mardi 7 août 2012

euro et europe

Depuis de trop nombreux mois l'attention se focalise sur l'euro quand il s'agit de l'Europe.

Certes l'euro est la monnaie commune à 17 pays européens. Ce serait aussi la deuxième monnaie de change derrière le dollar des Etats-Unis. Les sources de la crise de l'euro seraient, semble-t-il, et d'après la presse économique et financière, ou généraliste, de plusieurs ordres  (mais les informations destinées au "grand public" ne sont pas fiables).

  • les économies des pays qui composent la zone euro seraient trop différentes : l'Allemagne est exportatrice nette, alors que les pays du sud sont en déficit commercial.
  • l'endettement des divers pays serait inégal et surtout la structure de leur dette serait par trop divergente. Quant aux conditions d'emprunt, elles font la une régulièrement.
  • par rapport à la Chine ou aux USA, surtout, la BCE (Banque Centrale Européenne) aurait les mains liées pour la gestion monétaire (émission de monnaie notamment, possibilités d'accorder des crédits aux états, etc.).
Il faut rappeler que l'approfondissement de ces différences a été sciemment voulu par les instigateurs du traité de Lisbonne, où officiaient une majorité de "néo-libéraux", où les britanniques étaient sur-représentés, commission présidée par le libéral malfaisant Giscard d'Estaing, qui avait une revanche à prendre sur la démocratie, ayant été chassé des responsabilités par le suffrage universel.  Ainsi la BCE n'a pas les prérogatives de la FED américaine, n'a de comptes à rendre à aucune instance politique ni élue. La Commission européenne (non élue), ni le Parlement européen (mal élu), n'ont prise sur la BCE, laquelle n'est pas une banque centrale !
Tout a été fait pour que les banques privées ou autres puissent profiter des failles de l'euro en spéculant contre les états, après leur avoir fait endosser leurs pertes.

Maintenant, il s'agit de tester la résilience des citoyens quand on les essore à force de "plans de rigueur" qui servent le transfert massif de leur argent vers les institutions financières privées (de raison...). On demande aux états de couper dans la dépense publique, en bloquant ou en diminuant les salaires des fonctionnaires et les retraites (facilement repérables, et captifs), de privatiser (ce qui réduit les ressources des états), ... En fait, on demande aux états de se suicider, au nom d'une idéologie qui considère l'état comme l'ennemi, mais au détriment de populations qui avaient plus ou moins patiemment élaboré des systèmes de protection sociale solidaires plus ou moins garantis avec l'aval de la puissance publique. Est en cours depuis 2008 une spoliation inouïe des peuples d'europe (au moins), au profit d'institutions financières avec la complicité de la "classe politique". Les écarts de revenus croissants en  témoignent (pour ce qui est mesuré).

Alors, que l'euro subsiste ou disparaisse, qu'en serait-il pour les citoyens d'europe ?


  1. Quels avantages l'euro a-t-il procurés aux citoyens européens qui l'avaient comme monnaie ? Des prix comparables, mais différents : des vacances en Bavière m'ont été nettement moins chères qu'en France, à prestations comparables (sauf l'accueil, meilleur en Bavière) ! Même expérience à Berlin ou à Vienne... Le casse-tête du change entre monnaies disparaît (mais était-ce un casse-tête ?).Pour les salaires, qu'ils soient libellés en euros ou non, les différences entre pays perdurent, voire s'accroissent -pour ne pas mentionner les écarts de revenus au sein de chaque nation, qui se sont accrus au-delà du concevable. 
  2. Les entreprises et commerces opérant au sein de la zone euro ont bénéficié de la simplification que leur offrait une monnaie unique : pas de change, un marché unifié, ... Mais les cotisations sociales, les taxes et impôts, restent divers.
  3. Quant aux entreprises qui commercent hors zone euro, elles ont pâti de sa surévaluation, dit-on.
Les inconvénients de la monnaie unique pour les citoyens européens seraient à mettre dans la balance, même si la presse économique et financière ne s'en fait pas l'écho.


  1. L'introduction de la monnaie unique a donné lieu à une forte inflation des prix, que les autorités ont niée plus de dix ans : en France, le gouvernement Jospin inventa même le concept de "sentiment d'inflation", forcément fallacieux (alors que la baguette de pain voyait son prix multiplié par six à l'occasion du passage à l'euro - il est vrai que les politiques n'achètent pas eux-mêmes leurs aliments, et que "l'homo economicus" des modèles théoriques est une essence si abstraite qu'il ne mange, ni se chauffe, ni se déplace, etc). Cette flambée des prix, qui se poursuit malgré les falsification statistiques, est commune à toute la zone euro. 
  2. La soumission à des dogmes pseudo libéraux induit la déstructuration des services publics de transport, de santé, de l'énergie, ... au profit de groupes privés qui s'organisent en oligopoles et imposent leurs impératifs de profit au détriment des citoyens (voir la gestion de l'eau en France). 
  3. La mise en concurrence des salariés européens, au lieu de l'unification de leurs conditions par le haut, accentue le chômage de masse et la pression pour le "moins disant" social (sans compter l'immigration ouvertement encouragée).
  4. Enfin, et surtout, les états n'ont plus d'autonomie financière, ou budgétaire.  

Alors, que peut souhaiter le simple citoyen à qui l'on essaye de faire peur avec la disparition de l'euro "monnaie commune" ?

D'abord, s'il s'agit de renflouer les institutions financières qui ont failli parce qu'elles ont abusé, c'est non.
S'il s'agit de faire des sacrifices pour enrichir la caste des hyper riches, c'est non.
S'il s'agit de détruire les services publics, d'aide sociale ou de solidarité, c'est non.
S'il s'agit de livrer à prix cassés ce que la collectivité a construit et financé, c'est non.

Mais le citoyen européen ne sera ni informé ni consulté !



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire