dimanche 21 avril 2013

pour une vraie transparence financière

Le gouvernement français a demandé la publication du patrimoine des ministres, dans un souci de transparence pour moraliser la vie politique. Une loi devrait suivre qui oblige les députés à révéler leur patrimoine en début et en fin de mandat pour vérifier qu'ils n'ont pas profité de leur fonction pour s'enrichir indûment.
Cela part d'un bon sentiment, mais relève aussi de l'enfumage. 

Si transparence il y a elle doit être totale, comme en Norvège où tout citoyen peut connaître le revenu fiscal de tout autre citoyen. Voilà la vraie transparence fiscale.Et les objections tombent d'elles-mêmes car cela existe en Norvège et ne nuit pas au fonctionnement de la société - à moins de considérer les Norvégiens comme des aliens.

Les objections que l'on opposera sont nombreuses mais le plus souvent spécieuses.


  • ce "déballage" augmenterait les jalousies, les petites rivalités et les petites haines : il dissoudrait le lien social. Mais ces forces de dissolutions s'exercent en l'absence de données réelles sur l'influence et la richesse des uns ou des autres. La transparence éliminera la rumeur.
  • Le totalitarisme : si chaque citoyen a le même accès aux données, ce risque est éliminé à condition qu'il existe des recours citoyens comme la votation suisse. En cas d'abus, les citoyens peuvent réagir.
  • La démagogie. Si chaque citoyen voit publié son revenu, la démagogie semble impossible.
La meilleure solution pour assainir la vie publique serait une transparence totale des revenus et impôts payés.

mardi 9 avril 2013

moraliser la vie publique

Suite à l'affaire Cahuzac le monde politique et médiatique ne bruisse plus que d'appels à moraliser le vie publique, à la transparence, ...

Est-on sûr que les Français le demandent ? N'est-on pas encore une fois en train de les gruger ? Et de parler de créer encore une "autorité" ou un comité chargé d'évaluer les ministres sur leur éthique... 

La France ne manque pas de comités, ou autres instances ou siègent des "copains" rémunérés -on dit indemnisés- aux frais des contribuables pour produire parfois des rapports qui finissent au placard. 

INUTILE;
Si un homme politique fraude le fisc il existe des lois et des tribunaux pour le sanctionner. Si c'est un homme d'affaires, même chose. 
Ce que demandent les Français c'est que tous soient égaux devant la loi et que les délits et infractions soient sanctionnés à la hauteur du préjudice qu'ils entraînent pour la collectivité.

Que les responsables paient aussi les conséquences de leurs décisions. Nous vivons en effet dans une société où ceux qui ont le plus de responsabilités (et sont payés en conséquence) ne sont nullement engagés par les décisions qu'ils prennent alors que les conséquences sont aux frais des autres. Qui a endetté la France ? et qui paye ? ce n'est qu'un petit exemple... 

C'est tout un système qu'il faut changer, et le moyen le plus simple sera de rendre l'initiative au citoyen (la votation suisse est un exemple à suivre et à adapter sans tricherie à notre pays). Pour la transparence, Suède et Norvège peuvent nous inspirer.  

Il est à craindre, hélas, que de tout ce bruit rien ne résulte : un système vicié peut-il se réformer de lui-même une fois qu'il a corrompu ou étouffé ce qui n'était pas lui ?

jeudi 4 avril 2013

Le cas Cahuzac (sic)

Cette semaine la presse française ne bruit que du "cas Cahuzac", un énorme "caca" en effet.

De quoi s'agit-il, d'après ce que la meute médiatique tout soudain unanime avec les politiques reproche à ce ministre : il aurait menti pour dissimuler l'existence d'un compte bancaire à l'étranger, pour dissimuler ou soustraire au fisc des sommes d'agent d'un demi-million d'euros. Alors qu'il était chargé de lutter contre la fraude fiscale et la non déclaration des comptes (conséquents) à l'étranger. Et ce mensonge aurait été réitéré publiquement devant le gouvernement et la représentation nationale.
Il s'ajoute qu'une enquête de presse (celle de Mediapart) qui faisait état de l'existence du compte caché de ce ministre, sur la foi de l'enregistrement d'une conversation téléphonique (qu'il a fallu expertiser). L'enquête journalistique pour établir les faits a été menée avec la rigueur nécessaire, mais ses résultats ont été niés et mis en doute par les politiques mais aussi par la majorité des medias, sans que les détracteurs vérifient ou recoupent les sources disponibles. Deuxième dissimulation, de la part cette fois de ceux qui sont censés informer.  Que les officines de communicants opérant pour les partis politiques fassent passer un organe de presse pour une officine trotskiste, soit - bien que la ficelle soit un peu grosse-, mais que la presse écrite ou audiovisuelle ne fasse pas son devoir ni d'information ni de vérification est encore plus grave. Car cette presse ment aussi, effrontément. 

Cette "affaire" pose plus de questions que la presse et les politiques n'en retiennent. Petit inventaire, non exhaustif.
  • Les politiques s'exemptent trop facilement du droit commun, et c'est une caractéristique en France des  "élites". La loi devrait être la même pour tous !
  • L'homme politique mis en cause commence par nier, c'est une coutume depuis bien trop d'années. S'il faut combattre la diffamation, la rumeur, les manipulations, le déni pur et simple n'est pas le meilleur moyen. Le recours à une justice indépendante semble meilleur : elle dit la Loi.
  • La presse a encore une fois fait la preuve de sa soumission aux pouvoirs en place et de son impéritie. Le citoyen doit rechercher une presse indépendante, et comment la trouver d'emblée ?
  • Si l'exécutif ignorait le mensonge de M. Cahuzac et a été trompé par lui, quelle compétence a-t-il ?
  • Mais quelle confiance accorder à la parole ? C'est le problème qui se pose dès lors qu'existe la possibilité du mensonge, c'est-à-dire dans toute relation humaine.