étrangleront si sûrement plus tard que vous serez saisi, alors que vous aurez payé en pure perte : les exemples ne manquent pas, même si la presse est d'une discrétion de violette à ce sujet.

Enfin, si tout a fonctionné, vous avez votre prêt, un bien immobilier souhaité, vous emménagez très prochainement... et croisez bien les doigts. Il faudra que votre couple dure au moins la durée du prêt, et votre job aussi ; et qu'il n'y ait pas de travaux urgents à réaliser les premières années (si vos revenus augmentent, vous pourrez les investir dans l'amélioration de votre habitat, si...) .

Vous voilà pris pour 10, 15, ou 20 ans. Bon courage (et ce n'est pas ironique).
Et nous n'avons pas envisagé le cas où vous feriez construire... proche de l'épopée !


mercredi 20 juin 2012

Conseils de gestion pour les gens ordinaires (2)

Une fois constitués votre audit financier et votre épargne de précaution (ou pendant), vous avez sans doute lancé la chasse aux économies.

2. La chasse aux économies.

Si vous lisez ce billet, vous la pratiquez déjà... Mais il ne s'agit pas seulement de faire des économies sur la nourriture, les vêtements, les chaussures, ... sur les objets et denrées.

D'ailleurs, en ce domaine, il est de fausses économies. Les vêtements les moins chers se dégradent plus vite, et si l'on compte sur trois ans, il faut les renouveler à une fréquence qui fait que la somme mise excèdera celle investie dans des vêtements apparemment plus chers à l'achat. Il en va de même pour les chaussures ... et pour l'électroménager !  Par exemple, j'ai eu en 15 ans trois lave-linge. Les deux premiers n'ont pas tenu plus de trois ans. Le dernier, deux fois plus cher à l'achat, fonctionne encore et il est donc largement amorti. Acheter du matériel de qualité s'avère souvent moins cher dans la durée, quoique plus cher à l'achat.

Certes les achats courants relèvent aussi d'effets de mode. Mais vous avez le loisir, et le pouvoir, de trancher entre le durable et l'effet de mode : pratiquez ce pouvoir, quitte à répartir vos achats entre "durable" et "mode".

En matière alimentaire, l'enjeu de santé est important (pour vous-même et ceux qui vivent sous votre toit). Si vous cuisinez vous-même, par choix ou par obligation, le choix des produits les moins chers mais souvent de piètre qualité sera compensé par votre talent. Si vous avez peu de temps, et d'argent, restez conscient que la "malbouffe" vous guette, parce qu'elle est moins chère, et ménagez des insertions de produits sains en quantité suffisante : un yaourt nature avec un peu de confiture de qualité vaut tous les yaourts au fruits du commerce.

L'énergie recèle des possibilités d'économies, semble-t-il.
Il est difficile de maîtriser sa facture énergétique, puisque les tarifs vous échappent, et la consommation de vos appareils également.
Votre consommation reste à surveiller de près toutefois. Laisser en veille mes appareils électriques n'est il pas une charge ? etc. Autant de questions à se poser lorsqu' arrivent les factures. Par exemple un chauffe-eau au gaz consomme du gaz tant que l'on ne l'éteint pas.

Les "services".

C'est le domaine où il est le plus difficile de maîtriser les dépenses, et où elles se sont le plus développées.
Les services financiers des banques sont facturés à des coûts parfois exorbitants, alors qu'il est obligatoire que les revenus soient versés sur un compte bancaire. Choisissez la banque la moins chère pour vous, et refusez les 'packages" ou examinez-en le détail. Et n'oubliez jamais que votre compte fait partie des fonds propres de la banque... et vos livrets aussi.

Les assurances, logement, voiture, santé, etc. recèlent aussi des possibilités d'économies, d'autant plus que vous serez rarement indemnisé au prorata de vos cotisations : les assurances doivent faire du bénéfice, et qui le paie, sinon vous ?

Mais d'autres services s'imposent et leurs tarifs peuvent insidieusement saper votre budget. La téléphonie en est le pire exemple (internet, mobile, etc.). Et comparer tarifs et prestations relève du sacerdoce.


Si le consommateur est vu comme une vache à lait, vous pouvez agir, en vous informant, en réfléchissant, en adhérant à une association de consommateurs. Il est plus facile d'agir en tant que consommateur (pour les réponses données) qu'en tant que citoyens.



mardi 19 juin 2012

audit de la dette publique

Depuis bien des mois (depuis 2008 en fait), l'on se focalise sur la dette publique qu'il faudrait réduire par des mesures d'austérité notamment. On demande aux états de dépenser moins, après leur avoir imposé de renflouer le système bancaire... La dette bancaire a été transférée aux états, lesquels sont sommés de la transférer aux contribuables (à leur population). Hold-up.

D'ailleurs la population islandaise, consultée deux fois par référendum, a refusé deux fois d'être spoliée au profit de banques qui avaient failli.

Il faudra mener un audit de la dette publique pour chaque état européen, avant de proposer des solutions pour résoudre la crise de la dette publique des états européens.

Quelques questions de fond, dont ne parle guère la presse financière ou économique, doivent être posées en préalable à toute tentative de solution, à tout débat.

  • Qu'est la dette publique ? De quoi est-elle constituée ? Qui la décide ? Qui la "gère", et avec quels moyens ? 
  • Comment la modifier (la diminuer ou l'accroître), et qui peut en décider ? Pourquoi la modifier, et qui en décide ?
  • La question de la démocratie doit être posée : s'il y a des choix à faire qui engagent les citoyens, ils doivent être consultés et engagés, au lieu que des officines ou des "commissions" obscures décident de leur vie quotidienne.
 La première question qui se pose est la suivante : pourquoi un état doit-il emprunter sur les marchés, auprès des banques, à 6%, alors qu'il a alimenté la banque centrale à 1% ? Est-ce la légalisation du vol ? Car qui paiera la différence, et qui en profitera ?

Si l'on veut réduire le "train de vie" de la puissance publique, il faudrait d'abord réduire le mille-feuille administratif et législatif : communes, communautés de communes, départements, régions, parlement, sénat,... de toutes ces instances, n'en est-il pas d'inutiles, n'en est-il pas dont on puisse diminuer le nombre de bénéficiaires sans restreindre le "service rendu" (qui reste à prouver).  Et il serait bon d'aligner les retraites et autres avantages de ces messieurs et dames soit sur le régime des salariés, soir sur celui des fonctionnaires (qu'ils défendraient peut-être mieux).
Un audit de toutes les associations qui perçoivent des subsides de la collectivité, sur ce qu'elles font de ces fonds (sic), serait oeuvre de salut public, et il y a de sérieuses économies à faire. 
Un audit des comités "théodule", des instances crées par la puissance publique et qui recasent les "copains d'avant" ; un audit de l'ensemble des "hautes autorités de quelque chose", des "comités" et "commissions", etc. ferait sûrement le ménage parmi tous ces gens payés à pondre des rapports qui finissent au mieux dans les placards des ministères. Dans lesquels il faudrait aussi faire le ménage dans les instances qui ont servi à caser les amis et amis des amis...
Les commandes des collectivités publiques devraient être mieux suivies, et à tous les niveaux. Les ententes préalables, les oligopoles, quand ce n'est pas la corruption, faussent les tarifs imposés aux collectivités publiques (et finalement aux citoyens).

Ce ne sont que de premières pistes, que vous pourrez agrémenter...






lundi 18 juin 2012

conseils de gestion à l'intention des gens ordinaires (1)

Des fiscalistes et autres spécialistes se penchent sur la gestion des gens fortunés, en mercenaires. Mais qui pense à conseiller les sans-grade, les gens ordinaires ?

Nous essayerons de le faire ci-après, sachant que nos conseils relèvent d'abord du bon sens, et n'ont donc rien d'une martingale.

1. L'urgent, l'immédiat

Observez vos dépenses (votre premier audit). Recensez-les sur au moins trois mois, et classez-les par catégories. Vous repèrerez rapidement des dépenses "obligatoires" et contraintes, comme les factures d'énergie ou de téléphonie, les charges locatives, voire le crédit de la voiture ; et des dépenses variables, que vous pouvez laisser filer ou diminuer (soirées, sorties, ...). Il se dégagera sans doute une catégorie intermédiaire comme le carburant ou la nourriture et les vêtements, essentiels mais variables.
Une fois cette recension faite sur un trimestre (et cela peut être très ingrat), vous aurez une idée plus précise de ce qui volatilise votre salaire ou vos revenus. Parce qu'il n'est pas normal que votre revenu disparaisse si vite !

Il faudra alors décider de votre capacité d'épargne, de 5 à 10% pour commencer. Ce sera d'abord une épargne de précaution, pour assurer les factures sur trois mois, puis sur six mois (comptez avec l'inflation et misez plus que les factures en cours, avec 5% de plus, vous serez "confortable"). L'idéal serait d'avoir un trimestre de revenus en épargne immédiatement disponible (livret A ou LDD), mais c'est un objectif difficile à tenir : il prend du temps, et les sollicitations ne manquent pas. Mais vous pourrez encaisser (sic) certains imprévus : l'ordinateur qui vous trahit, la machine à laver qui refuse de fonctionner tout à trac, voire l'accident routier.

Ensuite, plutôt que le recours au crédit, il faudrait se constituer une épargne pour la consommation. Mais ce n'est pas toujours faisable, surtout quand on débute dans la vie active et que l'on s'équipe. Si vous avez acheté une voiture ou de l'électro-ménager à crédit, vérifier que ce sont des crédits à taux fixes : les mensualités ne varieront pas, et vous pourrez les budgétiser dans vos charges fixes. Le mieux est évidemment d'avoir de quoi payer vos équipements. Si vous devez les acheter à crédit la première fois, essayez de provisionner progressivement leur valeur de remplacement (en tenant compte aussi de leur valeur d'occasion (si vous les vendiez). Il ne faut jamais oublier que le crédit nourrit le banquier, à votre détriment. 

Evitez comme la peste le crédit "revolving" qui vous collera aux doigts beaucoup trop longtemps. Si vous vous êtes laissé tenter, calculez combien vous payez réellement : vous serez édifié ! Il faudra vous en débarrasser au plus vite... 

Refusez aussi les cartes des grands magasins, qui sous prétexte de menus avantages, vous "fidélisent" (vous asservissent et surveillent votre consommation). Une simple carte bancaire vous donnera droit à autant de promotions si vous choisissez de comparer les prix entre "crèmeries".